‹ Physiologie végétaleChapitre 100 sur 121 · GRAINS » AMIDON · texte numérisé non relu

GRAINS » AMIDON

d'amidon une fois fonné, la sotation mère pénètre entre ses molécules et j amène les matériaux nécessaires (moyennant transfonnation chimique) à l'accroissement des molécnles qni existent et à la création de nouvelles. Ainsi la propriété du grain de s'accroître par iatnssnsception est intimement onie à celle d'être pénétré par l'ean. La présence des couches concentriques qui sont plus tard visibles, n'est compréhensible que si, dès l'origine du grain, les molécules forment nne suite d'enveloppes concentriques, et si en même temps elles sont arrangées en séries radiales régulières : le nombre des séries radiales doit donc augmenter de l'intérieur à l'extérieur. La croissance s'opère par le dépôt de nouvelle substance sur les molécule existantes et par l'intercalation de nouvelles molécules aux points où la résistance est la plus faible. Ces points sont évidemment dans la direction tangentielle ainsi que le prouve la formation de crevasses dans la direction radiale, et de fait les couches externes croissent presque exclusivement en surface. C'est à ce mode de croissance qu'il faut attribuer ta légèreté des tissus dans l'intérieur du grain. En effet, si deux couches moléculaires voisines s'accroissent en Buriace d'après le même quotient, elles doivent (les calculs de Kttgeli le prouvent) tendre à se séparer l'nne de l'antre. Chaque couche moléculaire cherche après son accroissement en surface & s'étendre plus que ne peut le faire (avec le même quotient) celle qui la suit immédiatement; c'est la cohésion qui la retient. Un état de tension générale se manifeste dans tout le grain, en ce sens que chaque couche moléculaire est trop grande relativement à celle qui la suit immédiatement vers l'intérienr et trop petite relativement à celle qui la précède à l'extérieur; c'est la cohésion seule qui les empêche de se séparer les unes des antres. Le calcul montre que cette force, d'après laquelle deux couches successives qui s'accroissent en surface d'après le même quotient, tendent à se séparer l'une de l'autre est inversement proportionnelle au carré du rayon; elle augmente par conséquent à mesure qu'on s'approche du centre, et la l^reté, ta spongiosité des tissus dans cette direction se trouve tout naturellement expliquée. Ces conditions s'accentuent d'autant plus que les couches superficielles que la solution mère traverse les premières sont les mieux nourries ; les portions plus rapprochées du centre ne reçoivent jamais qu'une solution beaucoup moins concentrée.

Le grain d'amidon k sa première période est probablement formé d'une substance spongieuse, c'est-à-dire de petites molécules enton-

îdbïGoo^lc

AU eiRUCTCRB MOLteDLMHB.

