‹ Physiologie v.3, 1895Chapitre 131 sur 151 · Celle loi mt évideole pour le testicule, par exemple · texte numérisé non relu

Celle loi mt évideole pour le testicule, par exemple

2. Nous cilerons en particuliôr : M. Scïïipf^ Veher die Pundion dêf Mili {Schw. Zetischr. ffirwissench, Medicin., 1862) ; — A. Heslieh « Influence do 1* rate sur la digestion n {Hfvue scien(ifi(fw\ Paris^ 25 ïiov. 1882) ; — A. Hkkzen, Uefj^r den Einftwsî der MHz auf die Bildung efe* Tt^psins [P/lùger's Archiva 1883, t, XXX, p, 293-307); — A» Hbrzbn, « lUte cl Pancréas m {Semaine médicait^ 1887, p. 324).

J, GARVALLO !^T V. PACHON,

fusion de pancréas d'un chien a jeun nous avait plus spécialement encore confirmés dans cette opinion. C'était» du reste, la manière de voir de Corvisart et Mkis^nkr, qui, dit M. ITeii- ZEN, avaient « di^montré que le suc et rinfusion pancréatiques ne digèrent les albumines que si Ton prend la glande on son produit pendant le cWm^/t de la dig:eslion » (A* Herzkn, Semaine mrdûa/p^ lH87t p. 324). Et il nous semblait qne M, Herzeh acceptait, de son côté, cette manière de voir en parlant, au cours du même article, quelques lignes plus loin, des « infusions pancréatiques inavtives^ que Ton obtient on prenant le pancréas sur des animaux normaux à jeun ou sur des animaux privés de rate » [Stmi, méd,, 1887. p. 3!â4). Mais, en réalité, Topinion exacte de M. Uebzkn était loin d*èlre aussi absa* lue. Si le savant professeur de Lausanne parlait d'infusions pancréatiques inactivesy c'était là un terme générique, destiné à relier un groupe d'infusions pancréatiques, par opposition à un autre groupe d'infusions dites aciives^ bien plutôt qu'une expression qui dut être prise au pied de la lettre. C'est là ce qui ressort nettement de la note critique que M. A. Herzen a consacrée à nos premières expériences, quand il conclut sur « les infusions re/ativenteHl iiiactives de pancréas d'animaux normaux a jeun et d'animaux dératés en pleine digestion* »>.

Dés lors, tout le monde était d'accord, et M. Schifp, dont Topinion dans cette question paraît solidaire de celle de M. flEitzKN, et M, Hi::nzbN, pour penser ce que nous avions écrit dans le premier article qui avait soulevé la polémique, savoir ; que les infusions du pancréas d'animaux à jeun étaient « capables de digérer de la librine » [Buii. Soc, Biol., 1893, p. 644).

Et M, Dastre, qui avait communiqué, en même temps que nous% des faits relatifs à la puissance digestivc des macéra-

1. A. ÎÎERZÊN, « RatA et Pancréas m. UuH, Soc, de Biol,, 1893» p, 827; Id» h Le jciiae» le pancréas fit la rate » {Arckwrs de phtjsiùtwjie^ <894, p. 17^),

2. A. Dastre» " Pi»rmciU8 du pancréas ; leur indi^pendancti physiologique* » {BulL Sùc. d€ BioL, 1893, p. 65i}.

se

tioiis pancréatiqiK^s h joun relativement aux albuminoïdes, joignait à ce concert iinaniiiie d'opinion.

