‹ Physiologie Pathologique de l'ÉpiploonChapitre 20 sur 25 · DD · texte numérisé non relu

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Ce pouvoir plastique avait déjà aussi été utilisé depuis longtemps pour combler les plaies de différents viscères, En 1829, Jobert pratiquait déjà des greffes épiploïques pour oblitérer des plaies de l'intestin ; ce procédé abandonné ensuite a été repris plus récemment à la suite de l'observation de Braun (1) (oblitération par l'épiploon d'un ulcère perforé de l'estomac) Lœwy (2) en 4901 montrait le parti que les chirurgiens pouvaient tirer de l’épiploon, pour oblitérez diverses plaies, arrêter des hémorragies consécutives à une plaie profonde du foie, fermer une incision gastrique. Dans un casen particulier ce résultat fonctionnel avait un grand intérêt : il s'agissait d’une plaie circulaire de l'intestin résultant d’une résection annulaire, qui se cicatrisa rapidement, après une suture grossière, grâce à l'adhérence d'un lambeau d’épiploon,

On a montré expérimentalement qu'après perte de substance de certains viscères ou de canaux comme l'uretère ou la trompe utérine, l'épiploon vient recouvrir la brèche, adhérer à ses bords et servir de soutien à l'épithélium de nouvelle formation. C'est à Cornil et Carnot que l'on doit une étude précise de ces phénomè-

(1) BRaN. Oblitération par l’épiploon d’un ulcère perforé de l'estomac. Centralblatt. f. chir., 1897, 10 juillet.

(2) Lœwy. Thèse Paris, 1901.

Tr

nes ; leurs résultats expérimentaux cadrent absolument

avec ce que nous apprend la clinique journalière. Les expériences de Cornil et Carnot (1) ont porté sur

des canaux et des cavités. En ce qui concerne la régéné-

ration des canaux, les auteurs se sont servis de l’ure-

tère et de la trompe, leurs expériences ont été faites sur des chiens, L'uretère incisé longitudinalement — après ligature au catgut au-dessus de l'incision — est réparé dès les premières heures « par coagulation du sang « épanché, le caillot adhère solidement aux lèvres de la « plaie, et le plus souvent au dehors au grand épiploon. « Cette réparation est bien fragile encore, (dèsles pre- « mières heures) mais elle est complète et si l’on exa- « mine le résultat fonctionnel obtenu, en poussant à « faible pression une injection par le bout supérieur de l’uretère, on voit que le canal est à nouveau perméable « et sans fuites ». Au bout de quelques jours on ne voit, le plus souvent, comme trace de la réparation, qu'une adhérence linéaire de l’épiploon. Certains chirurgiens se basant sur ce fait que cette réparation s'effectue très rapidement et sans rétrécissement, cessent de suturer au cours d'interventions portant sur l'uretère et le canal cholédoque.,

Sur la trompe incisée longitudinalement, les résultats

sont semblables : les lèvres de la plaie ayant été éver-

sées en dehors et maintenues par un point de suture, ces auteurs ont constaté le plus souvent que l’épiploon

(4) Corniz et CarNor. Réparation des canaux et cavités. — Archives Médecine expérimentale, 1897-1898 et Presse médicale, 12 octobre 1898.

Voir surtout l'excellente monographie de Carnot. — Les régénérations d'organes dans les Aciualités médicales. Paris, Baillère, 1899.

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