CHAPITRE V
tant, ajoute Gall, que l'on peut expliquer d'une manière satisfaisante plusieurs autres phénomènes delà vie, tels que la veille, le sommeil, les rêves, le somnambulisme, les visions, les extases, etc.
La veille consiste dans l'activité immédiate de tous les organes de la vie intellective , et le sommeil résulte de leur tendance simultanée à l'inaction, parce qu'il est dans leur nature de ne pouvoir persister continuellement dans le même état, et que c'est même là un des principaux caractères qui le distinguent des organes de la vie végétative, ces derniers étant destinés à remplir leurs fonctions, sans aucune interruption, depuis le premier jusqu'au dernier instant de la vie. Cette différence de nature dans les organes des deux vies est principalement fondée sur la différence de leurs fonctions respectives : si les organes de la vie végétative cessaient d'agir sur les matériaux de la nutrition, introduits dans les canaux de l'économie animale, ces matériaux, mus par les lois de l'attraction physique et livrés aux affinités chimiques, opéreraient la dissolution et détruiraient par conséquent l'organisme et la vie pendant toute la durée du repos ou du sommeil de ces organes; au lieu que les fonctions de la vie intellective, consistant dans la réaction des organes de cette vie sur des objets extérieurs ou de sens intime, réaction qui est sollicitée par des impressions reçues presque toujours volontairement de la part de ces organes, ne peuvent, parleur disconlinuation, compromettre l'économie animale, qui n'a plus aucune communica-
m PHYSIOLOGIE INTELLECTUELLE,
tion avec les objets extérieurs, dès que la volonté a fermé toutes les portes de l'entendement aux impressions du dehors. Cependant, à raison de l'irritabilité propre à toutes les parties vivantes du corps animal, la volonté, qui n'est pas illimitée, peut être vaincue par une surexcitation spontanée ou accidentelle produite durant la veille ou par des impressions qui ne seraient pas coordonnées à la capacité de l'organe qui en serait affecté; et il suffit aussi que l'équilibre d'influence réciproque soit troublé entre les organes par une exaltation particulière, pour que l'un ou plusieurs d'entre eux ne puissent plus être protégés par le concours sympathique des autres contre les impressions involontaires. De même que la spontanéité des organes digestifs peut être vaincue et paralysée par la qualité et la quantité des aliments aussi bien que par un vice ou un défaut d'action du foie, etc., de même aussi la spontanéité des organes intellectuels peut être vaincue et détruite par des impressions disproportionnées à leur force aussi bien que par un défaut d'accord dans la réaction-, car dans ce cas la volonté, placée enire deux intluences contraires, est comme un corps brut entre deux puissances motrices opposées , restant immobile ou cédant à la plus forte, selon l'égalité ou la prédominance d'action. C'est là l'unique source du délire dans les maladies, des rêves de toute espèce, de l'extase et de la catalepsie, etc. L'on se couche après avoir fatigué plus ou moins les divers organes, ou après les avoir mis dans un degré d'excitation in-