rées d'épaisses conches d'eau. Petit à petit et par suite du dépftt progressif de nouvelle substance, les molécules grossissent et deviennent plus denses; la tension commence à se manifester; elle éloigne les molécules les unes des autres et comme c'est vers le centre qu'elle a le plus de force, c'est là que les interstices intennoléculaires seront tes plus grands et c'est là surtout que de nouvelles molécules de petite taille et entonrées d'une épaisse couche d'eau pourront se précipiter ; le noyau spongieux sera ainsi formé. Il s'accroîtra rapidement, parce que la tension continue à agir dans le même sens et que l'affinité puissante des grosses molécules de la coudie deuse tendra à la condenser toujours plus, tout eu empêchant les parties centrales d'en faire autant Le noyau huit par acquérir des dimensions assez considérahles pour que l'attraction moléculaire de la couche externe ne se fasse plus sentir à son milieu. Au point où elle cesse d'agir, les molécules qui jusque-là sont restées fort petites pourront s'accroître, la substance se condensera et c'est ainsi que se forme la première couche dense qui entoure le noyau (ou rarement c'est le noyau lui-même qui se condense). Une couche interstitielie séparera toujours cette couche dense de formation récente de la couche dense externe. Le grain se compose donc màntenant d'un noyau interstitiel, puis d'une couche dease, d'une couche interstitielle et en£n de la couche dense primitive. (Si c'est le noyau lui-même qui s'est condensé, il n'y a d'abord que trois couches différentes; mais il se comporte comme un jeune grain : à son centre se forme bientôt un nouveau noyau interstitiel et nous rentrons dans l'arrangement précédent.) Mais chacune des couches actuellement visibles est soumise aux tensions dont nous avons parlé. Bans toutes les couches denses, elles acquerront assez de force pour que dans leur milieu, entre les molécules existantes il se dépose de petites molécules entourées d'une large couche d'eau ; la couche dense se trouve donc coupée en deux par une couche interstitielle : celle-ci s'accrott rapidement parles mêmes raisons qui faisaient croître le noyau spongieux ; elle s'épaissit enân tellement qu'une nouvelle couche dense se forme à son milien. Ces phénomènes dépendant de la tension des couches se répéteront plus souvent près du centre du grain, et si l'arrangement moléculaire primitif était exactement concentrique, les couches nouvelles formeront autant d'enveloppes sphériques présentant partout la même épaisseur. Mais pour peu que l'arrangement primitif ne fUt pas mathématiquement exact, tes tensions de couches centuplent cette irr^-

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GRAINS D AMIDON. UH

larité qai augmente avec l'accroissemeot et c'est ainsi que se forment les grains eicentriques.

On peut se représenter aussi que plus tard, des déviations locales de la forme sphérique changent la tension et peuvent amener la fonnation d'un nouveau noyau dans une des couches périphériques. Je dois convenir que je n'ai pas parfaitement compris les raisons par lesquelles Nageli explique la division du noyau d'un grain et la formation des grains h demi ou tout à fait composés. En tous cas, dès que les noyaux partiels sont formés, la théorie de N9,ge]i nous explique d'une façon parfaitement satisfaisante les laits que nous avons décrits plus haut dans les grains composés. Chaque grain partiel s'accrott d'ahord comme nu grain simple, mais bientôt des tensions secondaires doivent se manifester entre les grains partiels d'abord, et entre eux et les couches communes qui les enveloppent. D'ud côté, les couches du grain partiel agissent dans le même sens que celles de l'enveloppe; mais du côté opposé, la convexité du grain partiel rencontre celle de ses voisins : à mesure que les grains grossissent, ces parties convexes s'appuyent les unes contre les autres et enfin des fissures séparent les grains en déchirant les couches de l'enveloppe. Si les couches les plus externes sont trèsminces elles sont aussi atteintes par la déchirure et le grain devient vraiment composé.

Ces quelques pages suffiront, noos l'espérODs, à faire connaître les points les plus importants de cette théorie; on ne peut espéref de s'en rendre tout à fait maître que si l'on Connaît la série complète des observations etj des raisonnements de Nâgeli; je ne pouvais pas entreprendre de les exposer ici. Je le regrette d'autant moins que '; tous ceux qui s'occupent de la structure moléculaire et de la croissance des corps organisés, doivent connaître à fond l'ouvrage de Nâgeli lui-même; aucun extrait ne saurait en tenir lieu.

J'analyserai encore, avant de termi-, ner, les figures ci-jointes tirées des tables de Nageti: A, grains d'amidon tirés de la graine desséchée d'Ervura lens; a, petit grain dense sphérique ; b, le noyau interstitiel est déjàvisible; en G, il y a déjà un noyau et une couche interstitielle.— B, grains d'amidon d'une graine presque mûre de Setaria italica, Fig. 42, d'après N&geli.

