DU POULS ARTÉRIEL. I
maladies, peuvent tous se réduire aux suivants. Le sang qui est chassé par le ventricule peut être animé de différents mouvements; les artères qui reçoivent ce sang peuvent être plus on moins larges, plus ou moins élastiques; elles peuvent avoir subi des altérations dans leur structure, et, par conséquent, dans leurs propriétés physiques; enfin, les capillaires peuvent être plus ou moins relâchés ou contractés, alors ils laissent le sang couler plus ou moins vite, soit dans tout le corps, soit dans une région limitée. A ces différentes formes du mouvement du sang correspondent des différences dans les caractères du pouls, c'est ce qui nous fournira le moyen de reconnaître sur l'homme vivant les différents états de la circulation.
Parmi les différents caractères du pouls, il en est plusieurs, sa fréquence, sa force, sa régularité, qui peuvent assez facilement être constatés par le doigt. L'usage de la montre à secondes permet d'évaluer avec une grande exactitude la fréquence du pouls, c'est même de tous ses caractères celui qui est le plus facile à observer. Mais les besoins de la pratique médicale ne se bornent pas à la connaissance de ces premiers caractères du pouls; tous les praticiens exercés admettent en outre certaines nuances délicates de la pulsation, nuances qui sont plus difficiles à percevoir et qu'on a décrites sous des noms très variés. Ici apparaît un obstacle insurmontable qui arrête les progrès des études cliniques sur ce sujet. Comment, en effet, exprimer par des mots ces sensations que le doigt éprouve? Comment s'assurer que deux observateurs différents perçoivent exactement la même impression ? En présence de toutes ces difficultés, les médecins ont senti depuis longtemps le besoin d'une mesure exacte des différentes formes du pouls.
Des différants appareils imaginés pour étudier le pouls avec précision.
§ 51. — Dès que les physiologistes eurent imaginé des moyens dévaluer la pression du sang dans les artères, ainsi que les variations que cette pression éprouve à chaque contraction du cœur, les médecins cherchèrent si quelque instrument analogue ne pourrait pas s'appliquer à une artère sans nécessiter de mutilation. Leur but était d'introduire dans la physiologie humaine des moyens d'étude de môme valeur que ceux dont les physiologistes faisaient usage.
Hérisson eut l'idée d'appliquer à l'étude clinique du pouls un instrument qui rendrait perceptible à l'œil le battement du vaisseau sur lequel on l'appliquerait. Cet instrument a reçu le nom de sphygmomèlre. C'était un appareil construit comme un thermomètre, mais dont la boule, ouverte largement par en bas, était fermée à l'aide d'une membrane tendue comme la peau d'un tambour. Le mercure contenu dans ce réservoir et dans le tube qui s'élevait au-dessus de lui était mis en mouvement par les battements du pouls de la manière suivante. — On appliquait sur une artère la face membraneuse du réservoir; le poids du mercure contenu déprimait le vaisseau, mais à chaque pulsation l'artère soulevait la membrane et forçait le mercure à s'élever dans le tube pour redescendre ensuite. L'instrument de Hérisson était assurément fort ingénieux et très simple, mais il n'arrivait qu'à transformer une sensation tactile en une impression visuelle aussi fugace et aussi difficile à analyser dans ses éléments nombreux dont la durée totale est à peine d'une seconde. Cet instrument n'atteignait donc pas le