‹ Physiologie intellectuelleChapitre 41 sur 298 · CHAPITRE 1IJ. U · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1IJ. U

chez ceux qui digèrent une médecine destinée à les purger.

Beaucoup de savants et de gens d'études minent leur santé et se causent une mort prématurée pour augmenter le domaine de leurs idées ; les mélancoliques, surtout ceux qui ont le spleen, les malheureux prennent des déterminations également contraires à la vie, malgré les réclamations des organes qui l'entretiennent.

Il faut ou beaucoup de cervelle ou l'exallation de quelque faculté intellectuelle, comme chez les mélancoliques et les fous, pour résister long-temps à un instinct qui entraîne la sympathie de tous les organes. Aussi ce ne sont jamais ceux dont les facultés intellectuelles sont bornées ou presque nulles qui savent s'imposer des privations ou supporter celles que les circonstances leur réservent. Saint Paul dit une vérité physiologique, lorsque, dans son Épitre aux Romains, il s'écrie : Je sens un combat d'opposition entre mes membres et mon esprit (Video aliam legem in membris meis repugnanlem legi mentis meœ). Voilà donc Y homme double (homo duplex) de Buffon ; le principe du mal et le principe du bien (Arimane et Oromase)des gnostiques et des manichéens, adopté par saint Paul lui-même, qui reconnaissait, comme tous les savants de l'antiquité, les déterminations de Yinstinct et celles de la raison, déterminations souvent opposées et dont les dernières seront toujours sans vigueur partout où il y aura des institutions qui tendront à en éloutfer le principe, Ceux que

l'on appelle hommes de cœur sont véritablement des hommes de cervelle, car le vrai courage ne peut venir que de l'ascendant que prend un esprit vigoureux sur tous les organes de la nutrition dont il fait taire les besoins naturels quand il lui plaît. Cependant les nerfs qui communiquent au cerveau sont les messagers de la volonté qui y réside ; ils stimulent les veines et les artères qu'ils accompagnent; la circulation s'anime et le cœur s'échauffe ; mais tout cela est l'effet et non la cause du courage.

C'est de la même manière, je veux dire, en confondant la cause avec l'effet , ou en prenant la conséquence pour le principe, que l'on a mis la colère dans le foie et l'effervescence de la bile; la joie dans la raie; que Bacon et Vanlieimoni l'ont ensuite transportée dans l'estomac; Lecat, dans le plexus nerveux, etc. 11 résulte de ces considérations que les organes des deux vies se contrarient réciproquement dans leurs fonctions, par une activité simultanée. Voilà pourquoi le sommeil, qui est le repos de l'intellect, est si puissant pour réparer les forces du corps; c'est qu'alors les organes nourriciers entrent dans toute la plénitude de leurs fonctions, comme l'a marqué ilippocrate par ce peu de mots : Somnus labor visceribus.

J'ai cru la connaissance des faits précédents et des observations qui s'y rapportent, propres à prévenir et à terminer des objections interminables. Il ne doit pas être difficile, d'après ce qui précède, de s'expliquer pourquoi l'académie de Dijon, dont les

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