INFLUENCE DB LA CHALEUR SUR LA VÉGÉTATION
mois ; si l'ancieniie théorie était exacte, toutes leurs cellules seraient régalièrement déchirées et aucune ne passerait l'hiYer. Même dans nos climats, on voit bien souvent dans l'arrière-automne, après des nuits trèsfroides, des plantes complètement gelées, cassantes comme du verre, qui, après le dégel, continuent à vivre sans difficulté (exemple : Brassica oleracea et Napus, Dipsacus Fullonum, Mercurialis annua, etc.)
Schtibler et Goppert ont fait des observations semblables'. Charpentier ■ cite des plantes de Trifolium alpinum et cœspitosum, de Geum montanum et Cerastium latifolium, qui, après avoir été quatre ans couvertes par un glacier, continuèrent à vivre lorsque celui-ci se fut retiré. Leconte A montré et fort bien expliqué comment des tiges de rosier, de Pinus tseda et d'Ailanthus peuvent être gelées pendant plusieurs heures à — 8' C. — 1 1" C. et — 16" C. et continuer à vivre après le dégel '.
Du Hamel* savait déjà qu'un dégel trop rapide fait du mal aux plantes. Son traducteur allemand, Schollenbach, raconte à œ sujet |(p. 277, n de la traduction) qu'il a l'habitude de mettre dans l'eau froide les plantes qui ont gelé dans les nuits du printemps; celle-ci les recouvre d'une mince couche de glace ; le dégel intérieur est, par ce moyen, fort ralenti et la plante sauvée '. Pour préserver des raves, des têtes de choux, etc. qui ont été fortement gelées, on les jette dans de l'eau aussi froide que possible ou on les met en tas, de manière que ta masse rende le dégel plus lent. Les racines et autres parties souterraines des plantes qui gèlent et dégèlent en même temps que le sol souffrent rarement; mais si on les déterre pendant qu'elles sont gelées et qu'on les transporte dans une atmosphère chaude, leurs tissus se désorganisent. Les plantes qui, pendant les premières nuits froides de l'automne, se recouvrent d'une épaisse couche de blanche gelée ne risquent pas de soufirir, parce que cette croûte extérieure ralentit le dégel des cellules. Mes expériences * sur des racines de betteraves, sur des feuilles de la même plante, sur des courges, des raves, des choux, des haricots, des fèves m'ont conduit aux résultats suivants : Des morceaux gelés à une température de — 4 à — 6° C. subissent les désorganisations déjà décrites, lorsqu'ou les place dans une atmosphère à -1- 2 ou 3° C. ou dans de l'eau à + G « 10° C. ; mais si on les met dans de l'eau à 0", ils se couvrent d'une mince couche de glace ; si ensuite le dégel a lieu dans une atmosphère entre 0° et -f- 3° C, les tissus ne souffrent pas et reprennent toutes leurs propriétés; j'ai réussi, de cette façon, à préserver des feuilles gelées de tabac, qui sont cependant fort délicates. Pour les courges et les betteraves, l'expérience réussit surtout bien lorsqu'on en place les morceaux dans une masse d'eau un peu considérable qu'on fait geler en un bloc, puis fondre lentement. Si, sur des plantes en plein air (tabac. Vicia faba), on touche avec le doigt, qui est chaud, les feuilles gelées, les parties qu'on a touchées se désorganisent, tandis que le reste
' WiinneeDtw. p. IG3 et soiv.
.. « Bot. Zeitg. 1843, p. IS.
^ fiibliot. unJT. de Genève, 16&2.
* Phj^aique des arbres, II, 361.
* Voyeï aussi les données de Thouin, citées pw Giippert: Warmeentw. p. 329.
■ J. Sacha, 4 Kristallbildnagen bei dem Getrieren, nnd VcrilDderaDg der Zellhânte b«i dem AnAibaaen saftiger Fflanzenzellea. > Ber. der k. sÀchs- Ac. der W'isa. 1660.
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