S&3 PHYSIOLOGIE
Quant à la durée de la suspensiou des battements du cœur, elle ne nous a paru soumise à aucune règle. Oo pense généralement que dans ces cas un battement du cœur fait défaut; mais, la plupart du temps, la suspensioii est d'une durée inférieure à celle de deux pulsations normales.
On voit aussi, en examinant la figure bk, que, après la suspension des battements, il faut plusieurs systoles régulières pour que la tension ait repris son degré normal» et pour que le tracé reprenne le niveau de la ligne des maxima.
D. Influence que la perméabilité du vaisseau, ou son obstruction mdessons du point observé, exerce sur la force du pouls.
§ 69. — Les changements de la tension artérielle peu* vent àtre produits d'une manière k^calef alors h force de la pulmtion «rt modifiée Mutomint uni te nisseau où s6 produisent oei ohtngemento de tenaioa. Ainsi,
lorsque le sphygmographe est appliqué sur Tartère radiale et qu*on prend le tracé du pouls, si, au milieu de Texpérience, on comprime Tarière radiale au-dessous de Tiustruiiient, c'est-à-dire en aval du poiiil observé par rapport au courant sanguin, on voit qu'immédiatement l'amplitude des pulsations est augmentée, et surtout que le niveau de la ligne d'ensemble s'est élevé. La figure 56 est produite dans ces circonstances (1).
Fig. oG.
(4 ) La physique nous rend très bien compte de ce qui s'est paiiê dans ce cas. On sait que, lorsqu'un courant liquide coule à travers on conduit, avec une certaine vitesse, si un obsUcle subit arrête rôcottW-
FORGB DU POULS. 3&S
E. Inftaence de la nature da mouvement expansif d'une artère sur l'intensité de la sensation tactile fournie par le pouls.
§ 70. — Nous avons à signaler ici une singulière illusion du toucher : elle consiste à nous faire trouver une pulsation d'autant plus forte qu'elle s'accomplit plus brusqaemrat. L'eniptoi du sphjfgmographe nous permet d'éviteroBtta erreur/en nous donnant .une méiittre exacte
de la forcé du pouls d'après le degré auquel lé levier est soulevé à chaque battement du vaisseau.
Lorsqu'au moyen de notre instrument on enregistre le pouls de certains sujets, on est étonné fort souvent de voir des pulsations que le doigt pouvait à peine sentir, se traduire par des tracés d'une amplitude énorme, tandis que des pulsations que le toucher sentait assez nettement ont fourni des tracés d'une amplitude peu considérable.
Les deux Ggures 57 et 58 nous fournissent deux types de ces genres opposés de pulsations. La figure 57 rcpré-
Fig. 57.
sente le pouls d'un sujet chez lequel le doigt appliqué sur
ment, toute la force vive qui était acquise par cette vitesse se iransfonne immédiatement en pression latérale. C'est sur ce principe qu*est basée la construction du bélier hydraulique. — La môme chose arrive par rapport au mouvement du sang dans une arlèro : si l'on vient à em- 4)êcber le courant de se faire au-dessous du sphygmographe, ta vile:: se perdue par le liquide se transforme en pression latérale : or, coni:no le poola est produit par cette pression même, il est augmenté dans sa Torce au toucher, et l'amplitude du tracé est augmentée pareiliemeai.
Inutile d*ajouler que, sur le schéma, le même phénomène se produil, suivant que Técoulement a lieu par le tube auquel le sphyginogrjpho c^t adapté, ou qu'on empêche cet écoulement par une pression exercée en aval de l'inatrumeut.
l'artère ne percevait aucune pulsation. Ce tracé est pris dans un cas d'embolie ayant oblitéré l'artère humérale : le pouls se produisait alors par le retour du sang dans le vaisseau à travers les anastomoses collatérales. — La Cgure58 est recueillie dans un cas de péricardite aûguë;
Fig. 58.
bien que la pulsation eût peu d amplitude, elle donnait au doigt la sensation d'un battement très neL
La forme si différente de ces deux pulsations rend compte de Pillusion qui faisait paraître si faible Texpansion de l'artère chez le premier malade. Nous disons que ce phénomène lient à une illusion du toucher, car il fallait bien que le pouls du premier malade eût une force réelle pour soulever aussi haut le levier de l'appareil. Ce genre d'illusion se retrouve, du reste, relativement à toute sorte de sensations. On peut poser en principe que tout changement d'intensité d'un phénomène quelconque est d'autant plus nettement perçu par nos sens qu'il est plus brusque. On en pourrait citer un grand nombre d'exemples. Ainsi, qu'une lumière augmente ou diminue graduellement d'intensité, nous nous en apercevons à peine; nous sommes, au contraire, très vivement et très péniblement impressionnés par les variations brusques, comme il s'en produit quelquefois dans la flamme du gaz. — Uo son qui passe graduellement d'une tonalité à une autre no nous permet pas de saisir aussi facilement la différence de ton, que s'il se produit une transition brusque d'une note à une autre, etc.
Le nombre des cas dans lesquels la diminution de la
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force du pouls perçu par le toucher tient à la lenteur de l'expansion des vaisseaux est considérable. Les anciens auteurs, qui avaient désigné celte forme du pouls sous le nom de pouls lent^ avaient signalé qu'elle s'accompagne en général de faiblesse de la pulsation. Nous retrouverons souvent cette forme importante du pouls dans la suite, et particulièrement lorsque nous traiterons des affections du cœur, des anévrysmes des artères et des embolies.
La force avec laquelle le ressort du sphygmographe presse sur le pouls influe beaucoup sur Tamplitude de la pulsation. Il arrive dans ces cas ce qu'on observe si souvent dans rexpjoration du pouls par le toucher : certains sujets ont le pouls dépressible^ c'est-à-dire que le vaisseau s'aplatit sous une pression trop forte. — C'est pour cette raison que nous avons adapté au ressort du sphygmographe une vis de réglage {p\ fig. 24), qui permet d'exercer sur Tarière une pression plus ou moins forte. Lors donc qu'on enregistre le pouls d'un sujet, il faut, par le tâtonnement, chercher quelle est la pression qui donne au pouls son amplitude maximum. — Â égal volume du vaisseau, c*est l'état de la tension artérielle qui règle la pression qu'on devra donner au ressort. S'il faut une grande pression pour donner au pouls son amplitude maximum, c'est que la tension est forte ; s'il faut une faible pression, cela prouve que la tension artérielle est peu élevée.