a, petit grain sphérique avec le noyau central ; b, grain analogue avec deux noyaux; c, le même séparé en deux (grain compc^).— .C(de la moelle de Gereu8variabilis), jeune grain avec un gros noyau interstitiel; une couche interstitielle complète et une autre couche rf qui se développe d'un côté seulement. — D (môme origine), grain contenant deux grains partiels : le noyau c de l'un d'entre eux est dense, celui de l'autre f est spongieux ; le premier contient probablement un très-petit noyau spongieux qui échappe à l'observation. La fissure qui sépare les deux grains n'est pas représentée dans la figure. E, F, G, grains de fécule de pommes de terre ; E, grain très-jeune sans noyau visible ; F, jeune grain avec deux noyaux spongieux ; G, grain demi-composé avec une large fissure S entre les grains partiels. Celui qui est le plus à gauche a déjà commencé à se diviser en v. Dans toutes les figures, les ombres indiquent le degré de densité de la substance : les parties entièrement blanches sont les plus riches en eau.

b. lemkraies celtilaires '.

§ 111. Parties consiiiuanm de la membrane. Toute membrane cellaloBiqae vivante est composée d'an amalgame d'eau et de substanca Les proportions relatives de ces parties constituaotes varient daDs diff^entes membranes : dans la même membrane, des parties riches en eau alternent régulièremeot avec des parties qni le sont moins , et soivant Nâgeli les couches concentriques et les stries {< filaments primitifs ») ne sont que l'expression de cette alternance. D'après la Uiéorie exposée au § 106, les parties spongieuses seraient composées de molécules cristallines biréfringentes de petite taille entourées de larges couches d'eau, et les parties denses, des mêmes molécules plus grosses avec les enveloppes aqueuses plus minces. — La combustion nous fournit un moyen de distinguer dans la partie solide de la membrane des cendres et la matière combustible. Les cendres forment on squelette montrant que, dans la membrane, les particules minérales sont assez uniformément mélangées avec la substance organique. L'analyse chimique des cendres laisse encore à désirer; la chaux et peut-être la magnésie paraissent s'y rencontrer toitjours; l'acide silicique en forme souvent la partie la plus importante. Nous ne savons dans quelles combinaisons ces bases se présentent : l'acide silicique est probablement libre. Le rdle des cendres dans ta stnctore des molé-

' Dans cette partie je toucheni nécesaairemeDt quelquea-aneB des questiona fondamentales de la morphologie des cellules qui seront traitées fc food par Hofineister dans le premier volume de ce traité ; si je m'en occupe, c'est dooc ttaiqaement pour être complet et De rien laisser de cSté.

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NBNBRAHES CBLLULAIHES. 147

cales cristallines est inconna ; peut-être entrent-elles avec la matière combastible dans la fonnation de chaque molécule , peut-être aussi la membrane est-elle formée de molécules tantôt minérales et tantôt «paniques.

On arrive ordinairement par des réactifs dissolvants plus ou moins ^ei^ques, à diviser la matière combustible assimilée, en deux ou plusieurs combinaisons différentes ; l'une d'entre elles se présente toujours sous la forme d'un squelette complet sur lequel on peut reconnaître tontes les particularités de structure de la membrane ; les autres substances étaient évidemment intimement mélangées avec celle-ci. Eu traitant la membrane fraîche par de l'eau froide et bouillante, de l'alcool, de Téther, des acides minéraux dilués, des alcalis ou de l'acide nitrique et du chlorate de potasse, on obtient un squelette formé d'une substance incolore, élastique, douée d'une grande af&nité pour l'eau se rapprochant singulièrement de l'amidon ' : c'est elle qu'on a baptisée du nom de cellulose, c'est la véritable base organique de toute membrane. Si, au contraire, on traite la membrane fraîche avec de l'acide snlfurique con> centré, on obtiendra (sur les cellules ligneuses corticales épidermîques), pas toujours mais souvent, et surtout si l'expérience a été faite convenablement ou obtiendra, dis-je, un squelette sftr lequel (bien qu'il soit dépouillé des couches internes) on peut encore reconnaître l'oTganisatiou de couches concentriques résistantes : cette substance était en tous points intimement unie à ta cellulose qui a été détruite par l'acide sulfurique. Ce sont surtout les couches externes des cellules ligneuses et cuticulées qni fournissent un squelette de cette sorte.

