‹ Physiologie médicale de la circulation du sangChapitre 3 sur 131 · TRAJET DU SANG · texte numérisé non relu

TRAJET DU SANG

seaux capillaires avant de passer daos le système veineux. C était un perfectionnement de plus dans Timitatiou du mouvement circulatoire du sang, car on obtenait déjà» avec cette disposition, plusieurs phénomènes très impor* tants :

l"* L'arrêt de la pulsation a la fin de la portion du conduit qui représente les artères. — On sait, eu effet, que le pouls s'éteint peu a peu dans les artères à mesure qu'elles deviennentjplus étroites et qu'il ne se sent plus dans les vaisseaux veineux.

2° La production d'un courant sensiblement régulier à travers l'éponge, grâce à l'élasticité de la première moitié du circuit tubulaire. — On verra que le même résultat est obtenu dans l'économie humaine par suite de l'élasticité lies artères, et que dans les capillaires, le sang se meut avec une uniformité parfaite*

â*" Enfin la formation de deux tensions (1) inégales dans les deux moitiés du circuit : une grande tension en amont de l'obstacle c, c'est-à-dire dans la partie qui représente les artères; une faible tension en aval de cet obstacle, c'est-a-dire dans la partie qui représente le système veineux.

Le schéma de Weber vient de nous montrer, d'une manière très claire et très simple, le rôle fondamental de chacun des éléments principaux de la grande ou de la petite circulation. Sans doute, il y a loin de là à une

(4) Les mots de tension ou pression inlérieure expriment la force avec laquelle le sang tend à s'échapper des vaisseaux qui le renferment. Cette force augmente en raison de la quantité de liquide qui s'accumule dans les vaisseaux et les distend. Dans le système artériel, elle est proportionnelle à la force du cœur et à la difTiculté que le sang rencontre à raverser les vaisseaux capillaires.

SUl MTStOLMife.

imitation fidèle du mouvement du sang, à la repro*duction exacte des phénomènes physiques liés à la circtilation, mais cela suffit déjà pour faire comprendre Tao^ tiôn des différents organes, ecsur, artères^ capillaires et veines. La voie est ouverte ; il sera désormais facile d'iran ter avec plus de perfection la disposition anatomique de Tappareil circulatoire; cela conduira à une imitation plus parfaite de la fonction et souvent à la reproduction absolue de Certains phénomènes de la circulation sanguine, tels que le pouls, les bruits du ccsur et des Ddu» seauœ, etc. NoUs aurons bientôt à parler des expériences que noua avons fkites dans ce but.

(^ schéma de Weber nous fournit la division la plus naturelle qu'on puisse choisir pour Tétude des phénomènes qui se passent en chaque point de l'appareil cir^ culatoire. En effet, il représente les quatre ordres d'organes bien distincts à travers lesquels le sang accomplit son trajet circulaire, à savoir, le cceury les artères, les capil-laires et les veines. C'est dans cet ordre que nous étudie* rons successivement les phénomènes physiologiques de la circulation et les signes qui la révèlent sur Thomme sain ou malade.

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§ 2. — Le cœur tel que nous l'envisageons, c'est-à-dire au point de vue de son action impulsive, peut se réduire à unecavité contractile {ventricule) muniede deux soupapes ou valvules s'ouvrant dans une même direction : de telle sorte que, lorsque le ventricule se contracte, Tune des valvules se ferme i)our empêcher le sang de refluer dans les Veines, l'autre s'ouvre pour le laisser passer dans les artères.

ACTION DU CCBUR. â6

Ainsi, parmi les différentes parties qui composent le cœur, c'est le ventricule qui est l'organe essentiel^ c'est lui qui, grâce à son épaisse paroi musculeuse, possède assez d'énergie pour envoyer le sang dans le système arté^ riel déjà rempli et fortement distendu par ce liquide. L'oreillette n'a qu'un rôle accessoire dans la fonction du cœur; ce n'est, en définitivci qu'une ampoule veineuse, sorte de réservoir chargé de colliger le sang des gros troncs veineux, et de le verser dans le ventricule dès que celui-ci a cessé de se contracter. Toutefois l'oreillette n'est pas une cavité inerte; elle est douée de contractilité, comme le sont aussi les gros troncs veineux qui s'y rendent (1). Il en résulte que, dès que le ventricule cesse sa contraction et peut admettre du sang, il en reçoit par l'effet de deux sortes d'impulsions : d'abord par suite de la pression du sang dans tout le système veineux et dans l'oreillette elle-même, ce que les physiologistes appellent vis a tergo; puis, comme force additionnelle, par la contraction de Toreillette et peut-être aussi par celles des grosses veines. Ainsi rempli de sang, le ventricule exécute une contraction nouvelle, puis se relâche et s'emplit encore, reproduisant sans cesse et d'une manière rhythmée ces mouvements successifs dont chaque série s'appelle une révolution du cœur.

L'oreillette n'est pas indispensable à Taccomplissemenl de ces impulsions successives du sang dans les artères ; cette cavité n'existe pas dans le cœur de tous les animaux ; quelques-uns n'ont pour cœur qu'un ventricule situé immédiatement entre les veines et les artères. Mais ces preuves, tirées de l'anatomie comparée et empruntées a

(4) Valetitin, De fmaiombus fiervorum» Berne, 1))a9.

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