DU RÉTRÉCISSEMENT AORTIQUE
plus considérable que celle des souffles produits par 'anémie, la chlorose, l'hémorrhagie et la fièvre. Ces derniers s'accompagnent d'une systole ventriculaire plus brusque que de coutume, tandis que, dans les cas de rétrécissements, la systole est plus longue.
Le bruit de souffle dans le rétrécissement aortique présente, avons-nous dit, son maximum d'intensité à la base du cœur, au niveau même de l'orifice où il se produit. Il est important de signaler un phénomène qui se présente souvent : c'est l'existence d'un deuxième maximum d'intensité de ce bruit au niveau de la pointe du cœur. Cela tient à ce que le bruit se propage dans le ventricule par continuité de liquide (1); et comme la pointe du cœur est l'endroit du ventricule qui se trouve le plus immédiatement en contact avec les parois thoraciques, la transmission de ce bruit à l'oreille se fait mieux en ce point qu'en tout autre. Si l'on n'était prévenu de ce fait, on pourrait, dans les cas où l'on rencontre ces deux maxima, supposer qu'il existe à la fois un rétrécissement de l'orifice aortique et une insuffisance de la valvule mitrale.
Quant au pouls qu'on observe sur les malades atteints de rétrécissement aortique, il présente, comme on va le voir, de grandes variétés. Un caractère important, c'est qu'il est presque toujours parfaitement régulier. Quelques cliniciens ont admis l'inverse, mais le nombre de nos observations est déjà tellement grand, que nous pouvons affirmer que la régularité du pouls est la règle dans le
(1 ) On peut démontrer cette propagation rétrograde du souffle en employant une ampoule membraneuse qui se vide dans un tube par un orifice rétréci. Si l'on presse cette ampoule et qu'on l'ausculte en môme lemps, on entend le bruit de souffle presque aussi nettement que si l'on auscultait le point rétréci lui-même.
rétrécissement aortique et même dans la plupart des altérations de cet orifice.
De plus, le rétrécissement aortique est plus fréquent dans la vieillesse qu'à toute autre époque de la vie ; il s'ensuit que les caractères du pouls sénile viennent souvent s'ajouter à ceux du rétrécissement. Ainsi, après la ligne d'ascension plus oblique et plus courbe que de coutume, on rencontre dans ces cas un plateau, forme qui caractérise la perte d'élasticité de l'aorte (voy. § 153). La lenteur de pénétration du sang dans les vaisseaux fait que le dicrotisme est très peu prononcé et souvent manque tout à fait.
Enfin, comme l'altération sénile des artères peut produire à elle seule des intermittences dans le pouls, il ne faut pas s'étonner si l'on rencontre quelquefois ces intermittences dans le rétrécissement aortique; jusqu'ici nous n'avons rencontré ces irrégularités que chez les vieillards.
Types divers du pouls dans le rétrécissement aortique.
Vig. 185.