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expériences d'Héger et des perles de verre dans celles de Le Play, Corpechot et les nôtres,
Héger, par la méthode des écrans fluoroscopiques, a constaté qu'il se produit très rapidement après l’injection une augmentation de volume du tissu épiploïque, augmentation très localisée, qu'il considère comme résultant du dépôt d'un exsudat fibrineux. Mais c’est aux travaux de Buxton et Torrey (1) que l’on doit l'explication de cette adhérence, Dans la série de leurs études sur l'absorption dans la cavité péritonéale, ces auteurs ont montré l'importance de la fibrine dans ce travail localisateur.
L’injection intra-péritonéale provoque tout d'abord une coagulation de la lymphe indépendante de toute phagocytose, La fibrine englobe les corps étrangers qu'ils soient ou non phagocytés et les leucocytes et forme ainsi des agglutinats qui seront ensuite balayés par le grand épiploon. ;
Cette fibrine doit être considérée comme un processus de défense. «C'est une barrière opposée à la pénétration « des microbes et des toxines ; c'est parfois un renforce- « ment des tissus qui empêche leur destruction sous l’in- « fluence des causes pathologiques ». (Roger) (2).
Gilbert et Fournier ont. bien montré que la fibrine remplit un rôle protecteur d’une importance considérable. |
Quoiqu'il en soit de ce rôle spécial de la fibrine, si
(4) Buxron et Torrey, loc. cit.
(2) Rocer. Maladies infectieuses, I. I, page 279.
on ouvre l'animal après injection de substances inertes ou de bacilles, on les trouve fixés à Ja surface de l'épiploon les uns libres dans la couche de fibrine déposée à la surface de la séreuse, les autres déjà englobés par les macrophages, mais tandis que dans le cas de particules inertes les macrophages ont un rôle primordial, c'est aux polynucléaires qu'est dévolu le rôle actif dans le cas des bacilles. Ainsi donc production de fibrine. Phagocytose. Englobement dans la substance fibrineuse des corps étrangers et des leucocytes, balayage par l'épiploon, telle est la suite des phénomènes observés. C'est alors que se produit la réaction leucocytaire qui se traduit par une hyperleucocytose succédant à la leucopénie du début si les microbes doivent être détruits. On la voit apparaitre de la quatrième à la sixième heure qui suit l'injection, elle atteint son maximum entre la seizième et la vingtième heure ; c'est une polynucléose éosinophile, mais dont les éléments se distinguent toutefois des vrais éosinophiles, par ce fait que leurs granulations sont moins volumineuses et prennent l’éosine avec une bien moindre intensité. Ce sont les microrycytes de Durham et de Buxton et Torrey.
Les microxycytes s'attaquent aux agolutinats et peuvent, leur tâche terminée, ou se transformer en cellules fixes ou achever leur migration hors de la séreuse, Ainsi, comme pour les particules inertes les macrophages jouent un rôle important dans la phagocytose, néanmoins le macrophage ne peut efficacement intervenir vis-à-vis des microbes qu'autant qu'il y a une considérable réaction de microxyeytes *,
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L'épiploon joue donc, par la propriété qu'il a de se déplacer et d'effectuer un balayage de la cavité péritonéale, un rôle important dans la défense de la séreuse contre les corps étrangers et l'infection.
Des expériences prouvent que ce rôle est actif et lui appartient en propre : Lors de la dernière communication de P.et F. Heger (1), à l'Académie Royale de Belgique, Heymans émettait l'opinion que le diaphragme et le péritoine pariétal peuvent eux aussi exercer une action d'attraction semblable à celle de l’épiploon et absorber les poudres et les corps étrangers qui font irruption dans la cavité abdominale. P. et F. Héger affirment, d'après leurs expériences que ce rôle de localisation appartient en propre à l'épiploon. « L'épiploon seul, peut réaliser la* localisation des poudres injectées ». Une expérience déjà ancienne de Roger est, en ce qui concerne les microorga-
nismes et partant la défense péritonéule, très concluante à cet égard. S
Roger (2) extirpe l'épiploon chez des lapins et des cobayes ; plus tard, un mois ou deux après cette opération, il injecte dans la cavité abdominale quelques gouttes d'une culture peu virulente de staphylocoque doré: la mortsurvient au bout de vingt-quatre heures en moyÿenne, deuxoutrois jours au maximum, Des témoins de mème poids auxquels, pour se mettre dans des condi-
(1) Hecer. Fonctions de l'épiploon. Académie royale de médecine de Belgique, 24 avril 1909. à (2) Rocer. Rôle protecteur de l'épiploon. Soc. biologie, 19 février 1898.
tions identiques, on a pratiqué au préalable une laparotomie simple, reçoivent la même quantité de culture ; tous survivent. Il ressort dé cette expérience que la membrane doit jouer un rôle dans la destruction des microorganismes, car l'extirpation a laissé une quantité de séreuse suffisante, la défense leucocytaire du reste de la cavité ne paraît pas devoir être influencée par elle, enfin la longue période écoulée entre l'opération et l’injection suffit à éliminer toute cause traumatique, L'ablation de l'épiploon « diminue donc considérablement la résistance du péritoine » (Roger).Toutefois ce méme auteur ajoute « qu'elle ne la supprime pas d’une façon complète. » La preuve en réside dans l'expérience suivante.