La matière combustible des membranes est donc toujours divisible en deux parties : la cellulose et une autre substance. La cellulose montre partout la plus grande uniformité, l'autre substance consiste eu différentes combinaisons dont ta nature est mat connue et qni varient d'une plante et d'un tissu h l'autre. Les proportions relatives de ces deux éléments varient suivant la nature et l'âge de la cellule ; les membranes jeunes sont de la cellulose presque pure; dans d'autres cas, les combinaisons secondaires prennent une grande importance et arrivent à former la moitié de

' La membrane ainBi pariflée et ne contenant pins que de la cetklose ne pont B'&ppeler nn squelette, qne si on a égard i l'arrangement moléculaire plulAt qu'k la quantité de la BobsUnce. La liginine, par exemple, représente souvent ploa de la moitié dn poids de la membrane.

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U8 STRUCTURE MOLBCDLAIflB.

la sabstance de la membrane. A la fia du chapitre sur les « transformations de substances > j'ai déjà cherché à me rendre compte des rapports d'origine qui pouvaient exister entre la cellulose et les autres combinaisons. Je n'ai aucune notion sur le mode de dis> tributioD de la cellulose et les autres combinaisons dans les molécules cristallines.

Le squelette cellulosique des membranes est insoluble dans l'eau et les dissolvants ordinaires ; le seul réactif qui puisse le dissoudre sans le transformer (?) est l'oxyde de cuivre ammoniacal'. Bans tous les autres cas, la dissolution est accompagnée de décomposition ou tout au moins de transformation. Si le réactif n'est pas trop énergique, il ae produit de la dextrine et de la glycose ; on ne sait si cette réaction est identique à celle qui se produit dans l'amidon ' .

a) Cordemt en eau. La quantité absolue d'eau qui est contenue dans les membranes cellulosiques fraîches n'est pas connue. L'augmentation de densité et la, diminution de volume qui accompagne le dessèchement (sous le microscope) montre qu'elle varie beaucoup d'une cellule à l'autre. En moyenne l'eau doit représenter un peu plus de la moitié du poids de la membrane vivante.

C'est le mode de distribution de l'eau qui est cause de la stratification et des stries des membranes : Nâgeli a démontré le premier ce fait (Stîirkekôrnef, p. 63). Ici comme dans l'araidon, les couches denses pauvres en eau paraissent blanch!Ltres et les autres rougeàtres. Après avoir réfuté victorieusement l'ancienne théorie de la décomposition des membranes en filaments primitifs, Nageli trace l'esquisse suivante de la véritable structure de ces organismes ' : toute membrane peut se ramener à trois systèmes de lamelles, chacun d'entre eux consistant en parties alternativement pauvres et riches en eau. L'un de ces systèmes de lamelles représente les couches concentriques visibles sur les sections longitudinales et transversales ; c'est aux deux autres que sont dues les stries qu'on voit se croiser à la surface sous toutes sortes d'angles ; toutes paraissent cependant être à angle droit du premier système de lamelles. Dans tout fragment de membrane, les trois combinaisons suivantes sont possibles : 1° Les couches concentriques et les deux ordres de stries se coupent à angle droit : leurs normales se comportent donc comme les axes des cristaux dans les systèmes cubiques et orthorombiques. 2) Les couches concentriques sont à angle droit avec les deux systèmes de stries et ceux-ci se coupent sous des angles quelconques : les normales se comportent ici comme les axes des

* DÉconrert en 1658 par Schveizer, ce réaclif se prépare ea dissolvant de l'hydrate d'oxyde de caivre frais, ou du carbonate de cuivre dans de l'ammoniaque concentré en aussi petite quantité que possible (Kékalë, Lehrb. der org. Chem., p. 389).

