DU COEUR
AltëralioD des orifices artériels du cœur. Orifice aortique,
a. Rétrécissement. — Reproduction schématique de cette lésion da cœur, avec le bruit de souffle auquel elle donne naissance, et les caractères qu*elle imprime au pouls artériel. — Caractères particuliers du bruit de souffle dans le rétrécissement aortique. — Forme du pouls dans cette affection.
b. Insuffisance aortique. — Du bruit de souffle diastolique dans cette affection. — Changements qui se produisent dans le mouvement du sang. — Expérience : insuffisance aortique produite sur un cheval. Tracé graphique de la pression ventriculaire et du pouls aortique. — Caractère de la pulsation cardiaque. — Caractère du pouls artériel.
c. Affection de Torifice aortique avec complications.
4<^ Rétrécissement avec insuffisance. — Double souffle à la base du cœur ; il n'est pas toujours une preuve de rétrécissement avec insuffisance aortique. — Caractères graphiques du pouls lorsqu'il y a rétrécissement avec insuffisance.
2® Insuffisance aortique avec altération sénile des vaisseaux. -*• Forme du pouls dans cette affection.
3® Insuffisance aortique avec anévrysme de Taorte. — Relation de ces deux lésions l'une avec l'autre ; expériences. — Caractères du pouls dans ces conditions.
Orifice et valvules de Varlère pulmonaire, — Rareté des lésions de cet orifice. — Caractères sur lesquels on base leur diagnostic. — Signes négatifs du côté de la forme du pouls.
§ i9(i. — L auscultation et la percussion sont les deux principaux éléments de diagnostic à Taide desquels on détermine aujourd'hui le siège et la nature des lésions organiques (lu cœur. Ces deux moyens se prêtent un mutuel
secours, et il ne viendrait à l'esprit de personne de se borner exclusivement à Tun d'eux ; négliger Taulre, ce serait se priver inutilement d'un secours précieux. Mais, comme dans bien des cas les renseignements que nous fournissent la percussion et Fauscultatiou sont encore insuffisants pour établir le diagnostic, il nous semble qu'un troisième ordre de signes physiques ajouté aux précédents devra être d'une grande utilité. C'est à ce titre que nous présentons l'emploi du sphygmographe, concorremmeut avec tous les autres moyens de diagnostic actuellement en usage. Depuis longtemps, l'observation da pouls joue un rôle important dans le diagnostic des maladies du cœur; mais cette observation, telle qu'on la fait avec le doigt tout seul, est nécessairement très imparfaite. Nous ne tenterons pas même de démontrer cette vérité: le lecteur a déjà pu se convaincre de l'insuffisance da toucher, par la multiplicité des formes du pouls dont nous avons déjà présenté les tracés graphiques.
Nous essayerons d'indiquer dans leur ensemble les signes qui se rapportent aux principales espèces de maladies du cœur, en commençant par les cas les plus simples. Quelquefois nous exposerons le diagnostic de certains cas particuliers en montrant comment tel signe isolé pouvait induire en erreur, et comment l'observation d'un autre signe a rectifié le premier diagnostic porté.
Les généralités que nous avons présentées, dans les chapitres précédents, sur les bruits de souffle et les conditions dans lesquelles ils se produisent, nous permettront de passer rapidement sur les conditions qui leur donnent naissance dans les maladies du cœur; nous insisterons seulement sur les caractères dislinctifs que ces bruits otrrenl dans chaque espèce de lésion.
SIGNES PHYSIQUES DANS LES MALADIES DU COEUR. l\99
Les altérations des orifices du cœur nous occuperont en premier lieu, d'abord celles qui sont les plus simples, puis la combinaison de deux ou plusieurs lésions portant sur le même orifice ou sur des orifices différents. Ensuite viendront les altérations du cœur lui-même ou de ses enveloppes, et les affections qui peuvent simuler l'exislence d'une maladie du cœur. — Pour qu'une étude du pouls dans les affections cardiaques soit assez complète et présente toute la valeur dont elle est susceptible, il faudrait un nombre considérable d'observations, et surtout il serait indispensable d'avoir vérifié par Texamen cadavérique tous les diagnostics portés. Un pareil résultat ne peut être obtenu qu'au bout d'un temps très long et ne saurait être l'œuvre d'un observateur isolé. Quelques cliniciens français et étrangers se sont déjà occupés de ces recherches, et nous aurons à utiliser leurs travaux. Si nous ne pouvons aujourd'hui présenter qu'un tableau incomplet des formes du pouls dans les différentes lésions cardiaques, on verra que certains types, du moins, corres* pondent à des affections bien définies, et que, dans bien des cas, la forme graphique de la pulsation a suffi pour rectifier un diagnostic quand tous les autres signes tendaient à induire en erreur.
On nous a vu souvent, au lit du malade, porter le dia« gnoslic d'une affection cardiaque d*après la forme du tracé toute seule. Dans un grand nombre de cas, il est assez facile de reconnaître ainsi la nature de la maladie; mais, nous le répétons, jamais nous n'avons prétendu proposer un pareil procédé. L*auscullation, la percussion, tous les signes, quels qu'ils soient, doivent être utilisés et servir à contrôler les indications du sphygmographe. Ainsi, chaque fois que nous avons porto un diagnostic
avant d'ausculter le malade, nous avous voulu seulement prouver que la forme du pouls présente à elle seule une grande valeur.
Un autre signe qui devra paiement présenter de grands avantages, sera d'enregistrer directement la forme de la pulsation cardiaque dans les cas de maladie du cœur, et même dans un grand nombre d'autres affections. On a vu (flg. 8) que cette pulsation présente dans sa forme l'indication de presque tous les mouvements des Tentricules ; elle devra donc indiquer également tous les troubles que la lésion cardiaque amène dans ces mouvements. Nous avons pu nous en convaincre, dans plusieurs cas, par l'application du sphygmographe au niveau de la pointe du cœur. Malheureusement cette application de Tinstm* ment est assez difiBcile ; mais nous espérons, avec certains changements dans sa construction, triompher de cette difficulté.
Des traités nombreux ont été publiés sur le diagnostic des maladies du cœur; assurément, nous n'avons pas la prétention de donner en quelques chapitres un exposé complet de ces diagnostics difficiles. L'esquisse rapide que nous allons présenter n'a d'autre but que de faire voir combien la certitude du diagnostic peut être augmentée, si Ton ajoute un nouveau signe à ceux que Tod possédait déjà. On nous pardonnera donc d'exposer rapidement les principales découvertes des cliniciens et d'insister spécialement sur les caractères tirés de la forme graphique du pouls.
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