Un premier fait bien établi ressort donc de la discussion. savoir : le pouvoir digestif vis-à-vis des alburainoïdes des infusion?^ du pancréas d'animaux h jeun. Un tel fait paraît» de prime abord, assez simple à élucider, et il semble difficile qu*il puisse y avoir un seul moment la plus légère discussion à son sujet. Sans doute, et c'est à sa siraplieité relative, en même temps qu'à la hante bienveillance de M, lo professeur IIeuzex, à laquelle nous tenons à rendre humblement hommage, que le <iébat a du d'être court et tranché — privilège rare — à la satisfaction de tous. Mais, si la discussion a pu exister, c'est que dans les expériences de digestion artificielle par la méthode d'FiHKnLK, surlout dans celles qui ont trait au pancréas iexpériences où les auteurs varient beaucoup dans la manière d'opérer), il est un élément qui exerce la plus grande influence sur les résultats de la digestion el sur lequel les expérimentateurs ne s'expriment peut-être pas toujours assez explicitement.

Cet élément est constitué par la nature du liquide qui sert à préparer, dans chaque expérience, l'infusion pancréatique devant servir à un essai de digestion artificielle. Dans la discussionVevient^ à chaque instant, le terme ^infusion pancréatique » ou « macération pancréatique » ; mais, le plus souvent, on ne sait de quelle nature est l'infusion ou la macération. Et c'est pourtant là un renseignement d'une importance absolue à connaître, si Ton veut s'entendre. La différence est grande, en eftet, entre les résultats fournis, tant au point de vue de la rapidité que de la quantité de la digestion par une infusion fjhjcrrirpie pure, une infusion glyeéro-aqueust^ une infusion fflf/rrro-acidc, une infusion aqunisc-acide, etc., d'un même pancréas. Il existe, par exemple, des infusions pancréatiques réellement et absolument inactives : ce sont Iça infusions des paucrém frais (c'est-à-dire pris sur l'animal vi^-ant) dans la glycérine concentrée et pure. De toiles infusions gly-

J. CARVALLn El V. PACHON,

cérîques pures de pancréas frais sont alors aussi bien înac* tives, qu'il s'agisse d'iinîmaux à jeun ou (J'animaux eu digesliou. C*e5t, du reste, celle inaciiviLé de Tiofusion glycérîque pore du pancréas frais, si bien étudiée dans le mémoire fondamenlal de IIkidemiaiis [Pflûijers Arc/tiv, 1875) qui,oppasée à ractivitéde Tinfusion glycérîque pure du pancréas mort et exposé à Fair plusieurs heures, a permis à ce physiologiste d^établîr Texistence du proferment pancréatique ou zymogène '. Mais que Fou prépare une infusion glycérique qui contienne quelques gouttes d*eau^ dès lors on ne rencontrera plus dlnfusîons înaclives proprement dites, même avec un pancréas frais, et même s'il appartient à un animal dont on eût épuisé pendant la vie tout le ferment parfait disponible par un repus préparatoire — comme recommandent de le faire ScHiKF et IIebzex. C'est que, sous rinlluence de celte minime cause, et de cette cause très banale» constituée par quelques gouttes d'eau, h^ principes dit/esiifs qui se trouvaient tlaus la glaude à Tétat de profermrttts inactifs auront été transformés en ferments parfaits. El on assistera il ce fait d'apparence paradoxale, pourtant 1res réel, d'une glande, qui pùt été impuissante, in vivo, et dans un moment donné, à digérer ime parcelle de iibrine (parce qu'elle ne contenait que des proferments) donnant une infusion active in vitro (parce que Feau de Finfusion aura transformé le proferment inactif en ferment actif). C'est dans ces conditions qu*il devient facile fFentre' voir nettement ta limite exacte de ce qu'on est en droit de demander — au point de vue des données physiologiques absolument exactes — aux expériences de digestion artili-

1, L'înterpr*ftation de Heiobwbaik D*e»t pas acluellenient inaltaqïiablc. On sait aujourdliui h pouvoir lUgestif de microbes. 0\* il jKHU'i-Ait f-icn se faire que, drins rcxpéricnce de HKitiKNHAiN, la digesliorit que l'on a coutmne d'attribuer au fait de la .Lraiisroniiatiun â\\ iymogènc en trypaiiie au contaci de Tair, ne soit qno l'uîurre de microbes déposés vHUr le pancréas, pend an t suii exposition k Vixïv libre» Mais dea eipérience» que nous avons eritr^priscsi avec lea précautioiiB antiseptique^^ eiîgce», nous ont ronlirrnéR, pour ootre part, dans rexiatenc43 du proterment pancréaliquo, tel que Ta con^u Heidenhain,

