Invertébrés. — Iloppe-Seyler (187G
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expérimentant avec le liquide que l’on trouve normalement dans l’estomac de l’écrevisse reconnut quece suc de réaction faiblement acide, non muqueux, avait une action fermentaire énergique, mais complètement différente de celle de la pepsine. Il dissolvait rapidement les flocons de fibrine à la température ordinaire (et, en quelques minutes, à 4o°) sans les gonfler. Cette digestion était empêchée par l’addition de quelques gouttes d’IlCl à 0,2 ®/o- Ces laits indiquaient donc une analogie d’action avec la trypsine. Le suc stomacal contenait, en outre, de l’amylase et un ferment saponifiant les graisses. Or ce suc ne provient pas des parois de l’estomac, dont l’intérieur est recouvert d’une couche de chitine brillante et lisse ne sécrétant aucun liquide ; mais bien du foie qui est formé par deux glandes tubuleuses de couleur jaune brun, remplissant en grande partie le thorax et déversant leur produit de sécrétion dans l’estomac. L’extrait aqueux ou glycériné de ces glandes montrait une complète conformité d’action avec le suc stomacal. 11 résulte de là que la glande appelée foie, en anatomie comparée, chez l’écrevisse, n’est pas, au point de vue fonctionnel, un véritable foie (son tissu ne renferme d’ailleurs ni acides, ni pigments biliaires et seu-
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lement des traces de glycogène) ; c’est plutôt un pancréas ; on peut lui donner le nom à'hépatopancréas.
Cette découverte de Hoppe-Seyler a été le point de départ de toute une série de recherches sur la digestion chez les invertébrés : chez les insectes et les araîchnides (Plateau, Jousset, Krukenherg) et chez les mollusques (L. Fredericq, Krukenberg, Bourquelot).Chez tous, on a trouvé que le pseudo-foie sécrète un liquide qui a les propriétés digestives du suc pancréatique. Mais relativement à la nature de l’enzyme protéolytique, on n’est pas encore très bien fixé. Krukenberg, contrairement à Iloppe-Seyler, observa que l’extrait de foie de l’écrevisse, comme aussi de la blatte ou du poulpe, digère les albuminoïdes aussi bien en milieu acide que neutre ou alcalin; cela indique, d’après lui, qu’il renferme un mélange de pepsine et de trypsine. Mais la coexistence de ces deux ferments dans un môme liquide est assez difficile à admettre, quand on sait que l’un détruit l’autre. Il se pourrait plutôt que le ferment protéolytique de l’hépato- [lancréas fut une trypsine spéciale.
Chez les écbinodermes et les vers (L. Fredericq) et les célentérés (Krukenberg), le ferment protéolytique extrait de leurs tissus ou de leurs
H«dom — Pliysiologio normale et [latlioloçiquo du Pancréui 7
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cæcums digestifs, a aussi les caractères d’une trypsine.
2. Vertébrés. — Les vertébrés ont un pancréas différencié distinct du foie. Cependant, chez certains poissons, le pancréas manque en tant qu’organe distinct, et le foie en lient lieu, comme chez les invertébrés. Ainsi chez la carpe l’extrait de foie possède la triple propriété fermentaire du suc pancréatique sur les albuminoïdes, les féculents et les graisses. L’étude histologique montre, du reste, que chez certaines espèces de poissons, le pancréas se fusionne avec le foie de manière à former un organe qui mérite bien le nom d’hépato-pancréas. Déjà, dès 1827, Weber considérait le foie de la carpe comme un complexe de pancréas et de foie, et supposait que cet organe est pourvu d’une double série de canaux évacuateurs : les uns pour la bile, les autres, pour un autre suc. Malgré l’opposition que CL Bernard fit à celle conception, elle a été trouvée exacte, et Legouis a montré qu’elle doit être acceptée sans réserve : chez la carpe, les tissus du foie et du jiancréas sont mêlés : le tissu pancréatique pénètre à travers la substance du foie « comme les racines d’un arbre pénètrent dans le sol ». Toutefois beaucoup de poissons ont un pancréas différen-
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cié, et Cl. Bernard s’est assuré que l’extrait de cet organe saccharifie les féculents et dédouble les graisses. De plus, ces animaux possèdent, outre le pancréas, des organes particuliers appelés appendices pyloriques qui, chez certaines espèces, sécrètent un liquide ayant une ou plusieurs propriétés du suc pancréatique.
Chez les oiseaux, le pancréas a les mômes propriétés que chez les mammifères. LangendorIT qui pratiqua des fistules pancréatiques chez le pigeon, observa que le suc sécrété est alcalin, et qu’il dédouble énergiquement les graisses. Par contre, Klug, chez l’oie, trouva le suc faiblement acide (de môme que le tissu de la glande) et dépourvu de l’action saponifiante.
Chez tous les mammifères, les enzymes pancréatiques sont de môme nature, mais leur activité est plus ou moins grande suivant les espèces. Floresco trouva le pancréas de porc plus riche en trypsine et diastase que le pancréas de bœuf, et celui-ci plus riche que le pancréas de mouton ; le pancréas de chien aussi riche en trypsine, mais un peu plus pauvre eu diastase que le pancréas de porc; l’activité des extraiis sur la gélatine était la plus forte chez le chien, très faible chez le mouton et moyenne chez le porc et le bœuf.
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Harris et Gow ont recherché les ferments amylolytique, protéolytique, lipolytique et hib dans le pancréas des animaux mammifères les plus divers, morts^ en général, de maladie au jardin zoologique de Londres (lion, ours, léopard, phoque, tatou, cerf, etc.). D’après leurs résultats, c’est le ferment tryptique qui est de beaucoup le plus répandu et, au second rang, le lab ; puis vient le ferment saccharifiant et enfin le ferment des graisses. Chez les carnassiers (léopard, ocelot, serval), il n’y aurait ni amylopsine, ni lab, mais une trypsine très active.