‹ Physiologie médicale de la circulation du sangChapitre 23 sur 131 · BRUITS DU COEUR · texte numérisé non relu

BRUITS DU COEUR

Test le premier, mais très analogue par sa nature. Il se produit au moment où les valvules sigmoïdes de Taorte s'abaissent sous la pression du sang qui tend à refluer des artères dans les ventricules, dès que ceux-ci sont relâchés. Il n'y a donc ici rien à changer à la théorie de Rouanet. Ce second bruit a son siège dans deux points bien limités : les valvules sigmoïdes de l'aorte et celles de Tartère pulmonaire; aussi sera-ce en ces points qu'il s'entendra avec son maximum d'intensité. Il s'accompagne d'un ébranlement que le doigt peut sentir lorsque^ sur un animal dont le cœur est à nu, on saisit la base des deux vaisseaux, en face du point où s'insèrent les valvules. Ces preuves pourraient suffire pour établir la cause du deuxième bruit du cœur, mais les physiologistes ont ajouté des démonstrations qui ne permettent aucun doute sur le rôle des valvules sigmoïdes dans la production de ce bruit.

Rouanet adapta un tronçon d'aorte muni de ses valvules sigmoïdes à l'extrémité inférieure d'un tube vertical ; d'autre part, une vessie pleine d'eau était ajustée à la base de ce tronçon aortique au-dessous des valvules. Si l'on comprime la vessie de manière à pousser une colonne de liquide dans le tube, on obtient un claquement sonore, semblable au deuxième bruit du cœur, au moment où la vessie cesse d'être comprimée et où la colonne liquide qui tend à refluer ferme devant elle les valvules.

L'expérience do Rouanet était une démonstration synthétique d'une grande valeur. Il vint bientôt s'y ajouter un nouvel ordre de preuves tirées des vivisections. Le comité des médecins de Londres (1) montra que si l'on

(4) Report o[ the Dublin sub^commitlee (Brilish Associât., 4 835, p. 247).

enipêcho les valvules sigmoïdes do se fermer, on supprime le deuxième bruit du eœur; à eet effet on introduisait à la base de Taorte et de l'artère pulmonaire des aiguilles métalliques au moyen desquelles on tenait les valvules aecolées aux parois de ees vaisseaux. Ces expériences furent reprises depuis par Hope et par Cbauveau et Fai« vre, toujours avec des résultats parfaitement conçois dants.

iDterprétalion des signes fournis par Tauscultalion do cosur à TéUi

physiologiqufi.

§ 85. — Lorsqu'on s*est exercé à entendre et à distinguer, dans tous les cas simples, les deux bruits du coeur, il faut, pour que cette connaissance ait une utilité pratique, qu'elle nous permette de savoir ce qui se passe dans le cœur, (je résultat est atteint du moment où Ton conuatt la cause qui produit le choc et les bruits.

C'est à l'action du ventricule tout seul que se rapportent ces signes. C'est le ventricule qui, en se contractant^ ferme les valvules auriculo • venlriculaires et produit le premier bruit ; c'est lui qui produit le choc par son dur^ cissement subit; c'est au moment où il se rolàche, et per* met au sang artériel de faire cla({uer les valvules aortî* ques et pulmonaires, que se fait le deuxième bruit. Les signes fournis par l'auscultation nous révéleront donc le début de la contraction des ventricules et celui de leur relâchement y mais rien de plus. La réplétion des cavités du cœur est silencieuse dans Tétat normal ; la contraction de l'oreillette l'est également ; nous ne sommes donc en rien renseignés sur les mouvements de l'oreillette, n)ais seulement sur ceux du ventriculCi Ou ne doit rien deniander do plus i\ rauscultutiuih

BRUITS I)C COKUR. 117

Si donc, par la pensée, nous cherohons à nous rendre compte de ce qui se passe dans le ventricule au moment des deux bruits et dans leurs intervalles, nous arrivons à interpréter ainsi la succession des mouvements.

Page 1