CHAPITRE I
corps, que de nier la réalité de ceux qui président à la vue, au goût, à l'adorât, à l'ouïe, au tact, à la digestion, à la circulation, à la respiration, au mouvement, etc.
« Je ne doute point, dit M. Richerand dans son Traité de physiologie (p. 456), que l'influence de l'organisation sur les facultés intellectuelles ne soit tellement prononcée,, qu'on ne puisse regarder comme possible la solution du problème suivant , analogue à celui par lequel Condillac termine son livre sur l'origine des Connaissances humaines :
» L'homme physique étant donné, déterminer le caractère et l'étendue de son esprit, et dire en conséquence , non-seulement quels sont les talents dont il donne des preuves, mais encore quels sont ceux qu'il peut acquérir. »
Galien a déjà enseigné que les dispositions de l'âme prennent le caractère des organes corporels (quod animi mores corporis lemperamenta sequanlur), et que par conséquent l'on peut conclure des unes aux autres.
Dupaly, emporté par l'éloquence de l'enthousiasme, s'écrie, à la vue des richesses accumulées par Fontana dans le Muséum anatomique de Florence : « La philosophie a eu tort de ne pas descendre plus avant dans l'homme physique; c'est là que l'homme moral est caché : l'homme extérieur n'est que la saillie de l'homme intérieur.» 33e Lettre sur l'Italie.
« L'homme, a dit un illustre professeur de l'École
de médecine de Paris, un membre des plus respectables de l'Institut national, l'homme a des besoins; il a reçu des facultés pour les satisfaire; et les uns et les autres dépendent immédiatement de son organisation.
» Est-il possible de s'assurer que les pensées naissent et que les volontés se forment par l'effet de mouvements particuliers, exécutés dans certains organes , et que ces organes sont soumis aux mêmes lois que ceux des autres fonctions ?
» Dans tous les temps, on a voulu convenir, à
ce sujet, de quelques points incontestables, ou regardés comme tels. Chaque philosophe a fait sa théorie de l'homme : ceux même qui, pour expliquer les diverses fonctions, ont cru devoir supposer en lui deux ressorts de nature différente, ont également reconnu qu'il est impossible de soustraire les opérations intellectuelles et morales à l'empire du physique : et dans l'étroite relation qu'ils admettent entre ces deux forces motrices ) le genre et le caractère des mouvements restent toujours subordonnés aux lois de l'organisation. » (Rapports du physique et du moral de l'homme, par Cabanis, pages vi et vin de la préface.)