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CHAPITRE PREMIER

TRAJET DU SANG. — ACTION Di: COEUR.

Trajet du Mng ; schéma de \Vel)er.

Action du cœur: la partie e^senliellee^t levenlrictiL'; ilincrairedusang dans le cœar. — Reproduction artificielle des mouvements du cœur^ da jeu de ses valvules et du cours du sang à son intérieur. — Signe$ extérieurs des mouvements du cœur ; luur imporlance en clinique ; théories contradictoires omises sur leurs causes. — Impossibilité d'arriver par les méthodes ordinaires à la connaissance complète des mouvements du coHir et de la signification des s'gnes extérieurs de ce» mouvements. — Tentatives faites en Allemagne et en Amérique pour arriver à une délerminalion plus rigoureu-e.

Tn^ct du Muiff.

S 1. — Chez rhomme, le svslèmo de canaux à travers lequel le sang exécute son mouvement continuel, représeute, comme on le sait, un double circuit connu sous le nom de grande et de petite circiililion. La disposition anatomique de ce double système de vaisseaux est trop connue |)ourque nous ayons besoin d'en reparler ici longuement. Nous rappelons toutefois que chacun des appareils, c^lui de la grande circulation et celui de la petite (circulation pulmonaire), se compose des mômes éléments, c'est-à-dire que chacun possède un cœur, ww système artériel, des

capillaires et des veines. Quant aux phénomènes qui se passent dans ces deux appareils circulatoires accolés Tun à Vautre, ils se ressemblent parfaitement, comme la similitude aaatomique le fait prévoir. Le cœur droit envoie, comme le cœur gauche, et en même temps que lui, une ondée sanguine, celle-ci portée par les artères pulmonaires dans les capillaires du poumon, en revient enfin par les veines pulmonaires pour rentrer dans le cœur.

Un point très important et qu on ne saurait trop répéter pour le bien établir, c'<3st que la même quantité de sang doit, dans un temps donné, traverser les deux appareils circulatoires. Sans cela Tune des circulations recevant à chaque instant un peu plus de sang qu'elle n'en laisse passer, il s'ensuivrait une stase qui irait en augmentant sans cesse et serait incompatible avec la vie. Il peut bien s'exercer de temps en temps, en un point quelconque de réconomie, une influence qui trouble cet équilibre, et qui, par exemple, accumule temporairement le sang en ce point; mais bientôt à cette influence en succède une autre toute contraire, et la compensation s'établit d'une manière complète (1).

(I) L'inégale capacilé des deux appareils circulatoires n*exdal m rien Tégalilé des deux circulalions au point de vue du débit du liquide^ On est forcé d'admettre que l*oriAce aortique et celui de Tartère PuUmh naire laissent tous deux passer des ondées sanguines de même vohMM, quelle que soit du reste la capacité relative des deux ventricules, qoeUa que soit celle du système artériel dans lequel le sang va pénétrer. Ceci posé, d'autres conséquences en découlent. Si la niasse de sang contenue dans les vaisseaux de la grande circulation est à celle que logent les vais* seaux pulmonaires comme dix esta un, il faut que le renouvellement do saog dans le poumon se fasse dix fois plus vite que dans le reste du corps; en un mot, une molécule partie du ventricule droit mettra pour arriver à Toreillette gauche dix fois moins de temps qu^une autre molécule sortie du ventricule gauche n*en mettra pour arriver à l'oreillette droite.

TBAJRT DU SANG. &t

Quittons mainlenant le tableau d'ensemble des deux oirculatioDs pour ne plus nous ooouper que de ce qui se passe dans l'une d'elles. Cette étude peut 6tre ainsi simplifiée, puisque cbacune des circulations s'eflectae de la même manière et présente des phénomènes de même nature. Supposoni donc la grande circulation comme formant un circuit complet à elle toute seule et refermée sur elle-même, de façon que le sang, poussé par le cœur gauche à travera les artères, soit ramené k ce même cœur gauche par le système veineux.

Schéma de Web{>r.

C'est en envisageant le mouvement du sang à ce point de Tue simplifié que Weber a construit un petit appareil connu sous le nom de Schéma de la circulation, et qui démontre d'une mauière fort ingénieuse et surtout très claire la façon dont s'effectue dans son ensemble le mouvement cirrahitoire.

Fis- t.

Un intestin de chèvre (fig. 1 ) est courbé et refermé sur lui-même, de façon à former un circuit continu qu'on remplit de liquide à l'aide de l'entonnoir e : supposons que ce circuit ait un mètre de circonférence, et qu'en un point quelconque de son étendue C, on ait disposé deux soupapes B et g, s'ouvrant dans le même sens et distantes

Sa puYSiOLor.iE.

Tune de Tautre de 10 centimètres. Cet espace C va représenter, dans le circuit total, Tagent d'impuisioB dû liqiiide, c est-ii-dire le cœur.

Kn effet, si Ton comprime Tintestin en G, Tune des valvules se fermera et Tautre s'ouvrira, comme cela arrive dans le cu'ur à chaque contraction des ventricules, de sorte que le liquide sera pousse'; dans une direction unique en a. Quand on aura cesse'' la compression, le liquide soulèvera la valvule B qui était restée fermée et reviendra a son point de départ en C, taudis que la valvule g, se fermant en sens inverse, empêchera tout reflux du sang qui a pénétré dans le tube a. Qu'on suppose une ^rie de compressions et de relâchements de la partie de Tinteslin G comprise entre les deux valvules, et aussitôt voilà une circulation œntinuelle établie dans toute la longueur du circuit. \ chaque impulsion nouvelle, un battement semblable ù celui que présente une artère chez un animal vivant se fait sentir dans toute retendue du conduit circulaire.

Ijg schéma de Webcr, ainsi construit, différait encoi*e beaucoup de Tappareil circulatoire des animaux. Chei iMix-ci, les voies qui transportent le sang à la périphérie» A celles qui le ramènent iiu cœur, les artères et les feinÎBSr lie communiquent pas largement les unes avec les autres, mais, au contraire, par des passages étroits dans lesquels le sang éprouve de grandes résistances.

Tour imiter ces conditions anatomiques dans Texéeution de son sc*hema, Weber plaça dans 1 intérieur du tube circulaire une éponge c^ (|ui n'entrait qu'avec Inîaucoup de frottements, do manière à constituer au-devant du liquide une sorle (!e barrage perméable vu la porosité de Tépongc. ('et obstacle au mouvement du liquide imitait donc <eliii «lue le sunp: artériel rencontre dans les vais-

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