‹ Physiologie normale et pathologique du pancréasChapitre 23 sur 68 · CHAPITRE VJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE VJ

si5:crétion pancréatique, innervation

Les phénomènes sécrétoires que présente le pancréas ont été surtout étudiés par Heidenhain, et, dans ces derniers temps, l’analyse en a été poussée très loin par l’École de St-Pétersbourg : Pavvlow et ses élèves, Walther, Wassiliew, Mett, Popielski, Dolinski, Becker entre autres.

A. PROCESSUS SÉCRÉTOIRE

1. Modifications de la glande pendant la sécrétion. — Comme beaucoup d’autres glandes, le pancréas montre une suractivité de sa circulation sanguine pendant son fonctionnement. Son tissu devient rouge pendant les digestions, tandis que, dans leur intervalle, à l’état de repos, il est relativement anémié et gris pèle. Dans les capillaires dilatés, de même que dans les veines, la pression sanguine augmente et le pouls devient appréciable (Cl. Bernard). La filtration de l’eau se trouve ainsi favorisée; toutefois la près-

SÉCRÉTION PANCRÉATIQUE

sion dans les canaux excréteurs mesurée par un manomclre appliqué au canal de Wirsung, ne s’élève pas très haut : elle atteint 219-22D millimètres d’eau chez le lapin (Henry et Wollheiin) valeur qui est à peu près celle de la pression excrétoire de la bile. La sécrétion continue d’ailleurs à se faire sous cette pression, mais le liquide est alors résorbé à mesure qu’il est produit, et la glande s’œdématie.

Les modifications histologiques des cellules sécrétantes ont été découvertes par Ileidenhain. Dans une première période de la digestion s’étendant jusqu’à la 6-io“ heure, on voit la zone granuleuse interne (qui, à l’état de repos ne se colore pas par le carmin ou l’hématoxyline) devenir trouble et colorable, ]>uis diminuer de volume jusqu’à disparaître complèlernenl, tandis que la zone externe et colorable augmente d’étendue et s’empare de toute la cellule. L’accroissement de la zone externe ne progresse pas toutefois aussi vite que la disparition de la zone interne, de telle sorte que les cellules et, avec elles, tout l’acinus se rapetissent. Le noyau devient arrondi et [lourvu de corpuscules nucléaires très nets. Dans une deuxième période de la digestion, 10-20 heures après le repas, on trouve que les acini et les cellules sécrétantes

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ont augmenté de nouveau de volume. La zone interne granuleuse s’étend maintenant à presque toute la cellule, tandis que la zone externe homogène ne forme plus qu’une bordure étroite qui n’est guère plus épaisse que dans l’état de jeûne. Les noyaux sont devenus, pour la plupart, aplatis et anguleux. Ainsi la cellule sécrétante subit à ses deux pôles des modifications de sens contraires; pendant le repos, elle accumule, à son pôle apical, le matériel de sécrétion (grains de zymogène) formé par l’activité du protoplasma de la zone basale, puis, pendant le fonctionnement, elle déverse son produit de sécrétion dans la cavité de l’acinus, et la zone des grains disparaît. La période dite de repos est donc, en réalité, celle du travail sécrétoire de la cellule, et la période dite d’activité ne comprend que te travail de désintégration et d’excrétion cellulaires. Ces modifications histologiques de l'acinus pancréatique ont été aussi observées directement au microscope chez le lapin vivant par Kübne et Lea.

2. Cours de la sécrétion. — La sécrétion pancréatique ne présente pas le même type chez les lierbivoreset les carnivores ; chez les premiers, elle paraît être plus ou moins continue, tandis que, chez les seconds, elle est intermittente et en rapport manifeste avec l’arrivée des aliments

PROCESSUS SÉCRÉTOIRE

dans le tube digestif. Chez des chiens poui’vus d’une fistule permanente par sou procédé, Heidenhain trouva que le cours de la sécrétion était le suivant : nulle avant le repas, la sécrétion commence immédiatement après et s’élève plus ou moins rapidement à un maximum qui est atteint vers la troisième heure. Puis la courbe s’abaisse jusqu’à la S-j” heure et présente une seconde élévation à la 9-11® heure. Ce second maximum n’atteint jamais la hauteur du premier. Enfin la sécrétion diminue lentement dans les dernières heures (^). Pour ce qui concerne la teneur du suc pancréatique en matériaux solides, Heidenhain trouva que, en général, elle varie en sens inverse de la rapidité de la sécrétion, Le suc sécrété au début et à la fin d'une digestion, a les caractères assignés par Cl. Bernard au suc normal; dans la période intermédiaire, sa composition se rapproche de celle du suc des fistules permanentes. Une glande normale peut donc fournir aussi bien un suc très coagulable

(I) Bernstein qui a étudié aussi le cours de la sécrétion chez les animaux jiorteurs d’une fistule permanente (par le procédé de Weinmann), observa aussi deux maxima : l’un à la a-S® heure après le repas, l’autre à la (j-70 heure; et raj>porta le premier k la digestion stomacale, le second au passage des aliments dans l’intestin.

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qu’un suc faiblement coagulable. Dans certaines circonstances cependant, on peut observer que la ricbesse en matériaux solides croît en même temps que la rapidité de la sécrétion.

3. Adaptation de la sécrétion. — Les recherches de Ileidenhain étaient incomplètes en ce qu’elles laissaient sans solution la question de savoir s’il existe un rapport entre la quantité et les qualités du suc sécrété, et la quantité et la nature des substances alimentaires. Celte lacune a été comblée par les travaux de Pawlow et de son école. Pour les glandes de l’estomac, Chigin montra qu’elles proportionnent leur travail sécrétoire, en quantité et en qualité, au travail digestif à eiïectuer. La même démonstration fut faite par Waltber pour le travail du pancréas, chez des chiens munis d’une fistule permanente par le procédé de Pawlow (décrit précédemment p. 20).

La quantité de suc pancréatique sécrétée dépend de la quantité des aliments ingérés et de leur nature. Ainsi, dans les expériences de Waltber, pour une ingestion de 6oo cc. de lait, il était sécrété 48 ce. ; pour 260 gr. de pain, i5i cc. ; pour 100 gr. de viande, i44 ce. de suc pancréatique(les masses alimentaires àcomparer étant équiv'alenles en azote). I^es variations ho-

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