* Kekulé, I. c, p. 390.

> N&geli, < Bot. Hitth., * p. 16 (Sitnuigsber. der k. bajer. Akad. d. Wisa^ 7 mai 1864).

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MEHBRUBS CELLULAIRES. il9

cristaux dana le système dmorhombiqae. 3) Les couches et les deux syBtèmes de stries se coupent sous des angles variés : les normales sont encore comme les axes des cristaux clinorbombiques.

Kâgeli a représenté le premier cas dans la ^. 43 (fragment cubiqoe de membrane) : les lamelles ont été représentées comme espacées avec une régularité qui ne se voit guère dans la nature'. Le morceau de membrane se trouve composé d'un grand nombre de cubes qui offrent quatre degrés différents de densité, suivant qu'en un point se croisent trois lamelles spongieuses, deux spongieuses et une dense, une spongieuse et deux denses ou trois denses. Dans le dessin, les parties les moins denses sont toutes noires ; le degré suivant de densité Fig. 43. est indiqué par un simple système de lignes parallèles blanches, le suivant par deux système qui se croisent; enfin le maximum de densité est représenté par trois systèmes de lignes blanches. Dans l'hypothèse que représente le dessein, les trois systèmes de lamelles sont également visibles, mais lorsque l'épaisseur et le degré de densité de ces dernières varient d'un système à l'autre, les stries et les couches deviennent beaucoup moins clau'es et l'on peut avoir jusqu'à 6 ou 8 degrés différents de densité.

La dessication fait ordinairement disparaître les stries et les couches, d^ine manière plus ou moins absolue suivant les différences de densité des lamelles de chaque membrane. La structure est très-difficile à déterminer et ne peut souvent s'apercevoir que lorsque la membrane a été mécaniquement et chimiquement transformée (écrasée, boursouflée dans l'acide sulfurique, la potasse, l'acide nitrique, etc.). Nageli a trouvé que dans une membrane fortement gonflée, l'épaisseur d'une paire de lamelles (une dense et une spongieuse) était de 0,8 à 1,5 micro-millimètres : ce qui donne pour la membrane intacte 0,14 à 0,12. Dans beaucoup de membranes, il est impossible de déterminer la structure. Nàgeli l'attribue au trop peu d'épaisseur de tout le système de couches (dans les jeunes cellules ou dans les parenchymateuses à parois minces). Les stries sont, d'après le même auteur, d'autant plus visibles, que les couches sont plus planes et plus exactement parallèles entre elles : les pores, et les (Ûffé> rents systèmes d'épaississements (anneau, spirale, réticule) troublent singulièrement la régularité de cet arrangement. — Il y a des cellules dans lesquelles les couches concentriques et les stries sont également visibles : te plus souvent ce sont les couches qu'on voit le mieux; dans certains cas cependant (vieilles cellules Ugneuses) ce sont les stries.

Lies systèmes de lamelles qui nous apparaissent sous la forme de stries

' d, di et o, o, sont deux lamelleH d'an système perpendicalaire an papier et regardant le lecteur par leur petit côté j «s «s et <ii cii sont deux lamelles do deazième système parallèle au papier, t^ t^ et di <^ sont deai lamelles du troisième système horizontal pour le lecteur.

di^toogle

4K0 8TRDCTURE MOLÉCULAIRB.

superficielles, et qui cependant pénètrent dans toute l'épûsseur de la membrane, peuvent oârïr par rapport à la cellule entière trois types : un des systèmes de stries peut être parallèle à l'axe de ta cellule, tandis que l'autre est horizontal; ou bien les deux systèmes forment une suite de lignes spirales s'enroulant ordinairement en sens inverse, et se coupant obliquement. Les deux systèmes peuvent passer l'un dans l'autre, m^ tous deux diffèrent notablement des stries annulaires qu'a décrites Nageli (3" type) : les lamelles des deux systèmes fonnent alors des séries d'anneaux obliques qui se croisent. — Les observations de Nageli sur les rapports qui existent entre les stries et les coudies d'épaississement de la mnnbrane rentrent plutôt dans le domaine de la morphologie. (Du reste toutes ces observations sur les stries sont difficiles et exigent de forts grossissements ; pour leur description exacte et pour les figures qui les accompagnent, j'en réfère à l'ouvrage de Niigeli.)

