‹ Physiologie intellectuelleChapitre 6 sur 298 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

une idée avantageuse de l'application de l'organologie cérébrale à la connaissance des penchants naturels que l'éducation n'a point réprimés, el, depuis, le merveilleux de cette science nouvelle est devenu une chose simple et facile à concevoir, d'après les explications que Gall en a données.

Ayant assisté comme auditeur et ensuite comme aide à ces diverses réunions , et étant encouragé d'ailleurs par la bienveillance et l'amitié des docteurs Gall et Spurzheim , qui venaient au-devant de mes voeux pour rectifier et compléter ce que la première édition de cet ouvrage laissait à désirer, je crus pouvoir en publier une seconde édition en 1808 \ d'autant plus que par la première j'avais pris l'initiative de l'exposition et du développement des nouvelles découvertes , et que celui qui les avait faites n'avait encore rien fait imprimer sur leur ensemble, parce qu'il voulait avant d'écrire en provoquer par tradition orale l'examen et la critique, tout en vérifiant et multipliant ses observations par des cours tenus dans les principales villes d'Allemagne, de Suède, de Hollande, ainsi qu'à Paris devant les hommes les plus savants et les plus distingués de l'Europe \ ce qui annonçait un investigateur de bonne foi et convaincu de la réalité de ses découvertes.

J'avais dédié la première édition de mon ouvrage à Bourrienne, et fait paraître la seconde avec la même dédicace par un motif de reconnaissance plus que par tout autre sentiment, parce qu'il m'avait donné, pour le temps qu'il resterait à Hambourg, un logement dans sa maison de la rue Hauteville, où il aurait toutefois fallu placer un autre surveillant, s'il ne m'avait donné une préférence dont je lui savais gré. Cette dédicace n'eût pas eu lieu, si j'avais prévu que celui qui l'avait acceptée avec complaisance substituerait un jour, pour le besoin de sa vanité, un nom distingué à un nom moins connu

PRÉFACE. xi

et moins imposant, comme Ta fait Bourrienne , page 130 du septième volume de ses Mémoires , année 1826, en s'exprimant ainsi : a J'ai eu le plaisir de vivre long-temps avec le docleur Gall , je crois que je dois à l'intimité qui a existé entre nous l'hommage qu'il m'a fait de me dédier un de ses ouvrages. » Voilà une jactance qui me semble rabaisser plus celui qui s'en glorifie qu'elle n'humilie celui dont elle simule le mépris, et qui est surtout très-maladroite-, car il suffît de jeter un coup d'œil sur les ouvrages publiés par Gall, pour s'assurer qu'il n'en a dédié ancun à Bourrienne, qui, semblable aux fanatiques désireux de se sanctifier par l'attouchement de quelques reliques, multiplie tant qu'il peut, dans ses Mèmoi* res, ses contacts vrais ou supposés avec les célébrités de son époque, croyant peut-être qu'on lui supposera une partie du mérite étranger à l'ombre duquel il cherche à se grandir. Celte dédicace supposée de la part de Gall ,i j'aurais été à portée de la connaître mieux que personne, si elle eût existé, tant parce que j'étais médecin de l'un que parce que j'ai eu les relations les plus fréquentes et les plus amicales avec l'autre, l'ayant non-seulement assisté comme aide dans plusieurs de ses cours, mais ayant aussi rédigé en français une partie de ses ouvrages, savoir, la première publication que les docteurs GalletSpurzheim ont faite sur leur doctrine sous le litre de : Recherches sur le système nerveux en général et sur celui du cerveau en particulier , mémoire présenté à l'Institut de France le 14 mars 1808, suivi a" observations sur le rapport qui en a été fait à cette compagnie par ses commissaires. Paris, 1809. J'ai aussi rédigé en français la préface de leur grand ouvrage intitulé : Anatomie et physiologie du système nerveux en général et du cerveau en particulier. Paris, 1 8 10 ; et l'original allemand écrit par Gall lui-même est encore entre mes mains. J'ai d'ailleurs donné l'analyse des ouvrages de

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