‹ Physiologie intellectuelleChapitre 72 sur 298 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

guine que le spasme produit au cerveau; et les convulsions, qui marquent les alternatives de l'irritation nerveuse et de la réaction cérébrale, ne cessent naturellement que par la compression et par l'insensibilité subséquente de ce viscère, comme le prouvent les causes occasionnelles , les moyens de guérison les plus heureux, la couleur de la face, le gonflement des veines du cou et de la tête, la céphalalgie et la dyspnée, ainsi que la stupeur et l'assoupissement en quelque sorte apoplectique qui terminent communément cette lutte entre le chef et ses ministres. L'opium lui-même, que j'ai vu employer quelquefois si indiscrètement par des médecins routiniers peu soigneux de reconnaître et d'éloigner les causes morbifiques , ne fait souvent cesser le spasme qu'en hâtant la congestion sanguine au cerveau et la stupeur qui en est la suite ; ce qui ar* rive principalement dans les convulsions des enfants, dont le principe tient plus ordinairement à la plénitude ou à l'atonie de l'estomac qu'à d'autres causes.

Dans le tétanos, au contraire, l'irritation nerveuse, concentrée d'abord sur une partie du corps, ne trouble point l'entendement, à moins que le spasme, devenu plus général et plus profond, ne finisse aussi par déterminer une congestion sanguine au cerveau, laquelle ne peut guère être que fatale à raison de la permanence et de l'intensité progressive de sa cause. Tous ces phénomènes du système nerveux sont d'autant plus propres à confirmer le point de

doctrine que j'établis , que nous y pouvons encore observer une cessation partielle et successive des fonctions intellectuelles. Une dame de ma connaissance, hystérique au dernier point, et n'existant plus, pour ainsi dire, que pour la honte et le désespoir des médecins, tombe dans un de ses plus violents accès, et ne donne bientôt plus de signe de connaissance. Le feu prend à une cheminée de sa maison; on y court, et on la laisse un instant seule : les cris, l'alarme et le tumulte des gens qui se portent précipitamment en dehors pour fuir, et en dedans pour arrêter le feu, vont jusqu'à ses oreilles. Elle se précipite de son lit, vole au feu, reconnaît le danger, fait son possible et multiplie toutes ses forces pour, y parer 5 elle y réussit enfin , et se trouve entièrement guérie, sans aucune récidive depuis plusieurs années. L'organe de l'ouïe, protégé contre la congestion et la compression par tout l'appareil du rocher, était donc resté à peu près intact ici comme dans le cas de tempête précédemment cité, et comme dans plusieurs cas de fièvres putrides avec stupeur profonde et insensibilité apparente, où les malades entendaient prononcer leur arrêt de mort par des médecins qui, les croyant tout à fait sans connaissance, jugeaient péremptoirement et sans défiance pour leurs oreilles.

Dans plusieurs circonstances la mémoire ellemême, qui s'accommode assez d'une circulation active et copieuse au cerveau, si nous en jugeons par la comparaison de l'enfant avec le vieillard, se

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