CHAPITRE III
certitude et instabilité ; que les résultats qu'elle a donnés comme acquis , ont été souvent démentis, souvent modifiés, je ne puiserai mes preuves que dans la discussion même...
» Un des plus puissants défenseurs de la phrénologie, pour rendre compte de l'énergie des fonctions auxquelles le cervelet des oiseaux serait chargé de présider, a dit qu'il ne faut pas seulement avoir égard au volume des organes , mais encore à leur activité. C'est l'application d'un principe reçu en mécanique, et incontestable quand il s'agit de force matérielle, où l'expression d'une force est donnée par le rapport composé de la masse et de la vitesse. Ainsi, une masse comme quatre, animée d'une vitesse comme un, n'est qu'une force absolument égale à une masse comme un qui aurait une vitesse comme quatre. Le développement matériel des organes ne serait donc qu'un des éléments de leur puissance, ce qui ne signifie rien si vous ne pouvez mesurer aussi l'activité qui les anime...
» Le même membre a parlé de certaines protubérances situées dans les parties latérales du cerveau, et où l'on avait placé l'organe du meurtre ou de la destructivité. Comme depuis on a retrouvé ces mêmes organes dans les animaux herbivores, il a fallu en changer la destination, et on nous a dit : Ce ne sont pas seulement des organes de destruction, mais bien des organes qui président aux mouvements nécessaires à la conservation de l'individu; et d'ailleurs, a-t-on ajouté, les moutons ne détruisent-ils pas des vé-
gélaux? En sorte, Messieurs, que ce qui fait que le loup mange le mouton, fait également que le mouton mange l'herbe. Avec des explications aussi élastiques, on conçoit qu'il y a toujours réponse à toute difficulté.
» Un autre défenseur de la phrénologie nous a fait voir sur des plâtres que ces mêmes protubérances n'existaient pas sur la tête de Fieschi, et qu'elles se
trouvaient sur celle du général Foy A cette
occasion , j'ai entendu avancer une proposition dont je reste encore étonné; on a dit que Fieschi avait été tout ce que son organisation avait voulu qu'il fût Je présume que notre honorable collègue a voulu dire que Fieschi avait été tout ce que lui-même avait voulu être sous l'influence de son organisation ; et ce qui me le persuade, c'est qu'il a appelé Fieschi un grand criminel. Or, si Fieschi n'a été que l'instrument d'une organisation malheureuse, il n'a point été criminel. Je n'appelle pas criminelle la pierre qui tombe et qui me blesse en tombant. Ce sont ceux qui l'ont jugé et condamné qui ont commis un acte de cruauté coupable, à moins qu'eux aussi n'aient été sous la domination d'une organisation homicide. Sans doute telle n'a pas été la pensée de notre confrère; il n'a certainement pas voulu établir une doctrine qui tue toute liberté, toute moralité, toute espérance, pour ne laisser que la fatalité de la pierre qui tombe. »
Je ne crois pas avoir affaibli la logique serrée de M. de Bussy, dont j'ai conservé le propre texte; sauf