‹ Physiologie végétaleChapitre 120 sur 121 · TENSION DEB TISSUS · texte numérisé non relu

TENSION DEB TISSUS

Toutes ces idées n'ont pour le moment d'autre valeur que celle d'âne simple hypothèse qui cherche à se justifier en jetant un rayon de lumière sur un phénomène jusqu'à présent parfaitement inexpliqué. Des observations nombreuses accompagnées de mesures exactes pourront seules décider de son importance. Il me parait en tous cas meilleur de formuler une manière de voir sur laquelle on puisse discuter que de raisonner dans le vide. Or cette manière de voir se recommande encore par une certaine analogie avec la théorie de Enight; elle s'applique également bien à l'explication des expériences de rotation.

I 128. Enroulement des vrilles et des tiges wlubiles. Lorsqu'on fend longitodinalement les vrilles encore droites de la cooige on de la vigne, les tiges non encore enronlées de l'Hnmnlns, dn Phaseolns, Dîoscorea Batatas, les denz moitiés s'écartent l'nne de l'antre ; H y a donc déjà one tension entre les coacbes externes passives et les couches internes érectîles. Si l'on attend, pour faire l'expérience, qne les vrilles on les tiges soient enroiûées depnis quelques heures autour d'an support, le côté concave angmentera encore beaucoup sa concavité, le côté convexe se redressera parfois complètement. Enlève-t-on à une vrille qui vient de s'enrouler l'épidenne dn côté convexe, la courbure augmentera; elle diminu^a on cessera même complètement si c'est l'épidenne du côté concave. Ces observations montrent que les rapports dans la tension des tissus sont exactement les mêmes ici que dans les deux cas précédents ; la tension est plus faible do côté convexe que du côté concava La courbure provient de ce que l'épiderme du côté libre donne plus de jeu à l'expansion de la moelle que celui du côté qui touche le support ; des observations soignées, accompagnées de mesures trèsexactes pourront seules montrer si ce résultat est dû k une augmentation de longueur dn côté convexe, ou k une augmentation de la dilatabiUté des couches passives dans cette région, on encore à un accroissement de l'élasticité des couches passives concaves.

Tant qu'une vrille ou un entre-ncend volabile est encore droit et n'a rencontré aucun appui, la tension des tissus y est distribuée symétriquement autour de l'axe; déjà à cette époque le développement semble toutefois annoncer une prédisposition à l'asymétrie. Le contact prolongé du support agissant comme une pression de l'extérieur k l'intérieur augmente la tension de son côté, tandis qu'elle diminue dn côté opposé. — Avant le contact du support, U y a bien quelque chose d'irr^Iier dans la distribution des tensions, puisque les vrilles ne s'enroulent autour d'un objet que s'il touche leur ffice inférieure ou une de leurs faces latérales; il en est de même

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pour les entre-nœnâB ; ainsi il y a des r^ons préparées d'avance h receroir T ébranlement dn contact.

La pression exercée par le contact d'un corps étranger pent être trèB-&ible et suffire néanmoins à détruire l'équilibre de la tension des tissas dans l'organe; nne plante de haricot s'enronlera autour d'un fil mince ; les vrilles entom^nt les extrémités les pli^ déliées des rameaux. Le contact avec lé support est souvent fort incomplet lorsque, par exemple, les entre-nœuds sont couverts de poils raides (Ipomaea, Fhaseolos) ou de crêtes saillantes (Humulos) ; ce sont ces protubérances qui seules transmettent la pression dans l'intérieur de l'entre-nœud. Si la pression n'a pas besoin d'être très-forte, elle doit cependant durer un certain temps pour que les courbures se manifestent (ordinairement quelques heures ') ; H. von Mohl le premier qui se soit occupé de ce sqjet a montré qu'on contact momentané mais souvent répété, ne sufSt pas pour produire les coorbures*.

Noua connaissons trop peu la stmctore moléculaire des tissus, pour pouvoir nous rendre compte de la manière dont agit la pres< Bion pour détruire l'équilibre dans l'organe; tout ce que nous pouvons dire c'est que c'est sur la cohésion dans les membranes cellulaires qu'elle agit spécialement, changeant ainsi leur pouvoir d'imbibition et leur mode de croissance. Ce fait nous est prouvé par les cellule tuboleuses qui se conduisent comme les organes complexes. Mohl et Hofineister ' ont déjà cherché à faire ressortir ce rapport ; il est très-frappant chez les tubes poUiniques qoi en pénétrant dans le pistfl s'enroulent souvent autour de toutes les aspérités qu'ils rencontrent (Graminées); les tubes radiculaires de l'Oedogoniam se conduisent de la même f^n; enân la soudure des poils radicaux avec les particules du sol, repose évidemment sur des' propriétés analogues*. Ces phénomènes ne peuvent être attribués dans 1^ organes unicellulaires qu'à une modification dans le mode de crois-

' La courbure «Bt à rapide choz le S;doa angolsta qu'on peut suivre le mouTement à l'œil (Asa Ont;).

* Le mot d'irritation (Reic) employé par Uohl pour désigner l'effet dn contact du support sur les entre-nœuds, s'applique aussi bien id qa'aoz mouTements des feoilles de Mimosa.

* HofîneiBter, * Nene Beitrfige, * Abhandl. der. kais. sAchs. GesellsclL der Wiss., VU, 688.

* H. V. Mohl [Veget. Zelle, p. 21G}. < On pourrait chercher le motif de l'enroulement des organes plorîcellulaires diuis tm anU de oDÎssaQce des membranes causé par le contact du support Les fidta ne sont probablement pas aussi simples qne la théorie. >

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