DIGESTION PANCHÉATIQIJE DA^iS LE JEUNE. 439

cielle par la méthode d'EiîEft le, c'est-àHlire di^s infusions d'organes digestifs. Et celte limite se restreindra encore, si Ton songe que — en dehors de toute intluence spéciale lenani au ferment lui-mèrae — la rapiffîtéei la ffuantUé de la digestion varieront non seulement avec la nctlun* du tif|uide de Tinfusion, mais encore avec la </ww' du lomps de macéralioo el avec le degré fTaicalinisaiion qu'on donnera à Finfusion, an moment de la mise à Féluve à 37"-40^, quand il s'agira de digestion pancréatique *.

En résumé, il faut bien se persuader, au début de tout essai in viiro d'une infusion d'organe digestif quelconque, que tout ce qui va se passer n*esi pas uniquement fonction du f^rmeni, mais dépend aussi du milieu où on le fait évoluer. On ne voit que le ferment, on attribue lout ii la quantité du forment; il faut songer aussi au milieu. Il en est des ferments solubles digestifs comme des ferments organisés pathogènes ; ils ne fon t pas tout: le ii terrain ^> aide ou s'oppose à leur évolution.

Donc, s'il s agit de résoudre» par exemple, la question de physiologie générale glandulaire que nous noUs sommes posée au début du précédent mémoire, la métbode des infusions pancréatiques sera parfaitement capable de nous donner une solution exacte. Car l^expérimenlation nous montrera que les infusions glycéro-aqueuses, glycéro-acides du pancréas frais d^animaux à jeun, sont, après alcalinisation convenable, capables de digérer de la iibrine* à Tétuve à 37'*-40^ El ainsi sera démontré ce fait intéressant que, si la sécrétion extracellulaire du suc digestif de la glande est intermittente, le travail de production ititra-rellnlaire des principes digestifs est continu.

Que si, maintenant, désireux de pénétrer plus avant les

I. M. Dastre ftt de son cÔtt^, aUiré 1* attention des eicpérîmentateuFa sur ]*iafluence du dv^vé d'alcalinisation do la. liqueur dans rêvijJutioQ d'une digestion pancr^tiqtio artificielle {BulL Sn€. de BitiL, I893,t p. 818). C'est là nna nnlion trèi importante, qui doit entrer en ligne de compte, dans Ia coiapiiraison dca résnUats obtenus.

J, flARVALLH ET \\ PACHON.

rapports du jeune et de l'activité digestivt? du pancréas» Ton

se préoccupe de déterminer sous quel iHat /ferment ou profermenl) se trouvent les principes digeslifs accumulés clans la glande à jeun, la mélhode des infusions paucrc^atiques devienl absolument impuissante à résoudre la question: impuissante, parce que le pro forment pancréatique se transformant en ferment cléfinilif sous la plus banale influence in vitro, on serait exposé nécessairement h rapporter à Inexistence préalable d*une plus ou moins gninde quantité de Ferment dans la glande ce qui pourrait n'être dû, en réalité, qu'à une transformation plus ou moins rapide du proferment en ferment, pendant le temps d'infusion pancréatique et sons riollnence de celte infusion. Dans le cas d'une infusion active, on ne pourra donc jamais affirmer avec certitude que la glande contenait dans rintérieur de ses cellules soit déjà du ferment, soit seulement du proferment', lît, pour ce qui a trait à la qrrestiou du jeûne, qui nous intéresse icL il y a bien des probabilités, san^ doute, pour que le pancréas à jeun ne contienne que du proferment, — comme le pense M, Hkrzen: — mais les essais de digestion in vitro, par la méthode des infusions de bi glande pancréatique, ne permeitent pas de transformer ces probabilités en affirmation.

