L. BOUVEAULT
distillé est h 80** environ et peut servir pour une nouvelle précipitalion ; il passe ensuite de rdcool de plus en plus faillie et eiifîti de Teau. Celte solution peut aîsém<^nt être réduite au dixième de son volume ; dix litres de bouillon fouroiâseat environ un demî-lître d*extrait E qu'on précipite àehaud par deux fois son volume d'alcool à 90". Après refroidissement, le hallon contient nu liquide clair F et une masse visqueuse plus lourde que lui Ir, dont nous indiquerons plus tard le traitement.
Le liquide clair F est distillé également à pression réduite; on recueille séparément Talcool qui distille au début et celui qui distille à la lia de Topération et on amène le résidu à occuper un volume de 230 ceutiraélres cubes; ou additionne ^ensuite l'extrait obtenu et encore chaud de la moitié de son volume d*alcool fort et Ton abandonne le tout dans un endroit frais pendant 24 heures. Au bout de ce temps il se fait dans la masse une cristallisation assez abondante de créatine. Les cristaux sont essorés à la trompe et lavés avec quelques goutles d'alcool étendu de son volume d*eau, 10 litres de bouillon m ont donné environ 10 grammes de créatine sèche.
Les eaux-mcres alcooliques de la créatine sont ensuite traitées par un grand excès d*alcool fort ; il se forme des cristaux noyés dans une couche huileuse. Les cristaux sont séparés de cette couche buileuse; ils sont constitués par de la créatine; quant au liquide qui les baig^naît* il a été joint à la solution do la masse viqucuse 0 dont nous reparlerons plus loin.
Quant à la solution alcoolique forte IL elle est ramenée à un litre par la distillation, puis additionnée d'une solution alcoolique de chlorure de /Jnccontenaut 10 grammes de chlorure tie zinc. La solution louchit immédiatement; mais le lendemain on y trouve un abondant précipité blanc L
Le précipité I est séparé des eaux-mères alcooliques par iiltration et repris par Tenu. 11 se dissout parlitdlement, il reste une poudre cristalline constituée par du chlorozincate
de créatinine. On le purifie aisément par cristallisation dans Teau bouillante.
Les eaux-mères qui ont abandonné ce chlorozincate sont assez fortement acides; or les acides dissolvent le chlorozincate de créatinine. On fait bouillir au réfrigérant ascendant ces eaux-mères avec un léger excès d'oxyde de zinc et Ton abandonne le mélange au froid pendant 24 heures. Le lendemain on filtre et Ton a un mélange de Texcc^^s d'oxyde de zinc et de chlorozincate de créatinine ; on Tépuise à Teau bouillante et on en retire aisément tout le chlorozincate que Ton joint à celui qui s'était déposé le premier.
10 litres de bouillon de veau donnent entre 7 et 8 grammes de chlorozincate de créatinine.
La partie soluble dans Teau du précipité I est constituée par des sarco-lactates de zinc. Nous aurons occasion d'en reparler plus loin.
Les eaux-mères alcooliques qui ont été traitées par l'oxyde de zinc sont distillées au bain-maric sous pression diminuée. On recueille à part l'alcool fort qui passe au début de la distillation. Ensuite on fait le vide le plus parfait que l'on peut dans l'appareil et Ton distille à sec au bain-marie. Il reste un sirop épais que l'on reprend à chaud par dix fois son volume environ d'alcool à 98°.
On attend 24 heures, et après ce laps de temps il s'est fait dans le liquide un abondantprécipité blanc formé de grumeaux blancs. Ce précipité J est constitué par du sarco-lactate de zinc ; on le sépare des eaux-mères par filtration à la trompe. La solution aqueuse du précipité J est jointe aux eaux de lavage du précipité et concentrée au bain-marie. Quand la solution commence à devenir sirupeuse, on la traite à chaud par un volume d'alcool à 90^ ; le liquide abandonne du jour au lendemain des cristaux blancs agglomérés sous forme de petites sphères.
J'ai réussi, par de nombreuses cristallisations fractionnées dans l'eau, à séparer ce sel en deux autres, comme l'avait déjà fait WisLicENUS. J'ai pu obtenir assez pur le lactate de zinc
l. BOUVEAULT.
le moins soluble dans Teau. La purificalion du laclale le plus îàoluble est 1res laborieuse, elle n'est pas encore lerminée.
