‹ Physiologie médicale de la circulation du sang [electronic resource]Chapitre 22 sur 114 · DE LA CONTRACTILITÉ ARTÉRIELLE · texte numérisé non relu

DE LA CONTRACTILITÉ ARTÉRIELLE

contraclion et lo relâchement de ces vaisseaux ; il a fait voir que les filets du grand sympathique produisent, quand on les excite, la contraction des capillaires, ralentissent la circulation de la glande et tarissent sa sécrétion ; tandis que des filets émanés des nerfs spinaux ont une action tout opposée : c'est-à-dire qu'ils produisent, quand on les excite, la dilatation des vaisseaux, qu'ils accélèrent la circulation de la glande et activent la sécrétion.

Ces changements de la circulation dans les glandes, sous l'influence d'une action nerveuse, nous donnent la clef de phénomènes connus depuis longtemps, mais qui

introduite par Thomson, a été répétée après lui par un grand nombre d'auteurs.

Il est donc important d'être bien fixé sur ce point :

Quel est l'effet de la dilata-lion ou du resserrement des vaisseaux sur la quantité du liquide qui les traverse?

Les lois physiques appliquées à la solution de ce problème de physiologie nous apprennent que le resserrement des vaisseaux, créant par les frottements un obstacle au cours du sang, le ralentira. Pour les tubes capillaires , la loi est ainsi formulée par Poiseuille : l'écoulement est proportionnel à la quatrième puissance des diamètres des tubes traversés. On conçoit, d'après cela, que la dilatation des capillaires laissera le sang passer plus facilement dans les veines ; réciproquement, la contraction des capillaires créera un obstacle à ce passage, et le ralentira. Un grand nombre de physiologistes admettent, au contraire, que la dilatation des capillaires retarde le cours du sang, et que leur contraction l'accélère.

Voici la cause qui a fait croire que la contraction des vaisseaux accélère la circulation. Si un tube offre des renflements et des resserrements , c'est dans les points resserrés que le liquide coule le plus vile. Ce fait est parfaitement vrai; mais voyons ce qu'il signifie. Chaque segment du tube, lorsque l'écoulement est établi, doit laisser passer une quantité de liquide égale, quel que soit son diamètre; il s'ensuit qué les molécules liquides devront marcher plus vite là où elles ne peuvent passer que successivement, à cause de l'étroitesse du tube , tandis que dans les points plus larges, où plusieurs peuvent passer de front , elles auront moins de vitesse. Mais, en somme, la quantité de liquide qui s'écoulo par le tube est diminuée par co rétrécissement. Il ne faut donc pas

n'avaient pas reçu d'explication : ainsi l'état congcstif de la muqueuse de l'estomac pendant la digestion et la séoré* tion du suc gastrique ; ainsi la dilatation des vaisseaux de la mamelle pendant la lactation, de la vulve pendant le rut chez les femelles de certains animaux. D'autres fois la circulation est modifiée dans sa rapidité et son abondance, sur une certaine étendue des téguments. Ainsi voyons- nous la face rougir ou pâlir subitement sous une influence nerveuse, une émotion, par exemple. Ailleurs une cause agissant directement sur les tissus change localement l'état circulatoire. L'influence du froid fait resserrer les vaisseaux, la chaleur les relâche. Certains agents chimiques ont des influences analogues : les uns font contracter les vaisseaux, les autres les font relâcher comme l'ont observé Thomson, Wilson, Hastings, Kaltenbrunner, etc., examinant dans le champ du microscope des membranes transparentes sur lesquelles ils faisaient agir des solutions de différentes substances. Dans ces expériences et dans bien d'autres encore, on put voir que la contractilité de l'élément musculaire des vaisseaux peut être mise en jeu : 1° par des influences nerveuses ; 2° par des actions directement portées sur le tissu contractile.

confondre l'accélération du mouvement de chaque molécule en un point avec l'accélération de l'écoulement lui-même.

Sans doute, beaucoup de physiologistes ont dû faire cette distinction, mais la plupart ont considéré avec Thomson le resserrement des vaisseaux comme une cause de circulation plus active.

Hastings a considéré les vaisseaux dilatés comme faisant obstacle au cours du sang, et a admis dans ces cas une force plus grande des artères pour vaincre cet obstacle. L'erreur passa bientôt dans la pathologie, et des cliniciens allèrent jusqu'à admettre que la dilatation de l'aorte fait obstacle au cours du sang qui sort du cœur. Terminons en concluant que la contractilité constitue la force par laquelle les vaisseaux peuvent régler la quantité do sang qui circule à leur intérieur.

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