li) Cdlidose. En désignant avec Mohl • et Payen ' sous le nom de cellulose, la substance que l'on obtient en traitant les membranes par de l'eau froide et chaude, de l'alcool, de réther,des acides et des alcalis dilués, ou par la macération de Schulze, on échappe à beaucoup de difficultés que Nageli a rencontrées dans son mémoire < sur la composition chimique des grains d'amidon et des membranes cellulaires \ > La substance que l'eau froide extrait des membranes cellulaires des cotylédons d'Hymensea Curbaril,de Maeuna, etc., peut être considérée comme très- voisine de la cellulose, en provenant probablement par tranaformatioa chimique. L'idée de NÈlgeli, d'après laquelle cette substance de nature chimique analogue à celle de la cellulose acquiert un degré de solubilité différent par suite de son organisation intérieure, ne me paraît point heureuse : en effet, une différence de solubilité est en elle-même une différence chimique ; de plus le principe qui seri. de base à ce raisonnement, bien que vrai au fond, est employé ici un peu arbitrairement. Je me range donc à l'avis de Mohl et de Payen jusqu'à ce que des arguments sans réplique viennent me prouver l'existence de cellulose soluble.

I 112. Dilatation et imbibilion dans les membranes*. Les membranes cellulosiques présentent les mêmes phénomènes que les grains d'amidon : certaines substances en les pénétrant et en changeant leur nature chimique modifieut leur structure moléculaire de telle façou qu'elles deviennent capables d'absorber des quantités d'eau beaucoup plus considérables. Il en résulte des changements de volume qui peuvent varier dans différentes directions. Un seul auteur, et c'est encore NSgeli, a étudié ces faits d'une manière véritablement scientifique. U fit agir de l'acide sulfuriqae et de l'oxyde

< Hohl, Die Tegelabil. Zelie, p. 188 et 191. ■ Pa;en, Ann. Se. Dftt., 1840, XIV, 99. > Bot. Mitth., I. c, 13 juin 18S3, p 387.

* Quelques-uns des fiuts les plus importants coocernaot l'irobibitioii se trouTent an chapitre < Teodon des tisaas. >

MEMBRANES CELLULAIRES. 4St

de cuivre ammoniacal sur des cellules corticales de qaina, de lin et de chanvre ' ; il obtint les résultats suivants : La couche externe de la membrane (membrane primaire) résiste énergiquement an réactif, ne se gonfle pas et se déchire par conséquent en bandelettes. Lorsque, sur ces cellules, les stries annulaires alternent avec les stries spirales, ce sont les premières qui se dilatent d'abord. Elles ne tardent pas à se dissoudre et alors les flbres corticales tombent en morceaux. Mais le point le plus curieux de ces résultats est le suivant : * Par suite de la dilatation, soit les fibres entières, soit les différentes couches deviennent plus courtes et plus épaisses : il y a une torsion autoor de l'axe et les tours de spire des stries se trouvent rapprochés. » — « L'augmentation de volume est à peu près ta même pour les lamelles internes et externes. Tontes ont une tendance naturelle à croître en épaisseur plutét qu'en sur&ce. Mais ce caractère est beaucoup plus marqué chez les lamelles externes que chez les internes. >

