CHAPITRE IV
sont dues à l'action musculaire oublient ou ne savent sans doute pas que des muscles plus forts, par exemple les masseters, prennent précisément leur insertion sur une partie du crâne qui se trouve plate et même déprimée, comme le fait voir Gall sur une tête de lion où ces muscles n'ont sûrement pas dû agir faiblement ; d'ailleurs dans cette hypothèse , démontrée fausse par l'insertion de plusieurs autres muscles, tous les hommes ayant les mêmes muscles avec les mêmes attaches devraient présenter les mêmes renflements proportionnels sur leur crâne, ce qui est également contraire à la réalité.
Quant à l'action de l'air pour disjoindre les tables osseuses, il en trouve l'idée ridicule : 1° parce que l'air ne peut avoir accès dans tous les sinus; 2° parce que son action est contraire aux lois de l'économie animale dont les tissus ne deviennent passifs que par la mort; 3° parce que les poissons et les animaux aquatiques ont souvent des sinus beaucoup plus considérables que les habitants des régions élevées et aérées, ce qu'il fait voir en produisant diverses espèces de crânes. Cela est particulièrement prouvé par le crâne du cochon, qui a des sinus frontaux considérables, quoiqu'il vive dans les lieux bas- et humides, tandis que le cerf n'en a point, comme l'observent aussi Cuvier, M. Duméril, etc.
Gall rapporte ici une observation dont il est, ditil, redevable à un officier français qui savait se procurer à lui-même et à ses amis des chevaux de la meilleure qualité, en portant la main entre leurs
oreilles, pour s'assurer de la distance qui les séparait et du renflement de leur crâne en cet endroit. Il rebutait tous ceux dont les oreilles, trop rapprochées l'une de l'autre, annonçaient la petitesse du crâne. Gall dit avoir souvent étonné les propriétaires en désignant la qualité de leurs chevaux d'après cet indice confirmatif de sa doctrine dont l'exploration peut se faire, sans le secours des yeux, dans l'écurie la plus obscure. C'est aussi à cette occasion qu'il fait voir à ses auditeurs des crânes de diverses espèces d'animaux , tant pour leur faire distinguer la grandeur de leurs sinus respectifs, que pour les convaincre que les moins renflés et les moins élevés au-dessus des orbites , comme chez le crocodile , coïncident toujours avec la plus petite capacité crânienne et avec les mœurs les plus stupides ou les plus féroces : ce qu'il est surtout facile à tout le monde de constater par la comparaison des différentes races de chiens.
C'est dans ce chapitre que Gall parle aussi d'une objection ou d'une plaisanterie assez ordinaire, laquelle a môme déjà franchi les mers avec le bruit de son système , comme le prouve un nouveau roman anglais, assez jovial, publié à Londres, en 1804, sous ce titre : Flim-Flams, or the Life and Errors of my uncle, etc. Le héros de ce roman cherche à prouver, par le système de Gall et d'après d'autres philosophes distingués, lhat ail our facullies are in the power of the niidwife, hwo may give the head, as ils birth, the oval form of genius or the flaltness of boo ■