‹ Physiologie intellectuelleChapitre 82 sur 298 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

l'autre pour savoir ce qu'ils se reprocheraient réciproquement. Il a presque toujours trouvé que chacun tirait vanité de toutes ses dispositions extraordinaires, bonnes ou mauvaises, et que les voleurs, les querelleurs, etc., s'applaudissaient autant de leurs défauts, lorsqu'ils pouvaient parler sans contrainte, que l'on pourrait s'applaudir des plus grandes vertus, regardant avec mépris ou pitié tous ceux qui leur étaient inférieurs; ce qui* explique assez comment et pourquoi tous les voleurs ne sortent que plus fins et plus rusés des maisons de détention où ils se trouvent confondus ensemble: c'est là qu'ils se révèlent réciproquement leurs bévues et leur finesse, en témoignant leurs regrets d'avoir manqué certains coups à faire , et en discutant les moyens de succès pour d'autres occasions, qu'ils concertent entrent eux, en convenant de s'aider mutuellement dans l'exécution au sortir des prisons. Gali a aussi considéré les talents et les défauts chez les grands et chez les personnes de la meilleure éducation lorsque les hommes, pris le plus près possible de la nature, lui avaient fourni les premières données. Il a fait plus : en comprenant dans la comparaison tous les animaux rapprochés par des mœurs analogues, il a poursuivi les causes physiques des analogies morales dans tous les anneaux de la chaîne animale et jusque dans leurs dernières ramifications. Ce point de vue est d'autant plus précieux qu'il y a des facultés dont les organes sont beaucoup moins marqués chez l'homme que chez les brutes. C'est ainsi

qu'il a retrouvé, par exemple, le talent industrieux du castor, et celui des oiseaux pour la musique, annoncés par les mêmes caractères physiques que ceux de l'homme; ce qui fait voir que l'organisation de tous les animaux est filée sur une analogie réelle, et se trouve basée sur des modifications de matière soumises aux mêmes lois. Au reste, la grande variété des dispositions naturelles, des talents, des inclinations et des autres qualités ne présente pas un phénomène plus difficile à résoudre que la grande variété des traits et des formes qui empêchent la ressemblance parfaite, et donnent aux petits des animaux les moyens de reconnaître leur mère; ou, si l'on veut, que les combinaisons infinies qui peuvent résulter de l'arrangement des dix chiffres ou des vingtquatre lettres de l'alphabet. Ainsi il n'y a aucune nécessité d'admettre des organes à l'infini pour expliquer toutes les différences des phénomènes intellectuels. Gall n'a encore découvert que vingt -sept organes, sans oser dire s'il y en a plus, ou même si l'on ne peut à la rigueur les réduire encore à moins, convenant lui-même qu'il n'a point fourni toute la carrière qu'il a ouverte le premier, et que c'est à d'autres à suppléer ce qu'il n'aura pu faire et même à rectifier ce qu'il aurait mal fait, par la raison toute simple que les sciences ne sont pas portées du premier jet à la perfection.

Le hasard et l'émulation ont présidé aux découvertes de Gall, qui, dès l'âge de quatre ans, prenait plaisir aux observations d'histoire naturelle, faisant

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