CHAPITRE VIII
du pouls artériel; de sa nature et des moyens de percevoir ET DE REPRÉSENTER GRAPHIQUEMENT SES DIFFÉRENTS CARACTÈRES.
Du pouls artériel. — De la nalure du pouls artériel. — Erreurs généralement accréditées sur ce sujet. — Caractères variés que le pouls peut présenter; importance de chacun d'eux.
Des différents appareils imaginés pour étudier le pouls avec précision : — sphygmomètre de Hérisson; — kijmogruphion de Ludwig; — Rphxjgmographe de Vierordt ; défauts que présente cet appareil; déformation du tracé graphique sous l'influence de Yinerlie du levier.
Principes sur lesquels repose la construction de notre splujgmographe, et en général les différents appareils graphiques employés dans nos expériences. — Description du sphygmographe.
§ 50. — Le pouls est la sensation de soulèvement brusque que le doigt éprouve lorsqu'il palpe une artère. Le vaisseau qui se laissait déprimer devient subitement dur à chaque fois qu'une systole du cœur élève la tension artérielle.
Pour percevoir ces changements dans la dureté du vaisseau, autrement dit, ces changements de la tension artérielle, il faut que la pression du doigt se substitue h la force élastique de la paroi de l'artère en la déprimant; il faut faire perdre au vaisseau sa forme cylindrique, grâce à laquelle tous les points de sa paroi offraient une égale résistance à la pression intérieure exercée par le sang.
11 est admis aujourd'hui que si le pouls est facile à percevoir à l'artère radiale, c'est, uniquement parce que cette artère repose sur un plan osseux résistant qui permet à la pression du doigt de le déprimer aisément. L'artère
temporale, la fémorale au pli de l'aine, la pédieuse, sont dans des conditions semblables et présentent également le phénomène du pouls. Si l'artère n'esl pas dans le voisinage d'un plan osseux, nous ne pouvons pas y percevoir la pulsation : ainsi, tous les chirurgiens professent que dans la ligature d'une artère au milieu des parties molles, il ne faut pas espérer que le pouls révélera la position du vaisseau; on peut, dans ces conditions, le toucher sans le reconnaître.
P. Bérard a formulé très nettement cette manière de comprendre la production du pouls; il a montré que la plupart des auteurs avaient mal compris la nature de ce phénomène, puisqu'ils le rattachent, soit à un déplacement du vaisseau sous le doigt, soit au choc du sang contre les parois, soit à la dilatation de l'artère.
Les alternatives de soulèvement et d'affaissement de la paroi artérielle, sous le doigt qui la presse, sont directement liées aux changements de la tension de ce vaisseau. Il y aura donc un synchronisme parfait entre la sensation du pouls et les mouvements d'ascension de la colonne d'un manomètre qui serait adapté à l'artère. On peut s'assurer de ce fait non-seulement en expérimentant sur un animal vivant, mais aussi en opérant sur Y appareil circulatoire artificiel ou schéma (fig. 19). Il est donc évident que chaque fois que le doigt est soulevé par la pulsation, ce mouvement exprime qu'une systole du cœur lance une ondée sanguine dans le système artériel ; tandis que clans le moment où le vaisseau s'affaisse, le ventricule est au repos, et le sang contenu dans les artères s'écoule peu à peu dans le système veineux.
Les changements physiologiques qui peuvent survenir dans l'état de la circulation, soit en santé, soit dans les