FORCE DU COBUR
qai agissent sur les différentes cavités du cœur. Nous allons étudier maintenant les pressions actives, c'est-àdire celles qui résultent de la contraction des différentes cavités.
Hé» pressions actives développées par la eoatraefloa des
dl0érentes eavllés du eœar.
§ 30. — L'expérience dans laquelle nous venons d'employer le manomètre pour évaluer les minima delà pression ventriculaire présente assez d'analogie avec celle qui va suivre, et la rendra facile à comprendre. Pour déterminer les pressions actives du ventricule, il faut chercher expéri mentalement quelle pression doit être appliquée sur les ampoules pour obtenir les différents degrés d'élévation de la courbe graphique au-dessus de la ligne du zéro.
§ 31. — Supposons qu'on vienne de prendre un tracé cardiographique semblable à celui de la figure 10. Lorsque les sondes ont été retirées du cœur et placées à l'air libre, la pression atmosphérique agissant à l'intérieur du cardiographe comme à Textéfieur, l'élaslicité des ampoules ne sera sollicitée dans aucun sens, les leviei^ se placeront donc d'eux-mêmes à la position zéro. — ^ On enroule de nouveau sur le cylindre passif le papier sur lequel le tracé a été obtenu, et l'on remet l'appareil-en marche. Les plumes des leviers immobiles tracent chacune une ligne horizontale qui donne la position du zéro pour chacun des tracés. — On introduit alors les sondes dans un flacon dont elles traversent le bouchon ; un manomètre à mercure et un tube à insufflation communiquent également avec l'intérieur de ce flacon. On foule de l'air dans le flacon de façon que le manomètre s'élève par degrés sucœssifs de 5 t*n 5 millimètres. A chaque fote
iOt PHTSIOLOGIB.
qu'on obtient une de ces augmentations dans la pression^ on note sur le tracé la position des leviers.
Il résulte une graduation des oscillations du tracé, de telle sorte que chaque degré d'élévation de la courbe cor* respond à une pression manoraétrique connue. Dès lors on peut mesurer à combien de millimètres de mercure équivaut chaque point de la courbe graphique, en prenant avec un compas la hauteur de cette courbe au-dessus de la ligne du zéro, et en portant cette hauteur sur Té* chelle des graduations.
Si Ton veut évaluer par le même procédé les pressions négatives, on construit une échelle de graduation pour tous les degrés d'abaissement du levier au-dessous de la ligne de zéro, en aspirant Pair du flacon qui renferme les sondes, en notant la position des leviers sur le papier, et en mesurant au manomètre chaque degré d^aspiration que Ton produit.
§ 31 . — Mais l'expérience n'est pas aussi simple que nous venons de la décrire. Une complication se présente, elle est due à l'influence de la température élevée des car vités du cœur. L'air contenu dans les sondes se dilate et produit une élévation des leviers, abstraction faite de celle qui tient à la pression du sang. L'appareil se comporte donc comme un véritable thermomètre enregistreur. Cette propriété, qui pourra dans d'autres circonstances être d'une grande utilité, vient ici créer des difficultés, et fait de cette expérience l'une des plus diflBciles de la cardio* graphie.
Pour remédier à cet effet de la dilatation de Tair du cardiographe, il faut, au moment où l'on introduit les sondes, que l'air qu'elles renferment ait été porté à la tem« pérature de 39 degrés mviron , au moyen d'une étuve
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dans laquelle les sondes sont plongées ; il faut aussi que cet air échauffé soit en équilibre de pression avec Tatmosphère (1).
En évaluant au manomètre la pression qui correspond aux différents degrés de la courbe graphique fig. 10, on trouve, pour le maximum de force déployée par chacune des cavités du cœur, les chiffres suivants :
Pour ToreUlette droite 2«»,6
Pour roreillette gaache (^) (2)
Pour le ventricule droit 25""*
Pour le ventricule gauche 4 28
Ce sont les expressions de la force des différentes cavités
(1) Nous ne décrirons pas le manuel opératoire très compliqué qui conduit à ce résultat. Ces détails de l'expérience seront indiqués tout au long dans un autre travail .oii seront relatées les expériences de cardiographie que nous avons faites avec M. Ghauveau.
(2) L'évaluation directe de la force contractile de Toreillette gauche n'est pas possible à l'aide de notre méthode, puisque jusqu'ici nous n'avons pu introduire une ampoule dans cette cavité sans ouvrir la poitrine de l'animal. On peut toutefois se faire une idée approximative de cette force, en mesurant l'effet qu'elle produit dans le tracé du ventricule gauche.
On a vu, en effet, que dans ce tracé du ventricule il se produit, au moment où Toreillette se contracte, une élévation de la pression san* guine, ce qui s'accuse par une élévation correspondante de la courbe graphique. Comme l'oreillette et le ventricule communiquent largement au moment où cet effet se produit, on peut admettre que l'effet de la contraction de l'oreillelie se fait sentir d'une manière à peu près égale dans ces deux cavités.
n s'agit dès lors de mesurer la quantité dont la pression s'est élevée dans le ventricule au moment de la systole auriculaire, pour avoir une idée à peu près exacte de l'énergie de celte systole.
Or, les évaluations manométriques ci-dessus indiquées nous apprennent que la pression dans le ventricule avant la systole de l'oreillette s'était élevée environ à 4 4 '""' par le seul fait de la réplétion des cavités do ccBur. Au moment où Toreillette se contracte, cette pression s'élève
1 0h P&TSIOLOGIE.
du cœur dans un cas particulier. En expérimentant d^une manière comparative sur plusieurs chevaux, nous avons trouvé des chiffres différent. Ainsi, en comparant la force des deux ventricules, l'un d'eux donnait les évaluations suivantes :
:' Ventricale droit 30"""
Ventricule gaacbe 95
Chez un vieux cheval, nous trouvons :
Ventricule droit ÎO""»
Ventricule gauche 1 40
Outre ces variations individuelles du chiffre qui exprime la valeur absolue de la force contractile pour les deux ventricules, on doit remarquer que le rapport d'énergie de ces deux cavités varie également ; toutefois, dans la plupart des cas, il se traduit à peu près par celui de 1 à 8.
environ à 43""; c*est donc 2"" d'augmentation survenus sous linflaence de la systole auriculaire. On doit considérer cette valeur comme correspondant sensiblement à la force de la contraction de Toreillette. Toutefois nous ne donnons cette mesure qu'avec des restrictions, et nous ne sourions en garantir la réalité comme pour la force des autres c^ivités dont nous avons mesuré directement la pression.