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SUR LA FORME EXTÉRIEURE DES PLANTES

conduiseDt de la même façon ; dans le Crocus, c'est la partie inférieure du tube périgonal lui-même qui s'allonge dans l'obscurité. A cet allongement général de l'oi^ane est lié un allongement très-positif des cellules préexistantes ; mais on ne sait pas si en même temps celles-ci se multiplient. — D'un autre c8té, des entre-nœuds qui ont en généra! [une longueur considérable à la lumière semblent n'être pas du tout ou à peine modifiés dans l'obscurité^; je l'ai observé dans les tiges grimpantes de (ITIumulus lupulus, du Dioscorea Batatas,du Phaseolus multiflonis. — Des parties de tiges portant des feuilles très-rapprochées, comme les entre-nœuds inférieurs de la betterave de seconde année, ou certains verticilles floraux ne s'allongent pas dans l'obscurité; dans ce cas, le phénomène serait particulièrement visible, grâce au déplacement des feuilles. — Les pétioles ()araissent tantôt s'allonger, tantôt se raccourcir dans l'obscurité et mériteraient d'être étudiés plus à fond sous ce rapport. Dans les entre-nœnds qui s'allongent beaucoup, le parenchjme Ide l'écorce, les faisceaux fibrorasculaires et l'épiderme semblent se comporter très-divereenient; c'est par là que j'ai expliqué la tension souvent considérable des entre-nœuds étiolés, remarquable surtout dans la partie hypocotylée des gennes de courge qui, à mesure qu'ils s'allongent, s'enroulent en tire-bouchon (v. 1. c). Parmi les feuilles, celles qui sont naturellement longues et étroites s'allongent et se rétrécissent notablement dans l'obscurité : Graminées, Iridées, Liliacées, Tragopogon porrifolius, AUium Cepa; le limbe de celles qui sont munies d'un pétiole subit en général un arrêt de développement dans toutes les directions ; par exemple : les feuilles à ner\Tires ramifiées des dicotylédones, des fougèi-es, etc. Dans certains cas, la surface s'accroît d'abord avec l'augmentation de l'éclairage ; mais, à un certain point, elle atteint son maximum, et si la lumière devient toujours plus intense, elle commence à diminuer. En été, j'ai souvent vu les feuilles de Pliaseolus beaucoup plus grandes dans les places ombragées que dans celles qui recevaient le soleil. Les expansions foliacées de l'écorce du Cactus speciosus se conduisent comme les feuilles ; dans l'obscurité, elles sont jaunes, mais gardent leur forme arrondie prismatique.

La mesure exacte de l'influence de la lumière sur le dévelopiwment en longueur et en largeur varie d'une plante à l'autre ; dans certains individus, le rapport des dimei^ions dans l'obscurité et à la lumière est de 10-20 IKtur 1, dans d^autres de 3 à 4 seulement, dans d'autres enfin la différence €St presque nulle. Avec l'aide d'une méthode photométrique satisfaisante, il y aurait des découvertes intéressantes à fafa-e, en comparant les changements spécifiques de croissance pour des augmentations et diminutions de lumière connues. Je citerai les chiffres suivants, comme exemple de la puissance de l'influence lumineuse. La partie hypocotylée de la t^e de Polygonum fagopyrum atteint à la lumière une longueur de 2-3 cent. ; au fond d'une chambre, 15 cent. ; dans une armoire sombre, 35-40 cent.; dans le Cucurbita Pepo, le même organe est à la lumière long de 3-4 c«nt., dans l'obscurité, 40-50 cent. La surface des feuilles de Trapseolum majus est dans l'obscurité de 1-1 '/, cent, carrés ; à la lumière, 30 cent, carrés et plus. (Pour d'autres exemples, voyez 1. c.)

§ 15. Le râk de la lumière dans io croissance des fleurs et des fruits

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est, d'après mes recherches', très-différent de celui qu'elle joue auprès des feuilles et des entre-nœuds. Tandis que ces derniers, pour prendre leur forme normale et leur couleur rerte, doivent être soumis à une lumière d'une certaine intensité, le développement des fleurs en forme, en taille et en cooleor (& l'exception des parties vertes, calice et carpelle) est dans presque toutes les plantes que j'ai examinées indépendant de l'inâuence de la lumière; des boutons soit nés dans l'obscurité, soit éloignés de la lumière lorsqu'ils sont encore très-jeunes, peuvent se développer parfaitement dans les endroits les plus sombres, à condition que les principes élaborés continuent à leur arrÏTer ; le calice et les oublies qui, généralement, verdissent à la lumière, restent dans ces conditions, jaunes ou blanchâtres, mais se différendent des feuilles en ce qu'ils atteignent leur taille et leur forme habituelle; la corolle et les étamînes ont nonseulement leur aspect ordinaire, mais encore exécutent les mouvements qui les caractérisent. La corolle se ferme et s'ouvre; les anthères laissent échapper les grains de pollen qui sont tout à fait normaux et les stigmates sont prêts à 1^ recevoir; les ovules, ainsi que plusieurs exp^ences le montrent, peuvent être fécondés, mûrir et même devenir des graines capables de germer. J'ai dit que les boutons, dai^ des conditions pareilles, peuvent parcourir toutes ces phases ; mais j'ai vu dans plusieurs expériences des fleurs se développer d'une manière tout à fait anormale et avorter. La présence de la lumière n'est donc pas indispensable, mais Texpérience peut produire des conditions paridcnlières qui flnissent par acquérir une influence fatale.