« Le 14 Juillet 1897, on extirpe l’épiploon à un lapin de 1.600 grammes et on fait une laparotomie à un témoin pesant également 1.600 gr.
Le 27 Juillet, le premier pèse 1,695 grammes ; on lui injecte 1 centimètre cube d'une culture de staphylocoque doré : le témoin qui pèse 1.780 grammes, reçoit 1 emc. 5 de la même culture. |
Le 4 août l'animal sans épiploon pèse 1.610 grammes, et reçoit 1 eme. 6 de culture ; letémoin pèse 1.710 grammes et reçoit 2 cmc.
Le 10 août, le premier pèse 1.395 grammes, et reçoit encore 1 cme. 5, ainsi que le témoin qui pèse 1.490 grammes.
Le 26 août, l'animal sans épiploon paraît malade ; il pèse 1.240 grammes, le poil est terne, la démerche pénible. Le témoin pèse 1.850 grammes et paraît bien portant: il reçoit 1 emc. 5 de culture, ce qui fait au total G cmc. ÿ; et ne paraît nullement incommodé de cette nouvelle inoculation.
L'autre lapin, qui n’a reçu que 4 cme. 1, succombe le 98
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. août, et l’autopsie révèle, dans le péritoine, la présence de masses caséeuses, au nombre de cinq ou six, occupant le mésentère et les restes de l’épiploon et renfermant le staphylocoque doré. Le témoin quiest toujours bien portant, estsacrifié quatre jours plus tard ; son péritoine semble normal etles ensemencements démontrent l’absence du staphylocoque».
Ces faits cadrent singulièrement avec une observation clinique de Habart (4), cet auteur aurait vu survenir un amaigrissement considérable chez un homme auquel il avait extirpé une portion énorme d'épiploon.
Célos (2) qui rapporte cette observation signale un cas analogue de Bassini. — Nous n'oserions conclure à la similitude de l'observation expérimentale et clinique mais, il convient de signaler cependant que les résections épiploïques considérables au coursd'inter ventions chirurgicales, s'accompagnent fréquemment de troubles divers parfois assez graves.
Célos. dans sa thèse en rapporte plusieurs observations, et attribue à cette résection une part dans la généralisation rapide de l'infection herniaire de l'étranglement « in- « fection, ajoute-t-il, qui se traduit par la broncho-pneu- « monie, que nous avons vue assez souvent dans les « suites de hernie étranglée opérée avec résection épi- « ploïque. » L'ictère serait aussi fréquent.
Friedreich (3) en a observé 3 cas. — Cet auteur, vou-
lant élucider cette question, constata après résection épi-
(1) Hasarr. Semaine médicale, 1901.
(2) Cecos. Thèse Paris, 1902, page 218 et suiv. (3) Friepreicx. 29° Congrès 4 chirurgie. Berlin, avril 1900.
Fabre. 3.
ploïque chez l'animal (cobaye et lapin) des hémorrhagies et ulcérations gastriques, Von Eiselsberg (1) dans deux cas de cure radicale de hernie observa des lésions semblables.
D'autres causes ont dû vraisemblablement intervenir dans ces expériences, ainsi que dans celles de Engelhardt et Neck (2).
Mais il n’en reste pas moins avéré que la plus grande fréquence des accidents dans ces cas, plaide singulièrement en faveur de l'importance du repli séreux.
Tout démontre donc que, Le rôle protecteur de l’épiploon, pour ne pas être exelusif est néanmoins prépondérant. D'ailleurs ne voit-on pas, lorsque les chances d'infection péritonéale deviennent plus rares avec l’âge, l'épiploon s'infiltrer de graisse et ‘abandonner ainsi une part de son activité, Nous pouvons donc conclure avec Roger qu'il fait partie « de la triple barrière défensive « contre les microbes exaltés dans le tube digestif : s'ils « tendent à traverser les parois intestinales, ils trouve- « ront de nombreuses productions Iymphoïdes qui entra- «veront leur marche. S'ils triomphent de cette première Cbarrière, ils pourront s'engager dans les chylifères ; « mais ils seront alors arrêtés par les ganglions mésen- « tériques ; s'ils s'engagent dans la veine porte, ils trou- « veront le foie qui peut les fixer ct les faire périr: enfin, € S'ils traversent les parois intestinales, comme ils ten-
« dent à le faire, surtout chez les jeunes enfants, ils
(4) Von EiseLsperG. 28° Congrès chirurgie Allemande. Avril 1899. (2) ENGELHaRDT et Neck. — Deutsche Zeitschr. für chir.1901. -
ou
« seront rapidement détruits dans le péritoine, dont « l’action protectrice dépend, pour une notable part du « grand épiploon ».