Le temps ma manqué pour rinirFétudedes eaux-mères du précipité J. J*ai cooï^laté que ces eaux-mères alcooliques évaporées à sec dans le vide et reprises parraicool absolu abandonnaient une couche huileuse dans laquelle nagent quelques cristaux de eliloruresalculîiis.
Le liquide alcoolique additionné d'élher se trouble et laisse également déposer une couche huileuse, sans doule constituée par des chlorures alcalins, du lactate de potassium et peut-être desinosales aulrcfoîs décrits par LiKHro. Je me propose de tenter la séparation de ces diverses subslances; peutélre pourrai-jo extraire de ce mélange des composés analogues aux bases des séries de la xanlhinc et de la créatinine que M. Gautieu a retirées de Textrail do viande de bonif. Cette terminaison de mon travail fera Tobjet d'une autre publication.
Elude du liquiih' B. — Revenons de quelques pas en arrière et occupons-nous du liquide B obtenu dans la distillation dans le vide du bouillon. Je rappelle que ce liquide possédait une réactiou nettement alcaline et était rendu louche par une faible quantité d'une subsLance huileuse en suspension dans le liquide aqueux, La quantité de substance huileuse n'a pas semblé plus forte au début de la distillation qu'a la lin; aussi ai-je été obligé de traiter hi masse entière du liquide dislillé.
J'ai ajouté dans ce liquide de Tacidc sulfurique étendu jusqu'à réaction faiblement acide, puis je Fai abandonné pendant plusieurs jours avec un excès de carbonate de baryum. Le U-^ quide devenu parfaitement neutre est alors filtré et évaporé an bain-marie dans de grandes capsules. L'addiliiui d acide sulfurique avait bien diminué l'opalescence du liquiile» mais ne Tavait cependant pas complètement éclairci. De plus, pendant tout le temps de révaporalion on percevait une odeur assez forte indiquant que Tun des produits odorants contenus dans ce liquide se perdait dans Fatmosplière, Tout ce que je peux savoir de ce produit, c est qu'il n'est ni alcalin ni acide-
CHIMIE Dr BOLHJ ON TUBERCULEUX.
2il
Après conipliîte évaporatîoo du liquicît^ il reskiît ilans les capsules une petite quantité d'un sel huileux qui, au bout de (iuel(|ue temps, laisse déposer des erislRux, l^a masse a ensuite éle reprise parraleool étriidu et bouillant, mais jjar refroidisseraeut le composé s'est déposé h Uétat huîb:^ux. J'ai alors redîssous le tout daus Ualcool aqueux en ajoutant une quautité suffisante d'eau et j'ai abandonna? le liquide dans^ xnw rbjche contenant de la chaux vive etdanslaquelle j"ûi fait le vide. Au bout d'un temps assestlong: (deux ou trois mois) Feau a été en partie absorbée par la cliaux, taudis que l*alcool restait et il s'est déposé des cristaux sous forme de longues aiguilles incolûres.
Ces cristaux, traités par la pot^isse, dégagent abondamment de Fammoniaque, mais, rhauffés sur une lame de platine, ils noircissent abondamment et se charbonnent. Je les ai fait cristalliser à plusieurs reprises dans T alcool aqueux et j'ai obtenu à chaque fois du sulfate d'ammoniaque de plus en plus pur. Ce sulfate d'ammouîaque est sonillé par le sulfate d'une aminé qui possède des solubilités très voisines des siennes et dont il est tr^s difficile de le séparer.
J'ai été plus heureux en tiansformant ce sulfate en chlorure; pour ce faire^ je I*ai dissous dans Feau et additionné de la quantité de chlorure de baryum correspondante; il s'est fait un précipité de sulfate de baryum dont je me suis débarrassé par la filtration, et les bases sont passées à FéLat de chlorhydrates. J'ai évaporé à sec au bain-marie la solution aqueuse et j'ai repris par Falcool le mélange de chlorhydrates. J'ai pu, avec uuedi^ainede cristallisations dans ce dissolvant, obtenir du ehlorliydrate d'ammoniaque parfaitement pur et volatil sans résidu charbonneux, et une quanlité de clilorhydratt» d'une aminé» trop faible pour iHre déterminée.