La condition que les fleurs qui se développent dans l'obscurité reçoivent toujours les principes élaborés nécessaires à la formation de leurs ceflules, peut être remplie de deux manières : 1° La plante n'a pas encore de feuilles, mais est pourvue d'une provision de substances (tige, tubercule, bulbe) sufSâante pour le développement du boulon. Dans ce cas-là la floraison peut être parfaite quand même la plante tout entière est dans l'obscurité. C'est ainsi que se développent sous terre les boutons de Hyacinthus orientalis, Tullpa Gesneriana, Crocus vemus, Iris pumila, qui flnissent par produire, même dans l'obscurité, des fleurs parfaites pour la forme, la taille

■ Ce sont je croia leB seules qui existent snr ce sujet: < Ueber den Einfloss de» Tagealichts aaf Neabildong tmd Entfaltimg vergchiedeiier Pâanzeaorgane, > Bot. Zeitg. 1863, Beilage, et • Ueber die Wirkung dea Lichtes aof BlUtlienhildung anter VeimitteluDg det LaabbUtter, > Bot. Zeitg. 1665.

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et la coulenr, tandis qne les feuilles et entre-nœuds qui se sont développés en même temps o&«nt tous les symptâmes de l'étiolemeat. Ce cas est très-frappant, p^ce que ces boutons cachés à l'or^^ne sons tare et dans des enveloppes épaisses parcourent toutes les phases de leur développement dans une obscurité complète. — Quand je dis que tous les éléments nécessaires au développement de la fleur se trouvent dans les organes persistants, je ne prétends pas que toutes les substances qui plus tard se rencontreront dans la âenr, se trouvent actuellement représentées dans la provision de -nourriture; on y trouve seulement des matériaux qui, par des modifications chimiques, pourront produire ces substances. Il est bien éndent, par exemple, que les matières colorées qui orneront la fteur ne sont pas contenues sous cette forme dans le bulbe ; il s'y trouve seulement des substances qui se transformeront facilement en matière colorantes ' . Ce qui va être dit sons le N° 2 semble montrer que les éléments servant au développement de la fleur dans les Liliacées et Iridées sus-nommées (et en général dans toutes les plantes qui produisent leurs fleurs au printemps, avant ou en même temps que les feuilles) ont été produits l'année précédente, par les feuilles vertes, sous t'influence de la lumière et emmagasinés dans les oignons, bulbes, etc. — 2° Les plantes qui, au commencement de leur période de végétation produisent un certain nombre de feuilles, puis après s'être fortifiées se préparent à fleurir, donnent des résultats divers suivant le àegrè de développement auquel elles étaient pan'enues lorsqu'on les a mises dans l'obscurité, a) La plante peut, par le moyen de ses feuilles, avoir assimilé et emmaf^iné dans ses tissus une quantité de matière suffisante pour produire dans l'obscurité un certain nombre de fleurs et même de fruits (Nicotiana rustica. Bot. Zeitg. 1863, l.c., p. 5). (3) La plante peut avoir déjà produit des boutons d'une certaine grosseur, et emmagasiné dans ses tissus un peu de substance assimilée; si on la porte alors dans l'obscurité, les boutons les plus âgés se développent (souvent seulement un seul), et les plus jeunes se flétrissent et tombent Brassica Napus (exemplaire hiverné an printemps), Cheiranthas Cheiri (id.), Cucurbita Fepo, Papaver Rhoeas, etc. (Bot Zeitg. 1863, p. 22 et suiv.) ; 7) La plante peut être apportée dans l'obscurité, dans une condition telle que ses boutons sont encore très-petits et incolores, et que ses tissus

' Expériences snr la présence d'un cfaromogène dmu les boutcoa encore incolores da PâpsTec Bhoeu. Bot. Zeitg. 1863, Beîlage, p. 25.

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ne renferment qa'une quantité insignifiante de principes élaborés. Aucune fleur ne se développera; tous les boutons périront C'est ce dernier cas qui est le plus intéressant, et nous nous y arrêterons un peu plus longtemps. Tandis que sur une plante arrivée à cette période de développement, aucane fleur ne parait lorsque tons les organes sont soustraits à la lumière, on pourra obtenir une floraison abondante si les feuilles restent à la lumière, et si le sommet seulement de la tige ou d'un rameau eu est privé. Les feuilles qui se trouvent dans les conditions nécessaires pour assimiler produisent les substances qui, charriées à travers la tige, arrivent au sommet dans l'obscurité et détenninent non-seulement son accroissement et la production de feuilles étiolées, mais encore le développement et l'épanouissement des fleurs. On a ainsi, dans le récipient, un rameau dont les organes de végétation sont tout à fait anormaux et étiolés, mais dont les fleurs, à quelques exceptions près, sont bien conformées. On comprend facUement que les fleurs produites dans l'obscorité seront d'autant plus abondantes, qu'il y aura plus de feuilles assimilant à la lumière et que celle-ci sera plus intense. Tout en renvoyant à mon dernier travail, Bot Zeitg. 1865, pour le détail des expériences, je compléterai ce que j'ai dit ici en en donnant les résultats principaux.

Deux plantes aussi semblables que possible sont choisies; au moment où elles conmaencent à fleurir, l'une est mise dans l'obscurité et l'autre arrangée comme dans la âg. 65. La baguette s porte un cylindre R de carton épais et opaque, sur lequel s'adapte un couvercle Rtl de même substance. Sur le fond on sur un des côtés de R un trou est percé pour l'introduction du sommet de la branche g : celui-ci est fixé au moyen de deux morceaux de li^, et les fissures sont bouchées avec du coton nou filé. L'appareil est placé sur une fenêtre bien éclairée. Il faut que le cylindre fi ait au moins 40 cent de hauteur et 20 cent de diamètre pour que le rameau floral ait la place de se développer. Pour éviter une trop forte élévation '' de température dans le cylindre R il convient

Fig. 6 b. de le mettre à l'ombre, tandis que les feuilles

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