CHAPITRE IV
Malgré cette correspondance entre la forme du contenant et celle du contenu , l'organologie serait en quelque sorte encore illusoire dans son application comparative, si le même organe n'occupait pas toujours dans le cerveau à peu près la même place symétrique par rapport aux autres, comme on serait d'abord tenté de le croire à raison de la mollesse de ce viscère , laquelle paraît le prédisposer à des dérangements faciles. Mais cette apparence n'est point d'accord avec la réalité et l'observation ; la symétrie des circonvolutions cérébrales et par conséquent celle des organes qu'elles expriment est constante; elle ne peut paraître susceptible de trouble et de dérangement qu'aux yeux de ceux qui ne connaissant pas la structure fibreuse du cerveau, n'y voient qu'une pulpe inorganique d'une consistance plus ou moins grande, dans laquelle les anatomistes ont jusqu'à présent tranché comme dans un pain de beurre ou un fromage, sans y rien voir ni chercher que ce que l'on y a observé depuis plusieurs siècles. L'analogie symétrique est encore plus facile à saisir chez les animaux dont la cervelle a , comparativement à celle de l'homme, un assez petit nombre de replis et de circonvolutions. C'est en consacrant à l'observation et aux recherches un temps que d'autres prodiguent à de vaines contradictions et à des discussions puériles, qui n'ont d'autre base ni d'autre objet que leur amour-propre humilié , que Gall a pu trouver et apercevoir des choses que tout le monde aurait pu trouver et apercevoir en faisant comme lui,
Les professeurs Hufeland el W aller, de Berlin, Ackermann, de Heidelberg, etc., ont objecté contre cette doctrine, que les deux tables du crâne étaient plus ou moins écartées l'une de l'autre, selon l'action plus ou moins forte des muscles qui s'attachent à la table externe, et selon la grandeur des sinus qui, étant dus à l'action de l'air introduit entre les deux plans, devraient varier selon les habitations basses ou élevées, sèches ou humides; qu'ainsi c'était à tort que Gall attribuait à la seule action du cerveau, ce qui était le résultat de plusieurs autres causes; que c'était également à tort qu'il voulait juger des renflements du cerveau par les renflements de la table extérieure du crâne.
Gall répond à ces objections, qu'il regarde comme purement hypothétiques, par des faits, en montrant que les renflements, visibles et palpables sur la table externe du crâne, répondent réellement à des fosses ou à des creux visibles et palpables sur la table interne ; et dans les sujets frais il montre que les renflements extérieurs du crâne répondent réellement à de pareils renflements du cerveau qui en a été le type. Cependant il fait observer que, passé l'âge de quarante ans, il peut quelquefois se rencontrer des dépressions ou usures de la tabie externe et du diploé subjacent, lesquelles étant ordinairement dues à l'âge ne répondent point à des creux analogues de la table inlerne qui reste intacte ; ce dont il donne plusieurs exemples sur des crânes qu'il soumet aux veux de ses auditeurs. Des violences extérieures peu-