‹ Physiologie intellectuelleChapitre 44 sur 298 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

sens intentionnel de leur inventeur. Le mot sécrétiv ite est une création aussi vicieuse et d'un sens encore plus faux, pour désigner la ruse qui est moins caractérisée par le secret que par la flatterie, le mensonge, l'artifice, etc; la crainte, la prudence, la circonspection, l'indifférence même font garder le secret, et la nomenclature de Spurzheim est si baroque qu'il fait dépendre la ruse d'une nullité d'action et d'organes , car se taire n'est pas agir. Ce n'est d'ailleurs point en gardant le secret que les animaux sauvages trompent la vigilance des chiens et des bergers ou désorientent le chasseur. Yoilà ce qui s'appelle estropier une langue à plaisir, et ce que ne rachète pas le grand nombre d'amours mentionnés dans ses Observations sur la phrénologie , etc., publiées en 1818, à Paris, chez Treuttel et Wurtz. Cela suffit pour montrer que Spurzheim s'est étrangement mépris et singularisé par un néologisme de mauvais goût et sans précision, qui , en faussant le sens et l'acception des mots, jette souvent un vernis d'erreur et de logomachie scolastique sur ses opinions que je ne puis adopter sans une grande restriction, tout en lui accordant le mérite d'avoir recueilli beaucoup de faits à l'appui de l'organologie cérébrale. Mais ce que je trouve admirable en lui , c'est qu'il a eu le talent ou le bonheur, comme Améric Vespuce , de donner un nom à des découvertes faites par un autre que lui. Et ce qui me paraît encore plus admirable, c'est que ce nom ait été presque généralement adopté, pour désigner comme

identiques les facultés du cerveau et celles de l'âme, c'est-à-dire la physiologie et la psychologie; cela ne peut manquer d'entraver les progrès de la première de ces deux sciences, et d'embrouiller l'autre par la confusion des idées.

Cela me paraît déjà prouvé par les réflexions du docteur Laurent Cerise dans son Exposé et examen critique du système phrénologique \ etc.; par La psychologie et la phrénologie comparées du professeur de philosophie, M. Adolphe Garnier; par l'ajournement à l'Académie de médecine, après plusieurs séances successives de controverses, en 1836, des discussions phrénologiques, jusqu'à Vépoque où des faits plus précis, plus nombreux, plus généralement reconnus pourront lui fournir des bases plus solides. Voici quelques fragments d'une improvisation de M. de Mussy pour moliver cet ajournement.

«...J'ai entendu qu'il fallait comprendre sous le titre de phrénologie, non la science de l'entendement humain, ce qui serait plus conforme à l'étymologie du mot; mais cette science, qui a pour objet d'assigner dans le cerveau la place des divers organes qui président, dit-on, à nos diverses facultés, qui déterminent nos divers penchants. Je ne parlerai donc que de cette dernière science. Or, Messieurs, je déclare qu'il est démontré pour moi, par ce que j'ai entendu pendant trois ou quatre séances, que s'il est dans les destinées de la phrénologie d'être un jour une science, cette science est encore toute à faire; que les principes qu'elle a posés jusqu'ici n'offrent qu'im

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