J, NARVAL LO ET V. PACHON
déciai'és de sa doctrine et avait cru devoir rappeler les expériences qui lui faisaient maintenir sa manière de voir*.
En réalité, telle n^élait pas notre pensée. Nos expériences n'avaient ou qu'on but : démontrer Fcxistence de principes digestifs dans le pancréas dt-s animaux à jeun, et, par conséquent, la ctmiimiiié du iravail glandulaire. Ce qu'elles établissaient, en outre, c'est que chez les animaux dératés (depuis plusieurs mois) ces principes existaient dans le pancréas, tout comme chez les animaux normaux* .Mais ces principes se trouvaient-ils exclusivement en totalité h Tétat de proferment, ou existaient-ils, pour une part, à letat de ferment? Nous avons dit comment la métliode des infusions pancréatiques était incapable de résoudre, d'une manière certaine, semblable queslion. Or, cest là ce qu'il nous eût fallu connaître pour émettre une opinion. Nous n'avons donc rien dit au sujel du rnle pancréatogène de la rate, et aujourd'hui encore, notre opinion reste absolument réservée.
Sans doute, il est possible du ju^i'v approj i/aativement de la richesse relative en proferment ou ferment d'une infusion par la rapidité initiale de la digestion à Fétuve, Encore que cettr' rapidité puisse tenir, nous l'avons vu, non seulement à l'état plus ou moins parfait du ferment, mais aussi à la qualité du milieu (nature du liquide de rintusion, durée de la macération, degré d'alcalinité de Tinfusion). Mais la question du rôle pancréatogène de la rate est une question de principe, une question de doctrine. Pour en décider la valeur, ce sont des données strictement rigoureuses, qu'il est indispensable de posséder. Or, toute la question se résumant à savoir si le pancréas des animaux dératés est capable de produire et par conséquent renferme du ferment parfait (trypsine), toutes les expériences de digestion artilicielle par la méthode des infusions de pancréas seront impuissantes à décider définitivement de son exactitude.
1, Uuil. Soc, deBiol., 189:*, p. SilJ.
Les diverses expériences de M. Herzen, très variées et excessivement intéressant os en tant que faits parfaitement établis, peuvent, sans doute, recevoir V interprétation que sait fort habilement en faire ressortir le savant professeur de Lausanne. Mais de toutes ces expériences il est fort loin d'en résulter une certitude absol,ue du rôle pancréatogène de la rate; certitude que Ton est eu droit d'exiger, surtout quand il s*agit d'une doctrine qui peut devenir le point de départ d'autres découvertes. Car, si elle était établie d'une façon absolument certaine, il serait bien légitime de chercher à déterminer entre d'autres organes des rapports analogues à ceux qui unissent la rate et le pancréas. Ne serait-il pas légitime de penser que le cas de ces deux organes n'est pas isolé?
Aussi bien, si l'on a le droit de demander des signes de certitude, sans se contenter en pareille matière de signes de probabilité, c*est qu'il nous parait matériellement possible, pensons-nous, de résoudre le problème. Et voici quel est, à notre sens, Y experimentum crticis :
Soit un animal, un chien par exemple, auquel aura été pratiquée l'ablation de l'estomac. Ce chien, complètement rétabli, c'esl-à-dire au moment où il pourra supporter une nourriture solide^ reçoit une ration déterminée de viande et de pain. Comme l'animal n'a plus d'estomac, la digestion des albuminoides de son alimentation sera donc exclusivement opérée par le pancréas, f^ettc digestion, on le sait, depuis CzERNY (1878), se fait Irc^s bien chez un tel animal. Après quelques mois d'observation, que Ton extirpe la rate à ce chien sans estomac. La digestion des albuminoides dès lors, si la doctrine pancréatogène de la rate est vraie, ne pourra plus avoir lieu, puisque le pancréas sera devenu incapable, par absence de la substance splénique, de transformer son proferment protéolytique — inactif — en ferment tryptique, et le chien devra périr lentement de cachexie, comme un animal normal que l'on soumettrait à la diète des albuminoides. Toutefois il pourrait arriver que les faits ne fussent
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pas aussi absolus que le suppose la doctrine actuelle de Sciiiff et Herzen, et que, par exemple, sans qu'il y eût, après la splénectomie, impuissance complète de la part du pancréas à fabriquer de la trypsine, il se produisit toutefois une diminution du pouvoir digestif du pancréas vis-à-vis des albuminoïdes. Cette nuance pourra être reqonnue par des méthodes d'appréciation de la quantité digérée par le chien sans estomac, avant et après la splénoctomie, d'une même ration expérimentale d^albuminoïdes.
Cette expérience, nous l'avons tentée. Outre le temps relativement long qu'elle doit durer, elle ne laisse pas que de présenter l'inconvénient d'assez grandes difficultés dans sa réalisation pratique. Nous n'avons pu jusqu'ici en mener à bien que la première partie, comme on le verra dans le mémoire qui suit. Mais c'est là Texpérience à réaliser, la seule, à notre sens, qui puisse juger définitivement de l'existence et de la valeur du rôle pancréatogèno do la raie.