SAS
Milian (1) opérant sur le cobaye endormi à l'éther trouve à l'ouverture de l'abdomen l'épiploon rétracté au voisinage du foie. Nous constaterons en passant que telle est la position que nous lui avons vu occuper le plus fréquemment au cours de nos expériences. « Examiné « pendant cinq minutes, l'animal étant couché sur «le dos, la membrane ne subit pas le moindre « déplacement. L'arrosage de celle-ci avec une culture « de charbon virulent ne provoqua pas non plus le moin- « dre mouvement, même après étalement artificiel et « malgré un examen d'un quart d'heure ». Mais il faut reconnaître avec l'auteur que c'est se placer là dans de très mauvaises conditions d'expérience, par suite de la Suppression de la séreuse humide qui double la paroi, et de l’immobilisation de la masse gastro-intestinale que l'on observe toujours en semblable circonstance : on ne saurait donc conclure de là ni dans un sens ni dans Pautre.
Des expériences plus précises ont été faites par Héger, (2), en 1904 et tout récemment encore avec l'écran fluoroscopique, Cet auteur constate qu'il suffit d’une toute petite incision, même d'une simple piqûre pour provoquer aussitôt chez le chien non anesthésié une accélération très marquée des mouvements respiratoires. « Or dès que les mouvements respiratoires s'accélèrent, l'épiploon est refoulé et fait hernie par la plaie », Il y a
(4) Mira. Loco-cilaio.
(2) HécGer. Comptes rendus de la Société des sciences médicales de Bruxelles, 4 janvier 190%. Archives Internationales de Physiologie, 1904. Académie royale de médecine de Belgique. 24 avril 4909. -
OU ueS
donc une étroite relation entre la respiration et les mouvements de l’épiploon, puisque d’autre part il est impossible dans ces conditions de maintenir la réduction per-manente de la membrane tant que le rythme respiratoire nest pas redevenu normal. Ce premier point établi, Héger a montré que l'explication du phénomène réside dans l'accélération des mouvements du diaphragme. Toute irritation péritonéale, piqûre, injection de corps étrangers, active des mouvements et mobilise secondairement l’épiploon.
D'ailleurs, les mouvements de l'épiploon s'effectuent avec une énergie d'autant plus grande que l'irritation péritonéale est elle-même plus active ; il suffit pour s’en convaincre de se rapporter à l'expérience XI du mémoire d'Héger, où on voitque l'injection dans le péritoine de deux grammes de limaille de fer. amène, outre une déchirure de l’épiploon, une désinsertion de la membrane au niveau de l'estomac. On juge par là de la force avec laquelle les mouvements se produisent.
En supprimant les contractions du diaphragme par curarisation ou anesthésie avec la morphine, l’auteur ne constate plus de hernie épiploïque, que le rythme respiratoire soit lent ou rapide. Et il conclut de ses expériences que la mobilité de l’épiploon se rattache aux mouvements du diaphragme, l'estomac et le péristaltisme intestinal n’intervenant que secondairement. Ajoutons de plus qu’indépendamment des mouvements imprimés à la séreuse par la contraction du diaphragme, ce muscle est susceptible lui-même, par les modifications qu'il apporte dans l'abdomen, de mobiliser par ses seules contractions
Die
des corps de faible volume, et d’absorber les poudres qui font irruption dans la cavité péritonéale.
Nous concluerons donc de tout ceci : L'épiploon est susceptible d'effectuer des mouvements, parfois très étendus dans la cavité abdominale,
Cette mobilité paraît être sous la dépendance des contractions du diaphragme dont on voit les mouvements s'accélérer par excitation, souvent minime, de la séreuse péritonéale. ù
L'action de l'estomac etde l'intestin, celle de la paroi abdominale envisagée isolément, ne paraissent qu'accessoires ou tout au moins secondaires à la contraction diaphragmatique.
Toutefois, ce mécanisme quoique paraissant indéniable, n'explique qu'imparfaitement « la sorte d'intelligence » avec laquelle s'effectuent ces mouvements, en particulier dans les cas de réfection des cavités.