‹ Physiologie intellectuelleChapitre 95 sur 298 · CHAPITRE IX. 2US · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. 2US

unes des autres, ont détourné l'homme de la connaissance de soi-même, pour y substituer un monde idéal qu'il n'est pas donné à l'esprit humain de comprendre. C'est la fable de l'astrologue qui, peu soucieux de connaître le terrain sur lequel il marchait, les yeux fixés au ciel à la lueur des astres pour y découvrir l'avenir, se précipita dans un puits qu'il aurait pu découvrir plus facilement et plus utilement pour lui. Ce sont les égarements de l'esprit humain dans la recherche et l'explication des idées conçues hors du domaine de l'expérience et de l'observation , qui ont donné à Gall une antipathie pour la métaphysique, qui néanmoins a son utilité, lorsque ses données servent de prélude à des investigations expérimentales et en deviennent le motif. Pour faciliter l'étude et la connaissance de l'homme on a considéré ou partagé la vie en deux ordres d'organes et de fonctions, savoir : la vie de relation ou volontaire, toute dévolue au cerveau, et la vie de nutrition départie au bas-ventre. On donne aussi à la première les noms de vie animale, vie intelleclive, vie morale, parce que la moralité tient à F in tel lt gence. La seconde se nomme encore vie végétative , laquelle s'accomplit chez les animaux comme dans les végétaux sans le concours immédiat ou indispensable de la volonté. Les anciens admettaient cette différence, Hippocrate, Galien, Avicenne et autres sont très-explicites sur ce sujet. Moïse, Diogène de Laerte, la plupart des Pères trouvaient dans l'homme une triple essence (tp^spsç bmazdaic. tripar-

tita substantiel) ; ce qui a accrédité le dogme de la Trinité, comme le remarque saint Augustin en disant : L'homme a trois parties, l'esprit, l'âme et le corps, et c'est ainsi que l'homme est l'image de la très-sainte Trinité (1). Cependant, comme les philosophes païens avaient désigné long-temps avant saint Augustin la nature tripartite de l'homme, où ils reconnaissaient l'intelligence, l'âme et le corps (vooç, ^vxfi, ff&px), ne serait-il pas croyable aussi que les chrétiens ont fait Dieu à leur image?

Ce qui me parut résulter le plus évidemment de ces dogmes ou croyances, c'est que ceux qui en ont voulu sonder la profondeur se sont égarés dans un labyrinthe inextricable où, présomptueux comme Icare , ils n'étaient pas entrés au flambeau de l'expérience et de l'observation, ni avec la connaissance d'eux-mêmes, abusés qu'ils étaient sur la portée de l'esprit humain. Profitant de l'expérience acquise par le progrès des siècles, je m'abstiendrai de toute tentative pour expliquer les rapports de l'âme avec le corps, parce que l'âme échappe à tous les sens et ne produit aucune manifestation de ses attributs hors du corps ; au lieu que les aptitudes de celui-ci, identiquement modifiées dans tous les individus par l'âge, la santé, la maladie ou la mutilation, offrent à l'observation la répétition des mêmes phénomènes dans les mêmes circonstances : ce qui fait que l'étude n'en est pas impossible ni stérile. Je n'entre-

(1) Homo habet très partes, spiritum, animam et corpus; itaque homo est imago SS. Trinitatis. Aug. Tract, de Symbolo.

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