‹ Physiologie médicale de la circulation du sangChapitre 25 sur 131 · PULSATION CARDIAQUE · texte numérisé non relu

PULSATION CARDIAQUE

e. L'emploi du schéma montre encore très clairement la signification du grand et du petit silence. Lorsqu'on fait fonctionner cet appareil, on peut donner à la systole du ventricule une durée variable, et l'on voit que la durée du petit silence peut être rendue à volonté plus ou moins longue. Cette expérience fait bien comprendre comment la systole du ventricule est immédiatement précédée par le premier bruit, et immédiatement suivie par le second. Voy. § 85.

/. Enfin 9 comme on devait s'y attendre, les deux bruits produits par les soupapes de l'appareil ont tous deux le même timbre; cela se comprend, puisque tous deux sont produits par la même cause, un claquement valvulaire tout seul. Le premier bruit n'a donc plus son timbre sourd et grave, parce que dans le schéma il ne se produit pas cette tension de parois du ventricule qui donne naissance à la pulsation cardiaque, qui renforce et modifie le son du premier bruit.

B. De la pulsation cardiaque.

Le nom impropre de choc du cœur donné ù la pulsation cardiaque montre bien que, jusqu'à présent, on n'avait saisi dans ce phénomène qu'un mouvement instantané dont la durée indivisible échappe à toute analyse. Ce phénomène n'avait donc pas d'autre valeur que de servir de repère dans Tauscultalion , et de faire distin-

valvales sigmoïdes doivent donc avoir un tout autre rôle que de produire les mouvements de ces valvules. Peui-èlre sont-elles destinées à les tendre plus ou moins. L'utilité des colonnes charnues paraît devoir être du même genre relativement aux valvules auriculo-ventriculaire». Ce sujet peu connu appelle de nouvelles recherches.

guor plus facilomont le premier bruit du cœur d'avec le deuxième (1).

Les expériences cardiographiques nous ont appris déjà que la pulsation cardiaque peut se traduire par un tracé fort riche en détails. L'analyse de ce tracé (voy. § 13) fournit en effet la notion de presque tous les phénomènes qui se passent dans une révolution cardiaque. On y peut voir r instant précis de la contraction dos ventricules et celui de leur relâchement; on voit l'expression de la durée relative de la systole et de la diastole des ventricules, c'està-dire des périodes d'action et de repos de ces cavités. Le même tracé montre encore l'effet de la clôture des valvules auriculo-ventriculaires et sigmoïdes. Il traduit également les changements de volume des ventricules : leur rétrécissement systolique suite de l'expulsion du sang dans les artères, et leur réplétion diastolique dans laquelle se reconnaît l'effet de la contraction de Toreil* lette.

Mais il a fallu une vivisection pour obtenir un tracé aussi complet de la pulsation cardiaque : c'est en introduisant une ampoule élastique dans la paroi de la poitrine qu'on a pu recueillir tous les éléments de cette pulsation avec assez d'exactitude pour que leur tracé renferme tous les détails qu'on voit dans la figure 8. Faut-il doue renoncer à obtenir sur l'homme un tracé analogue? Faut-il

(4) Toutefois, beaucoup de médecins croient pouvoir, d'après la force de la pulsation cardiaque, conclure à l'énergie plus ou moins grande de la systole ventriculaire. Ce dernier point ne nous semble pas admissible, car un grand nombre d'expériences, dont il sera question plus loin, semblent prouver que Fénergie de la pulsation cardiaque peut changer chez un sujet donné sans quo le cœur varie dans Ténergie de sa coo* traction.

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réduire la pulsation cardiaque au rôle de point de repère dans Tauscultation ? Assurément non; car, malgré les difficultés qu*il y a souvent à prendre le tracé de cette pulsation sur l'homme,, on peut, le plus souvent, obtenir une courbe qui fournisse des renseignements importants sur Faction du cœur.

Dès que nous eûmes réussi à construire un sphygmographe qui fournit un tracé exact de la pulsation artérielle (1), nous rappliquâmes à la pointe du cœur, pensant que nous obtiendrions, avec une égale facilité, le tracé de la pulsation cardiaque. Mais par suite de la difficulté de maintenir en place Tinstrument, il est souvent nécessaire de faire plusieurs tentatives avant d'obtenir un tracé à peu près correct. La figure ili représente la courbe de la pulsation cardiaque donnée par notre sphygmographe.

Fig. ià.

Bien que ce tracé soit beaucoup moins parfait que celui qu'on obtient dans les expériences faites sur les animaux, il présente néanmoins un grand intérêt, car il nous fournit les indications suivantes : l"" la durée relative des périodes de contraction et de relâchement des ventricules ; S' il signale la clôture des valvules auriculo-ventriculaires et sigraoïdes (ce qu'il est facile de reconnaître en comparant la figure IA au tracé de la pulsation cardiaque repré* sente figure 8) (2).

(4) l4 descriptiou de cet instrumenl sera donnée dans le chap. VIII.

(2) La raison qui rend ce tracé moins riche en détails qae ceux que nous avons obtenus sur les animaux est précisément la trop grande senaibililé da sphygmographe. Ainsi, un mouvement aussi puissant que la

D*autres procédés sont d'une application plus facile : ainsi le mode de transmission du mouvement au sphygmographe, par le procédé de Buisson, fournit souvent de bons résultats.

Mais, avec cet appareil, deux inconvénients peuvent se présenter. — D*abord, tous les sujets ne se prêtent pas également bien à l'emploi de l'appareil de Buisson; chez ceux qui ont un peu d'embonpoint, on n'obtient qu'un tracé d'une amplitude tellement faible qu'il est à peu près insignifiant. — En outre, si l'instrument n'est pas apfdiqué sur le point où le ventricule est en contact immédiat avec les parois de la poitrine, on obtient un tracé dans lequel tous les éléments de la courbe sont renversés, c'està-dire que le levier de l'instrument s'abaisse quand il devrait s'élever, et s'élève quand il devrait s'abaisser. C'est ce qu'on peut appeler la pulsation négative. Nous allons donner Texplication de ce phénomène.

De la pulsation cardiaque négative.

D'après ce qu'on a vu de la nature de la pulsation cardiaque, on sait déjà qu'un double effet se produit à cha* cune des contractions du ventricule, l*" Le ventricule change de forme et de consistance, ce qui produit la pression excentrique contre les parois thoraciques dans les points où ces parois déformaient la masse ventriculaire :

pulsation cardiaque se traduit sur cet instrument par des oscillations tellement étendues qu*elles sortent des limites du papier qui est destiné à les enregistrer. Nous avons dû, en conséquence, appliquer Tinstmment, non plus sur le point où la pulsation cardiaque atteint son maximum d*intensité, mais un peu en dehors de ce point. Il en est résulté qu'une plus grande épaisseur de parties molles séparait le cœur de rinstruroeot, ce*qui altérait un peu la forme du tracé et en éteignait cwtains détails.

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