La solution alcoolique d*oi!i se déposait le sulfate d'ammoniaque ne donnant plus de nouveaux cristaux, je Fai évaporée au bain-marie et reprise par Falcool fort. Il s'est déposé une matière huileuse extrt^memeut peu soluble dans FalcooL
J'ai pensé qii^elle consfiUiail le sulfate d'une aminé etjeVaî traitée également par le chlorure de baryum enexeës. La solution filtrée et évapon^e à sec a été repriî^e par Talcool fort qui a précipité Texcès de chlorure de baryum qui y est complètement insoluble, La solution alcoolique évaporée ei reprise par Talcool fort a fourni unt? nouvelle quantité de chlorure de baryum, mélangé de chlorhydrate d'ammoniaque. Enfin , la solution alcoolique à froid au-dessns de l'acide sulfurique a abandonné en petite quantité une masse confusément cristalline constituée par le mélangede plusieurs chlorliydrates,Unefaible quantité de Textrait alcoolique, additionné d'une solution de potasse, acquiert aussitôt l'odeur de la trimélhylamine*
La quantité de sels d*amiues volatiles ainsi obtenus est extrêmement faible. 80 lilres de bouillon m'ont donné environ 20 grammes de sulfates dont plus des trois quarts sont con-^ stitués par du sulfate d'ammoniaque.
Étude de la masse visqueuse G. — Je rappelle que dans le traitement du bouillon j'ai obtenu un précipité visqueux inso* lubie dans Talcool à 90"^, mais soluble dans Talcool faible* J'ai -réuni ensemble toutes les portions semblables obtenues dans chacune des opérations que i*ai faîtes afin de les traiter ensemble,
.4 priori^ cette solution devait contenir la sarcine, la xanthine, la carnine, s'il y en avait, et sans doute aussi une certaine quantité de gélatine; ell© contenait également des composés ayant les propriétés des peptones. Je me suis proposé d^extraire de ce mélange les divers alcaloïdes dont on connaissait le mode d'extraction, en introduisant le moins possible de substances étrangères.
J*ai pris le dixième de la quantité totale de matière dont Je disposais et j'ai étudié un ju^océdé d'extraction. Voici celui auquel je me suis arrêté.
La solution étant acide, j'ai alcatinisé avec une solution de baryte, puis j'ai précipité par le sous-acétate de plomb. Il
CÏIÎMIE DU BOLILLON TUBERCULEUX.
|*€st formé un précipité très abondant, mais tr^s difficilomont "filtrablo. Ce précipité est soiuble dans racétale neutre do [domb et se dissout îui moins partielUmieul dans l'eau bouillîtnle. C'est à cause de sa solobilité dans I ac^'late neutre do plomb que j'ai eu la précaution d alcalini?©r au préalal>le bi solution avec de la baryte, sans cola la liqueur acide aurait transformé une partie du sous-acétate eu acétate qui oui dissfius partiellemrnl le précipité. Le précipité a été filtré et lavé le mieux possible, puis rais en suspension dans Teau et décomposé par rhydrog^ne sulfuré. Mais lo précipité de sulfure de plomb qui prend alors naissance se redissout dans le liquide et Ton a une sorte de solution de sulfure de plomb colloïdat qui passe à travers tous les filtres. Tous les moyens pbysiques iployés pour chang^er cet état du sulfure de plomb sont restés sans résultat; Taddition rracides minéraux forts n'a pas réussi davantage. Au lieu de décomposer le précipité plombiquepar l'hydrogëne sulfuré, je Tai traité par raeide sutfurique; il s^esl fait un précipité blanc de sulfate de plomb que j'ai pu filtrer; quant à Texcés d'acide sulfurique, j'ai pu m'en débarrasseren saturant la liqueur par le carbonate de baryum.
La solution ainsi obtenue a alors été traitée par Facétate mercurique; elle fournit un précipité abondant En fractionnant la précipitation, j'ai pu obtenir un précipité blanc que j'ai filtré, lavé et décomposé par lliydrofçëne sulfuré. J'ai pu filtrer le sulfure de mercure, j'ai concentré la solution au baiu-marie et je Fai abandonnée au-dessus de Facide sulfurique pendiint 3 mois. Je n'ai trouvé au bout de ce temps qu'une masse noinUre analogue aux produits humiques et dont il m'a été impossilde tle tirer rien de pur.
