ORIFICE AORTIQUE
Rétrécissement.
g 197. Les causes les plus variées peuvent donner lieu au rétrécissement de cet orifice. Tantôt ce sont des végétations polypeuses qui flottent à l'entrée de l'aorte ; tantôt une induration des valvules qui s'ouvrent incomplètement devant l'ondée ventriculaire. Ces cas sont souvent difficiles à distinguer les uns des autres; mais l'essentiel à reconnaître, en pareille circonstance, c'est qu'il existe un obstacle à la libre pénétration du sang clans l'aorte. — Cette lésion, lorsqu'elle arrive graduellement, entraîne peu de désordres; le cœur s'hypertrophie peu à peu et maintient la circulation dans un état suffisant. L'affection se traduit toutefois par un bruit de souffle, souvent très prononcé, qui se renouvelle à chaque systole ventriculaire et se propage dans la direction de l'aorte et dans les vaisseaux du cou, à des distances assez grandes. L'intensité de ce bruit contraste souvent avec l'absence de tout désordre grave dans la circulation. — On peut aussi, dans bien des cas, constater un changement dans la manière dont le sang pénètre clans le système artériel. L'ondée sanguine franchit plus péniblement l'étroit passage ventriculoaortique; de là résulte un changement dans la forme du pouls artériel, qui présente une période d'ascension plus longue que de coutume. Cela se traduit, dans le tracé, par une courbe au lieu d'une ligne verticale au début de la pulsation. Avant d'aller plus loin, montrons que ces phénomènes peuvent être assez bien reproduits sur le
schéma, ce qui prouve qu'ils sont des effets mécaniques de l'obstacle au cours du sang.
§ 198. — Expérience. — Sur le schéma (fîg. 2), appliquons une pince à l'origine de l'aorte, de manière à réduire la lumière de ce vaisseau. Plaçons un sphygmographe sur le tube qui correspond à l'artère radiale , et faisons fonctionner l'appareil. — On obtient alors, à l'auscultation, un souffle systolique, c'est-à-dire qui s'entend au moment précis où l'on comprime la boule impulsive. Ce bruit va en s'affaiblissant, mais il occupe parfois toute la durée de la systole, si le rétrécissement est considérable.
Le sphygmographe fournit le tracé (fig. 182), ce qui
montre bien que la lenteur avec laquelle l'ondée pénètre dans les vaisseaux entraîne une lenteur correspondante dans l'expansion des artères.
Il ne faut pas s'attendre à rencontrer sur les malades des caractères aussi tranchés; les rétrécissements sont ordinairement beaucoup moins prononcés que celui que nous avons produit sur le schéma dans l'expérience précédente, en l'exagérant à dessein pour montrer plus nettement la transformation subie par le pouls. Quelquefois, cependant, le tracé qu'on obtient sur les malades s'éloigne peu de celui que nous a fourni le schéma. On en peut juger par la figure 183, recueillie dans un cas de rétrécissement aortique très prononcé.
§ 199. — Les souffles que produit le rétrécissement aortique ont pour caractère distinclif leur durée, qui est