‹ Physiologie normale et pathologique du pancréasChapitre 18 sur 68 · AUTO-DIGESTION DU PANCRÉAS · texte numérisé non relu

AUTO-DIGESTION DU PANCRÉAS

râlement que la rapide altération du pancréas sur le cadavre est la conséquence d’une auto-digestion de la glande. Cependant, à ce point de vue, on relève facilement certaines contradictions entre les observateurs. Ainsi Küline, dans ses e.xpériences de digestions artificielles, spécifie bien que la glande elle-même était dissoute par la trypsine. Par contre, Duclaux, en prélevant sur un animal en digestion un morceau de pancréas avec des instruments stérilisés, a vu que le fragment glandulaire ne diminuait pas et ne se digérait pas lui-même dans le liquide de digestion artificielle additionné d’un antiseptique ; pour lui, l’auto-digestion du pancréas dépendrait fréquemment de l’intervention des microorganismes. D’après Chiari, l’auto digestion du pancréas pourrait même, dans certains cas, se produire pendant la vie ; elle amènerait des foyers de nécrose de l’organe accompagnés d’une pancréatite interstitielle chronique.

B. CONDITIONS DIVERSES INFLUANT SUR L’ACTIVITÉ DES ENZYMES PANCRÉATIQUES.

Sous ce titre, nous envisagerons quelques-unes des conditions physiques, chimiques et physio-

DIGESTION PANCRÉATIQUE

logiques qui morlifient, dans un sens ou dans l’aulre, l’aclivilé des ferments du pancréas.

1. Action de la chaleur. — On sait, par les recherches de Salkowski, que le ferment protéolytique à l’état parfaitement sec peut être chaulfé jusqu’à 160° G., pendant des heures, sans perdre ses propriétés spéciliques sur les albuminoïdes ; ainsi, soumise à ces conditions, la trypsine forme, aussi rapidement qu’auparavant, de la leucine et de la tyrosine aux dépens de la fibrine. La trypsine sèche, d’après Al. Schmidt, n’est détruite qu’à 170°. De même, la pepsine supporte sans dommage une température de 110“, et l’amylopsine résiste à 120-125® G. Par contre, à l’état dissous, les macérations pancréatiques perdent complètement leurs propriétés ferraentaires à une température qui ne dépasse guère 60®. Lorsqu’on chauffe graduellement une préparation de digestion artificielle, on peut constater que l’énergie de l’action fermentaire s’accroît progressivement avec la température jusqu’à un certain degré qui représente le point optimum d’action pour un ferment donné, puis décroît et finit par être abolie à la température de destruction du ferment. Mais, en réalité, il est difficile d’établir rigoureusement les limites de ces températures, car elles varient avec un cer-

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