Ouant à la solution qui n'a pas précipité par Facétate mercurique, je Fai également évaporée dans le vide; après avoir précipité le mercure, il m*est resté une masse gélatineuse rou*;eâtre dans laquelle j'ai constaté la présence d'une grande <juautité de baryte. J'ai redissous ce composé dans une grande quantité d'eau, je l'ai additionnée d'acide nitrique étendu et
înuVEAULT.
chaulTéc quelque temps au bain-marie. La liqueur rouge
9'<*sL piirfîiilement décolorée et il s'est produit assez rapidement de beaux rrîslaux de nîtrale de Iiaryle.
Parmi les composés connus retirés de rextrait de viande, il n^y en a que deux qui précipitent le sous-acétate de plomb, sans précipiter racètale mercurique, ce sont Hnosîte et la cariiine. Je me suis dès le (b'hut assuré de rabsence de carnine, car la liqueur ne précipite pas Tazolate d'argent ammoniacal. Le composé que j'ai enfre les mains contient donc prohablement de l'inosite. Je me sui-^, en eflet, assuré de la présence de ce composé par la réaction de ScnKRKiu J ai traité une faible quantité de la masse par Tacide nitrique concentré et j'aî évaporé h feu nu, j'ai ensuite repris la masse par Tammoniaque en excès et j'ai h nouveau évaporé, enfin j'ai ajouté une j^ouUe de chlorure de calcium et j'ai chaulVé» j'ai vu se développer une belle coloration rouge.
Les eaux-mères du nitrate de baryum contiennent donc de rinosite, je les ai additionnées d alcool qui a produit un premier précipité d'azotate de baryum, puis» en ajoutant de I*a!cool plus concentré, il s'est déposé des cristaux dlnosite»
J'ai pu obtenir à Tétat de pureté cet intéressant composé; chauffé sur une lame de platine, il ne laissait pas de cendres et fondait h 217".
Etudions maintenant les eaux-mères de la précipitation par le sous-acélale de plomb. J*ai ajouté dans les eaux-mëres une solution d'acétate de cuivre et j ai porté le liquide à Tébullîtîon; it^ s*est formé un précipité d'un jaune chamois assez abondant qui contient à Fétat de combinaison cuprique la xanthine et la sarcine, J*ai filtré ce pi'ineipe, je Tai lavé, puis je Tai décomposé en solution aqueuse par Thydrogène sulfuré. J'ai filtré ce sulfure de cuivre et évaporé la solulîon au bain-marie jusqu'à un commencement de cristallisation. A ce moment, je précipite ]iar le nitrate d'argent en léger excès et ajoute de l'ammoniaque ; il se fait un abondant précipite gélatineux légërcmeut coloré en jaune^jo Fai filtré,
lavé et enfin traité par do Tacidc nitrique de densité 1,1 à rébuUilion, comme le recommande Xeubalkr ; la combinaison de sarcine et do nitrate d'argent cristallise par refroidissement; on la sépare du liquide, on la lave et on peut la peëer après dessiccation.
Si Ton ajoute de rammoiiia(iuo en excès anx eaux-miSres nitriques il se fait un précipité gélatineux brun qui constitue la combinaison argentine de la xanthine. H est très important dans ces manipulations d'employer do racétale de cuivre exempt de fer; car Toxyde de fer se précipite avec les bases cherchées et il est ensuite très difficile de s'en débarrasser compl<^tenient.
La quantité de sarcine trouvée dans la portion du liquide destinée aux tâtonnements nécessaires pour trouver la méthode du traitement correspondait environ à 0'^%23 de sarcine par kilogramme de viande de veau. Mais, quand j'ai voulu faire le traitement de tout le liquide, j'en ai trouvé une quantité bien inférieure. En efTet, les essais ont été assez longs, et pendant ce temps le reste du liquide a subi une fermentation dans laquelle presque toute la sarcine a disparu, malgré la précaution que j'avais eue do saturer le liquide de chloroforme.
La quantité do xanthine qui se trouve dans la viande de veau est extrêmement faible; elle n'excède pas quelques centigrammes par kilogramme.
