CHAPITRE IV
vent aussi produire le même effet, comme il le montre sur le crâne d'un soldat qui avait reçu plusieurs coups de sabre à la bataille d'Oczakow, en 1644, et sur un autre crâne qui peut-être doit ses dépressions latérales à un accouchement laborieux. C'est d'après la connaissance de ces anomalies, qui sont faciles à constater et rentrent toutes dans le domaine de la pathologie comme affections morbifiques , que le physiologiste doit modifier son jugement. Le professeur Reimarus, de Hambourg, vieillard presque octogénaire, toujours animé du même zèle qui a enrichi les sciences physiques de plusieurs découvertes utiles, a fait remarquer au docteur Gall et à plusieurs autres médecins une pareille usure sur un côté de sa respectable tète, usure dont l'origine et la cause lui sont inconnues. Le même savant me dit un soir, chez lui, que les fosses internes du crâne ne répondaient pas non plus toujours exactement à des renflements proportionnels en dehors, et à l'instant il alla chercher le crâne d'un enfant qui constatait la vérité de cette observation. Gall, qui n'ignore pas ces exceptions, puisqu'il en parle luimême à ses auditeurs , dit qu'elles ne peuvent détruire la vérité de sa doctrine, qui est fondée sur les généralités, et ne tient point à la mesure minutieuse des renflements ni à une proportion mathématiquement exacte de leur grandeur avec celle des fosses internes correspondantes, mais seulement à la considération des développements comparativement plus grands dans un crâne que dans l'autre. Dépareilles
exceptions ne portent d'ailleurs que sur des signes négatifs, lesquels sont de très-peu de valeur dans son système, et n'ont lieu que dans certains cas assez faciles à déterminer pour qu'on ne puisse s'y méprendre ni en tirer une fausse conséquence qu'il s'attache lui-même à prévenir. Mais ces anomalies, fussent-elles encore plus grandes et plus fréquentes, en bonne logique elles rentrent dans le domaine de la pathologie qui a pour objet les affections morbifiques, et ne sont d'aucune conséquence contre des vérités physiologiques qui supposent toujours l'état le plus naturel et une santé parfaite. Les éminences minutieuses et insignifiantes que l'ignorance et la prévention mêlent à sa doctrine n'y entrent pour rien. Il ne s'attache qu'aux différences réelles et aux caractères bien prononcés , n'ayant pas , dit-il , le talent qu'on lui suppose de voir des choses imperceptibles ni la minutieuse puérilité de prendre en considération des inégalités pareilles à des brins de paille.
Après ces explications préliminaires, Gall fait observer que les endroits où s'attachent les muscles occipitaux sont précisément les moins saillants et les moins épais, et que le trajet sur lequel s'exerce leur action est une partie très-saillante, contradictoirement aux objections qu'on lui fait. L'action musculaire ne devrait porter que sur la table externe , et cependant les deux tables sont aussi parallèles aux endroits de leur insertion qu'ailleurs. Ceux qui supposent gratuitement que les apophyses mastoïdes