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LIMIIES SUPERIEURE ET INFERIEURE DE TEMPERATURE, ETC

Le problème physiologique vraiment intéressant n'est pas de détemÙDer les limites extrêmes d'une manière générale, mais bien plutôt d'établir tes rapports de chaque fonction vitale d'une plante donnée avec ces limites, et de comparer les résultats à ceux obtenus pour d'autres espèces; c'est ce qui n'a guère été fait jusqu'à présent. Le résumé de nos connaissances montre que la température nécessaire au développement des premières parties du germe varie beaucoup d'une plante à l'autre; il est vraisemblable que dans bien des cas la limite inférieure à laquelle l'assimilation a lieu, est sensiblement plus haute que la limite inférieure à laquelle les principes élaborés, sont utihsés pour lacroissance; nousavons déjà. vu (§ 3) que la formation du principe colorant des grains de chlorophylle exige une température plus élevée que la croissance des cellules. Beaucoup de plantes distinguées par des produits particuliers ne vivent que dans les climats très-chauds. Eochleder ' dit à ce sujet : ■ Nous ne connaissons dans la zone tempérée aucune plante capable de produire l'acide de la cannelle, son aldéhyde ou son alcool. Beaucoup de bases organiques comme la strychnine, lahnicine, la cinchonine, la quinine, la caféine, la théobromine, etc., ne se rencontrent jamais dans les riions froides, tandis que d'autres substances qui ne jouent pas un rôle plus important dans le règne végétal sont également bien produites sous tons les climats. II est évident qu'une plante ne peut pas vivre dans un climat où une ou plusieurs des substances utiles à son existence ne se produisent pas, parce que la température rend impossible la combinaison chimique qui leur donne

n ne s'agit pas seulement de la production de telle ou telle substance, mais aussi des fonctions dépendant des forces moléculaires ; l'absorption de l'eau par les racines est influencée par ta température et dans certaines plantes (tabac et cornue) elle cesse au-dessous de 5" G. ou du moins devient insuffisante. La transpiration est paiement soumise à la température, et lorsque par l'abaissement de celle-ci elle a été réduite à un degré insuffisant, au retour de la chaleur elle peut acquérir des proportions qui mettent la plante en danger. L'effet de la température sur les mouvements de beaucoup de feuilles (mimosa) et sur les courants de protoplasma est encore plus frappant; on ne sait pas si ces phénomènes sont soumis aux mêmes limites de température que l'assimilation, la croissance des cellules, etc.

• Chemie imd Pk^rsiologie d. Pfl. 1868, p. 145.

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S8 INFLUENCE DE LA. CHALEUR SUR LA VEfiETATION.

La conclnsion de tQOS ces raisoDnements est qa'ane plante n'a pas une limite supérieure et une inférienre de température, mais que chaque fonction a des rapports particuliers avec la chaleur'. Une plante ne pourra donc parcourir tout le cycle de son développement que quand la température ambiante sera toujours de phisieurs d^rés supérieure à la limite la plus basse et de plusieurs degrés inférieure à la limite la plus élevée assignée aux différentes fonctions. Il y a probablement pour chaque plante on certain degré Intermédiaire entre les limites qui est particulièrement favorable à raccomplissement de toiles ses fonctions.

Lorsque, ainsi que le &it est prouvé, des plantes croissent sons la neige, la température de leur sève doit descendre à peu près à 0°. Du Hamel * dit : « Les petits hellébores noirs, les Omithogalum, les pervaiches, les hépatiques, les p&querettes se disposmt à fleurir, sous ta neige. » Lortet " a^rme positivement que la SoldaneUa alpina fleurit sous la neige et la fond tout autour d'elle. Ces deux cas ne regardent que la croissance aux dépens de principes élaborés ; il n'est pas question d'assimilation sous la neige. D'après Hochstetter *, le Protococcus nivalis, le Giges sanguinens, le Discerna nivalis, algues auxquelles est due la neige rouge, se trouvent toujours quelques lignes au-dessous de la sur&ce gelée; est-il bien sûr que dans cette position elles croissent, se multipUent et augmentent en volume ? Bemstein " affirme qu'un champignon, le Microstoma hiemale, croît sur la terre glacée.

Les données sur la vé' ' ation à de très-hautes températures sont abondantes, mais beaucoup sont si peu positives qu'elles n'ont pas d'utilité scientifique'. D'après Ehrenberg, des algues vertes et brunes, des Eunotia et des Oscillatoria se trouvent dans les sources chaudes dlschia (-1- Sl-eô" C); Lauder-Lindsay a vu des conferves dans les sources de Laugamess en Islande, qui sont assez chaudes pour cuire un œuf en quatre ou cinq minutes. Dans l'eau de Carlsbad, Cobn regarde 54-i4" C. comme la limite supérieure de la végétation du Leptothnx himellosa, et a-SV C. comme celle des Oscillatoriées et Mastichocladées. En général» de l'eau au-dessus de 40° C. ne renferme plus de végétaux.

J'ai cherché à déterminer, en m'entourant de tontes les garanties possibles, la limite supérieure et mférieure de germination de quelques mo- Docotylédones et dicotylédones ^ ; j'ai trouvé le minimum pour l'orge et le

' Cest dn moins le cas le plus Traisemblable & admettre jusqu'à ce que Tobsemtion ait montré ai Jes limit«B de température de difiërentea fonctioits coïncident. ' Fhynqne des arbres, II, 279.

> Bot. Zeilg. 1852, p. Gi8.

* Nenseeland, p. 342.

■ Vearh. der Leopoldina, 15, Bd. II, 660.

* Résamë bibliographique dans mon mémoire ;<Ueber die obère Temperaturgrenio des Weizena. . Flora, 1864, a» 1.

^ Sachs, < Phjsiol. Uniers. Uber die Ahh&ngigkeit der Keimnng tod der Tsnperatnr. > Jabrb. ftir Wiss. Botanik, II, 865. (Les degrés donnés en R. ont été ici transformés ea C.)

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