AFFECTIONS DE L ORIFICE MITKAL
propagent dans les vaisseaux du cou ; il en est de même pour les souffles de chlorose et d'anémie. Le souffle sy^ tolique de rinsufBsance mitrale, en môme temps qu'il siège à la pointe du cœur, ne se propage pas dans les vaisseaux. — Pour les souffles diastoliques qui peuvent avoir leur siège, soit à Torifice aortique, soit à ToriGce mitral, c'est surtout leur caractère propre qui les distingue l'un de l'autre. L'insufflsance aortique produit un souffle doux, prolongé, en général dépourvu de frémissement cataire (i). Le souffle de rétrécissement mitral présente d'ordinaire des renforcements saccadés qui le font ressembler au bruit de la râpe. La main placée sur la région précordiale perçoit alors un frémissement trèsprononcé.
Quant au souffle prèsystolique, ce qui le rend difficile à constater, c'est qu'il est presque toujours très- faible et très-bref, et qu'il est le plus souvent suivi d'un souffle systolique tenant à ce que l'insufflsance de la valvule mitrale se môle d'ordinaire à son rétrécissement. •
Dans cet exposé rapide des principaux caractères des souffles qui tiennent à une lésion mitrale, nous avons supposé les cas les plus simples, ceux dans lesquels le caractère du bruit est le plus tranché. Mais tous les praticiens savent combien, dans certains cas, le diagnostic est obscur, et combien, par exemple, un rétrécissement mitral dont le souffle n'est pas rugueux est facile à confondre avec une insuffisance aortique. D'autre part, quand un rétrécissement aortique présente un maximum
(4) Quelquefois le souffle de Tinsuffisance aortique présenle un deuxième maximum d'intensité au niveau de la pointe du cœur. Il faut être prévenu de ce caractère du bruit qui pourrait faire croire à un rétrécissement mitral.
d'intensité à la pointe du cœur (voy. § 199), comment décider qu'il n'existe pas en même temps une insuffisance mitrale ? Dans tous ces cas obscurs, la forme graphique du pouls peut rendre de grands services; elle suffit souvent, ainsi qu'on va le voir, pour lever toute hésitation sur le siège de la lésion.
Caractères du pouls dans Tinsuffisance milrale.
§217. — Le pouls, dans l'insuffisance mitrale, est presque toujours irrégulier. Il semble que plus Tinsuffisance est pure, c'est-à-dire dégagée de rétrécissement, plus aussi l'irrégularité est grande (1). (le ne sont plus ici des variations périodiques dans les intervalles du pouls, ainsi que cela s'observe si souvent dans l'altération sénile des artères; c'est une irrégularité complète qui ne semble soumise à aucune règle (2).
En même temps, l'amplitude du pouls diminue; il est souvent impossible au toucher de saisir certaines pulsations, tant elles sont faibles. De temps en temps une pulsation plus forte se fait sentir; il semblerait qu'un repxs absolu du cœur ait existé entre deux pulsations sensibles au toucher, mais l'auscultation montre bien qu'une série de petites systoles se sont effectuées dans c^t inter^•alle. \a's plus petites pulsations |)résentent ordinairement un
(1) Certains malades chez, lesquels on n'entendait qu'un souffle systolique d'insuffisance mitrale, et dont le pouls était régulier, ont p^é^enlé à Tautopsie une insuffisance avec un dep:ré très prononce^ do rétréci*- ^ amen t.
(2) Il nous a semblé que, dans certains cas, le rhylhme de la resfMralion influe sur le retour des irrégularités du pouls dans l'insuffisance mitrale. Ce point aurait besoin d'être vérifié par des expériences (ian> lesquelles on enregistrerait à la fois le pouls et la respiration pcmiatt un temps assez long.