Les eaux-mères contenant les acétates de plomb et de mercure ont été alors précipitées par Tacétate de mercure. Il s'est fait un précipité très abondant, mais je me suis rendu compte que c'était le même précipité que donne le sublimé corrosif dans les solutions de peplone ou de gélatine. Ce précipité, mis en suspension dans l'eau et traité par l'hydrogène sulfuré, donne du sulfure de mercure qui se redissout dans la peptone ou la gélatine en donnant une belle encre noire qui traverse tous les filtres.
Enfin les eaux-mères contenant les acétates de plomb, de
H^EALLT.
débl
Ir
' mercure ont été débarrassées des métaux lourds parThydrogène sulfuré, filtrées et évaporées au biiiu-marie. 11 reste une masse poisseuse contenant abondamtueul de racétate de baryte provenant de l'acide acétique des acétates et de la baryte que j'ai ajoutée au début des opératîons.'En outre fie ce sel il semble également y avoir dans la solulion des matières analogues à la tlextrine et à la peptono. Elles réduisent à froid le nitrate d'argent ammoniacal, mais elles ne réduisent la liqueur de Fehung que si on les a fait bouillir au préalable avec de Tacide sulfurique étendu. Ces malières n'ont pu é(ro amenées à l'état de cristaux, c*est ce qui m'a décidé à abandonner leur étude»
Nous avons passé en revue successivement toutes les portions déterminées dans les bouillons par les divers réactifs. Nous avons pu isoler un assez f,a*and nombre de substances à Tétat de pureté et dans quebjues cas en faire des dosages approximatifs. Nous avons soumis à la même étude et aux mêmes dosages le bouîtlon après que lo bacille de la tubercucuiose aviaire y a été cultivé: les différences trouvées correspondront aux modifications apportées par cet organisme dans le milieu où il a vécu.
Étude du bouillon cultivé.
Le bouillon dont nous avons plus haut indiqué la préparation a été ensemencé par MM. Ch, Hichet et Hkkicouiit avec du bacille de la tuberculose aviaîre. Le bacille s'est parfaitement développé dans le milieu, puis, au bout d'une quarantaine de jours, il a cessé de s'accroître. Les ballons ont été alors stérilisés dans rantoclave à 420", ce qui n a lait subir k leur contenu aucune modification sensible à l'œil.
Le contenu des ballons a ensuite été filtré au papier pour
se débarrasser de la plus grande partie des microbes. Il est resté un bouillon bien limpide^ à peine alcalin au tournesol et possédant une odeur aromatique agréable, caractéristique.
Dans le but do rechercher la nature des composés volatils qui donnent son odeur au bouillon, j*en ai soumis une certaine quantité k la distillation. Il a passé un liquide fortement odorant, parfaUnnent neutre, que j'ai rectifié avec un appareil à boules Lkbel et IIenningicr. Les premières gouttes qui ont passé ont été versées en même temps qu'une faible quantité d*iodc dans un ballon contenant une solution bouillante de carbonate de sodium.
J'ai perçu immédiatement ot d'une manière très nette Todcur de Tiodoformc*; il est donc permis de penser qu*il existait dans le liquide, soit de l'alcool élhylique, soit une acétone de formule générale R — CO — CAV,
On aurait, en effet, dans ce cas, la réaction suivante :
R-CO-CH' + W + 2C0'NV=R-C0*Na + 3NaI + H«0 + 2G02 + GHF.
Un fait m'a frappé immédiatement, je veux parler de la disparition complète des alcalis volatils existant dans le bouillon. J'ai constaté d'une manière extrêmement nette la présence dans le bouillon primitif d'une quantité très appréciable de bases volatiles; ces composés font absolument défaut dans le bouillon cultivé. Afin d'en avoir une preuve plus évidente encore, j'ai distillé ce même bouillon après l'avoir additionné largement de potasse; là encore le liquide distillé était parfaitement neutre. Cette remarque nous fournit des indications précieuses pour l'histoire du bacille; il est certain que ces matières basiques, il les a employées comme matériaux pour former soit sa substance propre, soit des produits de sécrétion. Il est même naturel de penser qu'il a cessé de végéter d<>s que ces substances lui ont fait défaut.
Il semble alors indiciué d'étudier le rôle des sels ammoniacaux et des sols d'aminés dans les cultures de tuberculose.