!. On voit aussi le peu dr secoiirs quf vit«nt apporter, dans lu circomiunoo, à la solution doliL(|iiiéstioti IjipruLnjue du repaa prt^fpftratoîre que r(*com.mîiiideill ScniFF ti Hfrzkk. Quelque copieux repus prép:iraUiire que l'on ail fait prendre, diin-i le but dY^puiser tout le ferment préalablement exisiaJil, à nn chien qui est âacritlé 24 heures* iipràa cl donl le pancréas sert à préparer nne infusion glycéroaqueuse ou glyct^ro-acide, il n'en restera pus moins ce iloute, en pré;encc de l'activité de l'infusion (akalinisée évideinnieni au moment de la mise à réluve) - ** La glande cootcnait-rlle du ferim^nt parfait (trypsine) ou seulement dtt profernient devenu actif par sa transformât ion en ferment shjus l'intliience de l'eau ou de Tacide de Tinfusion 1 m — Ce n est que dans les cipéricûces do digestion in vivo, chcifi les animaux à fistule ^^anirique, par exemple, que 1« repas préparatoire dû MM. ScBii'F et HKRriîN acquiert (ouïe son importance. Dans ce raa, ces aaranta ont abaolunient raison de l'i ni poser, connue pr^li tu inaire indijupensahle, k toute expérience ayant pour but de mesurer ta quantité de proferment transformée en ferment, en un temps donné* sous certaines influences (étude des peptogèaes, par exemple. — Ou peut lire, du reste, k ce sqjet, 1*3 livre si intéressant et si judicieux de M. Hkiizbn sur la Digestion ^iomacaie, Lausanne, J886.

L'insuffisance de la méthode des infusions pancréatiques n'est pas moins grande pour résoudre la question de Tinfluence de Textirpation de la rate sur le pouvoir digestif du pancréas vis-à-vis des albuminoïdes.

On sait quel est le rôle pancréatogène attribué par Schjff et A. Hërzkn à la rate. Tout d'abord Schiff avait pensé que la rate prenait une part directe à la formation des matériaux qui, dans le pancréas, devenaient principes digestifs. Mais, à la suite des faits établis par IIridenhain (1873) de la présence du zymofjène dans le pancréas, on dehors des périodes de fonctionnement actif de la rate (correspondant à son état congestif, pendant la digestion), TlKRziiiN dut modifier la conception primitive de Scuiff. Cotte nouvollo théorie, acceptée par SciiiFF, croyons-nous, poutso résumer ainsi : la rate produit une substance (probablement de la nature des ferments) qui, transportée par la circulation dans la glande pancréatique, y provoque la transfonnation du pro ferment pancréatique [zymogène) en ferment dé finUif itrypsinc). La production de trypsine reste ainsi fonction de l'activité splénique, comme dans la première conception de Schiff; le mode d'influence de la rate sur le pouvoir digestif du pancréas se trouve seul changé*.

Pour juger de la valeur de cotte doctrine, la question ne se limite plus désormais à savoir si le pancréas de Tanimal privé de rate renferme des principes susceptibles de devenir ferment tryplique, sous les influences extérieures, in vitro. Ce pancréas pris sur un chien dératé, en pleine digestion, ne contient-il exclusivement que du zymogèneet lui est-il impossible de renfermer de la trypsine? Tel est le point à décider.

Quand parurent nos expériences sur l'activité digestive dos infusions du pancréas d'animaux à jeun et dératés, M. Derzen avait pensé que nous nous posions en adversaires

1. Cf. A. Heuzbn, Revue Scientifique. 25 novemltre 1882. — Une modification analogue a êtj également apportée par IIkrzen «î la doctrine primitive des peptogènes de Scuikf. (A. Herzen, la Digestion stomacale ^ 1 vol. Lausanne, 1886.)

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