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SIGNES PHYSIQUES DANS LES MALADIES DU COEUR

Les altérations des orifices du cœur nous occuperont en premier lieu, d'abord celles qui sont les plus simples, puis la combinaison de deux ou plusieurs lésions portant sur le môme orifice ou sur des orifices différents. Ensuite viendront les altérations du cœur lui-même ou de ses enveloppes, et les affections qui peuvent simuler l'existence d'une maladie du cœur. — Pour qu'une étude du pouls dans les affections cardiaques soit assez complète et présente toute la valeur dont elle est susceptible, il faudrait un nombre considérable d'observations, et surtout il serait indispensable d'avoir vérifié par l'examen cadavérique tous les diagnostics portés. Un pareil résultat ne peut être obtenu qu'au bout d'un temps très long et ne saurait être l'œuvre d'un observateur isolé. Quelques cliniciens français et étrangers se sont déjà occupés de ces recherches, et nous aurons à utiliser leurs travaux. Si nous ne pouvons aujourd'hui présenter qu'un tableau incomplet des formes du pouls dans les différentes lésions cardiaques, on verra que certains types, du moins, correspondent à des affections bien définies, et que, dans bien des cas, la forme graphique de la pulsation a suffi pour rectifier un diagnostic quand tous les autres signes tendaient à induire en erreur.

On nous a vu souvent, au lit du malade, porter le diagnostic d'une affection cardiaque d'après la forme du tracé toute seule. Dans un grand nombre de cas, il est assez facile de reconnaître ainsi la nature de la maladie; mais, nous le répétons, jamais nous n'avons prétendu proposer un pareil procédé. L'auscultation, la percussion, tous les signes, quels qu'ils soient, doivent être utilisés et servir à contrôler les indications du sphygmographe. Ainsi, chaque fois que nous avons porté un diagnostic

avant d'ausculter le malade, nous avons voulu seulement prouver que la forme du pouls présente à elle seule une grande valeur.

Un autre signe qui devra également présenter de grands avantages, sera d'enregistrer directement la forme de la pulsation cardiaque dans les cas de maladie du cœur, et même dans un grand nombre d'autres affections. On a vu (fig. 8) que cette pulsation présente dans sa forme l'indication de presque tous les mouvements des ventricules ; elle devra donc indiquer également tous les troubles que la lésion cardiaque amène dans ces mouvements. Nous avons pu nous en convaincre, dans plusieurs cas, par l'application du sphygmographe au niveau de la pointe du cœur. Malheureusement cette application de l'instrument est assez difficile; mais nous espérons, avec certains changements dans sa construction, triompher de cette difficulté.

Des traités nombreux ont été publiés sur le diagnostic des maladies du cœur; assurément, nous n'avons pas la prétention de donner en quelques chapitres un exposé complet de ces diagnostics difficiles. L'esquisse rapide que nous allons présenter n'a d'autre but que de faire voir combien la certitude du diagnostic peut être augmentée, si l'on ajoute un nouveau signe à ceux que l'on possédait déjà. On nous pardonnera donc d'exposer rapidement les principales découvertes des cliniciens et d'insister spécialement sur les caractères tirés de la forme graphique du pouls.

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