‹ Physiologie Pathologique de l'ÉpiploonChapitre 21 sur 25 · ONE · texte numérisé non relu

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fait corps avec les lèvres par adhérence fibrineuse, et complète la cavité sans s'unir au reste de la muqueuse : les feuillets de l’épiploon s'épaississent rapidement et sont très vite recouverts par l'épithélium,

En ce qui concerne les cavités, les expériences ont porté sur la vessie et la vésicule biliaire. « Pour la vessie, « nous avons isolé (1) par une ligature sous-muqueuse « au catgut, un pôle supérieur que nous avons largement « incisé ; le caillot fibrineux d’une part, le grand épi- « ploon d'autre part, constituent de suite une charpente « provisoire, sur laquelle se reproduit l’épithélium.. . « La charpente provisoire devient d'autre part rapide- « ment définitive et se consolide par orSanisation du « tissu conjonctif, Lorsqu'on éverse la muqueuse en « dehors et qu'on la fixe par quelques points de suture, « l'épiploon adhère circulairement et reforme le dôme « volumineux ». En bourrant une plaie vésicale avec le grand épiploon maintenu par quelques points de suture, ces auteurs ont constaté que la cavité ainsi complétée se recouvrait rapidement d'’épithélium ; de même en rendant l'épiploon adhérent à la vessie, puis en séparant huil jours après le dôme vésical, ils ont constaté que celui-ci se complète et forme dans quelques cas «une poche plus ou moins kystique flottante dans l’abdomen ».

En somme ces réparations s'effectuent suivant deux processus :

Dans le premier par formation initiale d'un caillot fibrineux englobant dans ses mailles un certain nombre

(1) CaRNoT — in Régénération d'organes. (Voir page 52).

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de leucocytes et d'hématies. Ce caillot adhérent à la fois aux lèvres de la plaie et à l’épiploon s'organise en néomembrane, et reconstitue ainsi la cavité.

Dans le second cas, le caillot fibrineux ne se ferme pas, l'épiploon étalé sur la perte de substance sur les bords de laquelle il est « jeté comme un pont » adhère à la surface de section ; et servira de substratum à l’épithélium.

Dans tous les cas on constate histologiquement au niveau de la plaie un accolement et une fusion des divers feuillets épiploïques, avec remplacement par une prolifération conjonctive des paquets adipeux.

Ce rôle plastique dans la réparation des canaux et cavités fait prévoir le secours précieux que l’épiploon pourra être pour l'organisme, en servant de barrière à l'infection locale, Nous l'avons vu déjà se porter très rapidement vers les microorganismes, il se porte de même au devant des foyers inflammatoires, les exemples cliniques de ce fait sont innombrables. Il semble donc qu'il existe toujours un rapport étroit entre la situation de la séreuse et l'état de la cavité péritonéale. Milian qui a relevé la situation de l'épiploon dans un certain nombre d'autopsies a constaté qu'il vient « se baigner « dans le liquide nutritif, au milieu des bactéries » quand leur virulence est faible et qu’il peut en faire sa proie ; que, au contraire il s'éloigne des liquides septiques. Dans ce dernier cas «il se retranche dans les régions « supérieures et peut, loin des parties déclives, déverser « sa pluie leucocytaire sans risque pour sa sécurité « per-

sonnelle » c’est ainsi que cet auteur l'a trouvé remonté vers le diaphragme dans les infections localisées à la cavité thoracique — {péricardite purulente à pneumocoques, tuberculose pulmonaire sans lésions intestinales, pneumonie à la période d'hépatisation grise des deux lobes supérieurs du Poumon droit, pneumonie grise du sommet,tuberculose pulmonaire) — ou intéressant l'étage Supérieur de la cavité abdominale — (cancer du foie secondaire à un cancer de l'estomac, deux cas de cancer du pylore, tuberculose hépatique).

Il était étalé au devant de la masse intestinale dans les infections générales, ou dans les maladies à déterminations intestinales (œædème aigu du poumon chez un alcoolique. Endocardite infectieuse, : tuberculose pulmonaire avec ulcérations inteslinales, anévrysme de l'aorte descendante rompu dans la plèvre, œdème du poumon avec bronchite asthmatique, insolation, hémorragie cérébrale, pneumonie caséeuse des deux bases, endocardite infectieuse, fièvre typhoïde, apoplexie pulmonaire),

En somme en présence d'un processus relativement lent lorsqu'il a le temps de contracter des adhérences avant que les substances septiques fassent irruption dans l'abdomen, on le voit venir au contact de l'organe lésé. Cest ainsi qu'il enkyste les poches purulentes et s’accole à la paroi des organes creux qui vont être le siège d'une perforation, et évite ainsi la diffusion de l'infection à la

grande séreuse et l'irruption de liquides septiques dans sa cavité.

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Dans la plupart des inflammations de l'étage supérieur de la cavité abdominale, ou des maladies chroniques pouvant provoquer la rupture d'un viscère ou d'une poche à contenu septique dans les diverses affections du foie, abcès, kystes hydatiques, cholécystites ; dans celles de l'estomac : uleère simple et cancer, gastrites ulcéreuses, dans les lésions inflammatoires de la rate, souvent même dans les cas de collections purulentes thoraciques. (pleurales ou pulmonaires) pouvant se déverser secondairement dans la cavité péritonéale par effraction du diaphragme, il joue fréquemment un rôle localisateur par ses adhérences avec les viscères lésés. |

L'observation expérimentale de Pinois, citée dans le travail de Milian est, par la petitesse de la lésion, un exemple frappant de la sensibilité de l'épiploon à la réaction, etest à cet égard fort instructive :

« Un cobaye avait été inoculé, cinq jours auparavant, « dans la glande sous-maxillaire avec une dose massive « de culture virulente de bacille tuberculeux. En fai- « sant l’autopsie de ce cobaye tué, nous examinons l’état « de l'épiploon et nous trouvons celui-ci remonté sous « le foie, auquel il adhère par son extrémité inférieure. « Surpris de cette adhérence, nous regardons de plus près « etnous voyons qu’elle siège au niveau d'un petit tu- « bercule du volume d'une tête d'épingle faisant saillie « sous la capsule de Glisson. Le reste de la face inférieur

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