.fis . L* nOlTVEAlJLT.
Après mVHre rendu compte de la modificatioo si profonde des composés volatils cooteiius dans le bouillon, j'ai voulu étudier celles qu'avaient subies les produits non volai ils.
La première expérience que j'ai faite a été la prise de la densité du bouillon; cette densité a varié dans des proportions énormes, La densité <lu bouillon qui a été ensemencé était L09, celle du bouillon eiiltivé ïi'est plus que 1,03, Cette perte de densité correspond a une destruction d'environ 40 grammes par Hlre de matières en dissolution dans Teau. J*ai tlosé dans une expérience le poids de microbes par rapport au poids du bouillon cultivé.
Seize cent quatre-vingt-cinq centimètres cubes de bouilton cultivé ont été filtrés au papier, les microbes soigneusement lavés à Feau et evposésà Tairsurdes feuilles de papier buvard. J'ai obtenu ainsi 9 grammes de microbes séchés à l'air, contenant encore environ 8S p. 4 00 d'eau, ce qui correspond h environ 1 gramme de microbe privé d'eau pour un litre de bouillon. Ce gramme de matière vivante contient à peu près 0f^%2(ï d'azote, et nous avons vu que la quantité d'ammoniaque contenue dans le bouillon et susceptible d'être mise en liberté par la baryte est également d*à peu prés 0^'',20 par litre de bouillon.
Le déficit en mutériaux fixes semble avoir surtout porté sur la i;dycérine dont on avait mis dans le bouillon une quantité considérable. J'ai d'aillours renoncé ecmiplèlement à faîre de cette substance un dosage même approché. Elle est eu efTet accompaf^uée dans le bouillon de divers corps ayant les mêmes solubilités qu*elle et qui s'y dissolvent indéfiniment.
J'ai été plus heureux pour le sucre de canne, j'ai constaté avec étonnement qu'il n'avait pas le moins du monde été employé. Le bouillon cultivé ne réduit pas la liqueur de FEuuNfi, il donne simplement la belle coloration rose que donnent les peplones; mais^ si on l'intervertit, il réduit alors abondamment,
Ainsi donc, non seulement le bacille n'a pas brûlé le sucre, mais il ne Ta même pas interverti.
J'ai interverti une petite quantité de bouillon cultivé et j'y ai dosé le sucre, j*en ai trouvé î20 grammes par litre, j'ai répété la môme opération sur le bouillon normal pour me rendre compte si les nombreuses matirres existant dans le bouillon ne troubleraient pas le dosage et j'ai trouvé cette même quantité, celle qu'on y avait mise. Je me suis trouvé, dans ces dosages, au.x prises avec une petite difficulté. D'abordles solutions étaient trop fortes, je les ai diluées de cinq fois leur volume d'eau; dans ces conditions, le dosage se faisait dans d'assez bonnes conditions, sauf qu'à la fin de l'opération il se produisait dans le liquide uno sorte de précipité blanc jaunâtre qui ne se rassemble j)as et qui rend un peu indistinct le moment précis de la réduction complète.
J'ai pu éviter complètement cet inconvénient en employant un procédé indiqué par M. Calssk et qui consiste à ajouter à la liqueur de Fehli.nci un hirge excès de ferrocyanure de potassium. La liqueur ne cesse pas d'être bleue, mais la réduction, au lieu d'y faire naître un précipité, la décolore; j'ai pu apprécier très nettement la fin de l'opération.
M. 1Iammeusi:»la<;, qui a fait des expériences analogues sur la tuberculose bumaine, a constaté également que le sucre était a peine attaqué [Cettlralhlatt fur Idinische Medirin^ 1891, n" 1, p. 9). Il a trouvé que la quantité de sucre, qui était détruite par le bacille, était toujours comprise entre Oet 1/10 de la quantité totale, et (jue d'autre part cette quantité de sucre ne dépassait pas le quart du poids du bacille qui a pris naissance dans le bouillon. Malgré cela, M. IIammers- CHLAG considère le sucre, de même que la dextrine et d'autres hydrates de carbone, comme des substances nutritives pour le bacille.
Une des substances les plus abondantes, existant dans le bouillon normal, était la gélatine, à telles enseignes qu'il se prenait en gelée par le refroidissement. La gélatine n'existe