‹ Physiologie intellectuelleChapitre 96 sur 298 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

prendrai donc pas de concilier la physiologie intellectuelle avec les croyances reçues , ne me sentant pas la force ni la capacité de les apprécier convenablement ni de les concilier entre elles, tant elles sont divergentes et disparates les unes des autres. La première difficulté que j'aurais à surmonter serait de concilier la pluralité et la diversité des organes, et des fonctions avec l'idée d'une puissance simple et indivisible qui, toujours la même, ne devrait avoir qu'une manifestation toujours identique, et qui, placée près des brutes, où elle n'est point admise, en présence de fonctions semblables à celles de l'homme, est reconnue n'y avoir aucune part, et partant en laisser tout le domaine au physique organisé. Par exemple, qu'un homme ou une brute perde les yeux et la vue en même temps, sans lésion d'aucune autre organe ni d'aucune autre fonction, dira-t-on que ce phénomène n'est pas un indice certain que les yeux sont l'organe de la vue, après avoir observé qu'il se reproduit toujours identiquement dans les mêmes circonstances chez tous les animaux ? En est-il de même pour les attributs et les fonctions accordées à l'âme, c'est-à-dire a-t-on et peut-on avoir quelque indice certain qui fasse connaître la part spéciale de l'âme dans chaque fonction organique du corps?

Permis donc à l'homme d'admettre l'âme pour animer le corps, il le peut ; mais il ne peut aller au delà ni en scruter l'essence et les attributs sans erreur, parce que la part d'action de l'âme dans les

phénomènes de la vie est insaisissable et échappe à l'observation par l'impossibilité d'isoler cette part de celle du corps, qui manifeste la sienne à l'expérience par la perte monopathique et singulière de chaque organe coïncidant avec la perte simultanée de sa fonction, et par la graduation des distributions d'appareils organiques similaires aux diverses espèces d'animaux qui ne les reçoivent jamais au même nombre ni au même degré.

Il est presque inutile de dire que je repousse de la physiologie intellectuelle les termes de crânologie et crâniologie, si plaisamment adoptés pour désigner la doctrine sur le cerveau dont le crâne ne présente que l'enveloppe et la forme extérieures sans participer à ses fonctions ; il ne peut donc être considéré que comme un vêtement ou l'ombre d'un corps opaque sans en faire partie.

Le vague des termes mal choisis maintient les esprits superficiels dans leur ignorance et fait souvent naître les idées les plus ridicules, comme le prouve l'erreur de ceux qui ont pris des exostoses ou des aspérités du crâne pour des indices d'organes physiologiques. C'est probablement à cause du sens amphibologique que présente le mot phrénologie que des adeptes improvisés, tels que les docteurs Laurent Cerise, Lélut et autres, lui ont lancé sans l'atteindre les traits d'une psychologie fantastique, à l'imitation de ces peuplades d'Afrique qui, pour parer à la chaleur du jour, s'arment, dit-on, de flèches qu'ils décochent vers le soleil pour le combattre et

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