MÉCANISME DE LA MOBILITÉ EPIPLOIQUE
Etendue des mouvements, sens différents. « Intelligence des mouvements ». La réfection des canaux et cavités. — Le mouvement n’est pas actif. Il n’y a pas d’éléments contractiles dans l’'épiploon. — On pourrait à la rigueur admettre une reptation du protoplasma à la façon de certains champignons. Mobilité d'emprunt. Influence des contractures de la paroi et du péristaltisme intestinal. — Expériencè de Milian. — Rôle du diaphragme. Rapports entre les mouvements de l’épiploon, et la fréquence et l’amplitude des mouvements respiratoires. Expériences d'Héger. — Insuffisance de cette explication pour la direction des mouvements, et la localisation de la séreuse en un point lésé. Rôle de la secrétion agglutinante. Conclusions.
Il est indéniable que l'épiploon exécute dans la cavité abdominale des mouvements d'une étendue parfois considérable soit pour recueillir les particules solides, les corps étrangers introduits dans l'abdomen, soit en vue d'exercer une action plastique en présence d'inflammations viscérales localisées, ou vis-à-vis d'organes lésés, Il isole les plaies inflammatoires, les collections purulentes, les ulcérations, il Joue un rôle important dans la réparation des canaux et des cavités, Voyons par
quel mécanisme ces mouvements sont süsceptibles de s'effectuer ?
Il faut d’abord reconnaître que dans ces processus, les lois ordinaires de la statique n’ont rien à voir, car sion peut jusqu’à un certain point admettre une action de contraction de la paroi abdominale, ou des mouvements péristaltiques de l'intestin, les faits d'épiploon remontant en haut vers le diaphragme dans le cas de lésions de l'étage supérieur de l'abdomen ou du thorax, comme dans le cas de Morentin cité par Milian, ne ressortissent pas d’une telle explication. IL faudrait donc admettre que ces mouvements ne sont pas passifs, mais que l'épiploon joue un rèle actif, susceptible même de s'exercer avec une sorte « d'intelligence » suivant l'expression méme de Cornil. Mais le repli séreux, étanttotalement dépourvu de fibres musculaires et de tout élément contractile, on ne peut interprèter sa mobilité que comme le résultat d'une « reptation » de la masse protoplasmique ellemème, par un mécanisme analogue à celui qui préside aux mouvements de certains organismes unicellulaires, les nostocs par exemple, (Milian) ou comme une mobilité d'emprunt, et ici ne peuvent intervenir que trois facteurs : les contractions de la paroi abdominale, les mouvements péristaltiques de l'intestin ou les contractions du diaphragme.
En compulsant les diverses expériences faites en vue d'élucider ce mécanisme, et celles en particulier faites sur l'animal dont l'épiploon a été largement découvert par incision de la paroi, nous voyons que les auteurs ont tous constaté une immobilité complète de la séreuse,