‹ Physiologie intellectuelleChapitre 71 sur 298 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

tent et ébranlent seulement, sans détruire la réaction ou l'effet de l'élasticité, qui tend continuellement à les redresser. Par l'extase, mot grec qui veut dire ravissement, l'homme, transporté en quelque sorte hors de lui-même, exhale et concentre tout son sentiment dans une idée contemplative qui le charme et l'absorbe, au point que les impressions faites sur les autres organes cessent de l'affecter à peu près de la même manière qu'une douleur violente et atroce fait taire pour le malade toute autre douleur moins forte. Les organes non extasiés n'ayant point perdu pour cela leur spontanéité, pas plus que les parties moins douloureuses ne perdent leurs lésions par la lésion plus forte d'une autre partie, il résulte que l'influence du cerveau sur les membres, quoique non sentie, n'est point détruite, et que ces derniers ne restent pas dans une immobilité opiniâtre telle qu'elle a lieu chez le cataleptique, dont les membres retiennent la position qu'ils ont ou qu'on leur donne. Dans la catalepsie, qui en grec signifie détention ou saisissement, c'est un coup de foudre moral dont la violence portée sur un sens particulier, tel que celui de l'amitié, l'amour, etc., se propage à tous les autres, qui se trouvent sympathiquement saisis et arrêtés dans leurs fonctions par le même sentiment, en sorte que les muscles soumis à la volonté restent immobiles, et que les membres conservent toutes les positions dont ils sont en possession ou qu'on leur donne mécaniquement, tandis que les muscles et les organes de la vie végétative continuent leurs fonc-

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tions autant qu'elles peuvent s'exécuter .sans le secours des muscles soumis à la volonté. M. Pinel, dans son Traité sur l'aliénation, cite, sous le titre de l'Idiotisme, une catalepsie qui me paraît bien caractérisée. La voici : « A la même époque (l'an II de la république) deux jeunes réquisitionnantes partent pour l'armée, et, clans une action sanglante, un d'entre eux est tué d'un coup de feu à côté de son frère ; l'autre reste immobile et comme une statue à ce spectacle. Quelques jours après, on le fait ramener, dans cet état, à la maison paternelle: son arrivée fait la même impression sur |io troisième fils de la même famille. La nouvelle de la mort d'un de ses frères et l'aliénation de l'autre le jettent dans une telle consternation et une telle stupeur que rien ne réalisait mieux cette immobilité glacée d'effroi qu'ont peinte tant de poètes anciens et modernes. J'ai eu longtemps sous mes yeux ces deux infortunés ; et, ce qui était encore plus déchirant , j'ai vu le père venir pleurer sur ces tristes restes de son ancienne famille. » Il y a lieu de croire que la musique ne serait pas moins utile en pareil cas que dans la piqûre de la tarentule, parce que l'organe de l'ouïe, étant le mieux protégé contre toute compression et toute secousse violente par la construction du rocher, devrait éprouver des lésions moins profondes, et rester par conséquent plus susceptible de nouvelles impressions.

Dans l'hystérie et dans l'épilepsie, la perte de connaissance est subordonnée à la congestion san-

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