Pour produire ces effets smr les membranes, les réactife doivent avoir un certtun degré de concentratiOD, s'ils le dépassent la membrane se dissout en commençant par les couches externes. — Pour ces expériences Nàgeli coupait des fibres corticales en petits morceaux cylindriques ; pendant la dilatation, 2 ou 3 groupes de couches concentriques se séparent les uns des autres : le plus interne dépasse à ses deux extrémités les plus externes qui se raccourcissent davantage : de plus, dans tous les groupes, chaque couche tend à se raccourcir moins que celle qui la précède immédiatement (l c. p. 89). Cependant si la cohésion des groupes de couches est assez forte, ils restent unis entre eux et le fragment de fibre garde sa forme cylindrique tout en devenant plus court et plus épais. Je citerai comme particulièrement frappantes des mesures suivantes fûtes .sur des morceaux gonflés de fibres de Un :

Loagueof da morcaaa. Laigear.

Dans l'eau 85 micromil. . 17 micromil.

Dans l'oxyde de cuivre ammoniacal . . 42 > . . 86 >

Surhca da cylindre en miUim. carriB.

Dans l'eau 4541

Dans l'oxyde de cuivre ammoniacal. . . 11352

Surface de U acotion «□ micnimil, oarria.

Dans l'eau 227

Dans l'oxyde de enivre anmioniacal. . . 5811

Dimeniioiui en mioromil. oubM.

Dans l'eau 19295

Dans l'oxyde de cuivre aounoniacal. . . 244062

' Nigeli, < Bot. Mitth., > 1. c, Juli 1864, p. »8.

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451 STROCTtmE MOLiCULAIM.

Dans ce cas, la diâéreDce entre le raccourcissement et l'épaississcmeiit est si grande qu'un cylindre allongé se transforme en un disqae aplati Un fragment cylindrique peut se raccourcir jusqu'à 1/3 ou même 1/4 et 1/5 de sa longueur pTimitive, tandis que le diamètre se quadruple on même atteint jusqu'à 5 et 6 fois ses dimensions primitives. La &ection transversale devient 10, 20, 30 fois plus grande; la sur&ce cylindrique seulement 1 1/2 à 3 fois. cOn pourrait donc dire aussi (L & p. 91) qu'une couche moléculaire perpendiculaire à l'axe, s'accroît en Bur&ce 10 fols plus qu^me couche parallèle et par conséquent cylindrique. D ne &ut pourtant pas se représenter que dans la première de ces couches, les molécnles s'écartent les unes des autres 10 fois plus que dans la seconde ; BOUS l'influence du réactif, elles se divisent évidemment en fragments qui à leur tour s'écartent un peu les uns des autres. On tomberait dans une erreur bien plus grande, si du raccourcissement du cylindre on en venait à conclure que les molécules se rapprochent les unes des autres dans la direction longitudinale : en effet, le changement de dimmsions da cyUndre est accompagné d'une torsion autour de son axe ainsi qu'on le voit clairement aux stries. Leurs tours de spire sont rapprochés les uns des autres ; ils ne s'élèvent plus aussi abruptement et font avec l'axe un angle plus ouvert Chaque strie individuellement s'allonge dans ce mouvement et les couches moléculaires qui leur correspondent suivent probablement leur sort Ainsi malgré le r.accourcissement du cylindre on peut dire que toutes les molécules s'écartent les unes des autres. >

La dilatation dans l'acide sulfurique dilué donne des résultats analogues. — Nagell n'a pas pu reconnaître si les fibres ligneuses desséchées trempées dans l'eau se raccourcissent; c'est assez probable; seulement la quantité de hquide absorbée est si faible que les changements de Tolnme échappent à nos mesures.

Les observations de Nageli sur les sections transversales de fibres corticales sont aussi fort importantes. Far suite des différences de dilatation, dans les directions transversales et longitudinales les groupes de couches internes et externes sont diversement déformées; les externes sont quelquefois déchirés. Je cite une des tabelles de Nageli se rapportant aux cellules de Quina.

Cellule corticale de QuiTta.

Section transvenala en microinillimdtiM. Sarfue.

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