FRÉQUENCE DU POULS DANS LES MALADIES PULMONAIRES
d'un côté, il ne reçoit qu'une faible quantité de sang du poumon dont les vaisseaux sont oblitérés, et, d'autre part, il envoie ces ondées peu volumineuses dans un système artériel où la tension est extrêmement faible. Si donc le cœur gauche, par sa force prédominante, règle le rhythme des contractions de l'organe tout entier, la facilité avec laquelle le ventricule gauche exécutera son travail produira une accélération des mouvements du cœur. Les cavités droites, entraînées dans ce mouvement, n'exécutaient que des contractions très incomplètes, ainsi que le prouve à l'autopsie la distension considérable qu'elles ont subie. — Il sera intéressant d'étudier, par des expériences faites sur les grands animaux, l'influence qu'un obstacle à la circulation pulmonaire exerce sur la circulation du sang dans les cavités gauches du cœur.
Nous nous bornerons ici à exposer deux types du pouls pris dans des affections pulmonaires qui produisaient manifestement un obstacle au cours du sang. On verra à quel point la fréquence du pouls était accrue, et combien les pulsations étaient devenues faibles. Dans la plupart de ces cas, l'influence de la respiration sur la tension artérielle est plus prononcée que l'action du cœur lui-même. Le type représenté figure 229 était absolument insensible au toucher; il présentait des ondulations respiratoires aussi fréquentes que les pulsations artérielles le seraient dans les conditions normales.
Des différents caractères que la dyspnée donne au tracé du pouls.
§ 231. — Les tracés ci-dessus présentent des ondulations respiratoires à peu près égales pour la durée de l'ascension et de la descente. Telle n'est pas la forme du tracé lorsque la dyspnée est due à l'asthme essentiel, c'est-à-dire lorsque le poumon ne présente pas de signes de congestion ni de bronchite. Dans ces cas, le rhythme respiratoire nous a paru présenter un caractère particulier. L'inspiration est brève et pour ainsi dire convulsive; l'expiration, au contraire, est lente et prolongée. De là résulte une ondulation particulière de la ligne d'ensemble du tracé. Cette ligne s'abaisse subitement à chaque inspiration et s'élève lentement au moment de l'inspiration. Ces mouvements, très prononcés dans la figure 230, s'expliquent parfaitement par ce que nous avons montré, § 9/i, des influences de la respiration sur le pouls, dans les cas où il existe un obstacle à la libre pénétration de l'air dans le poumon.