‹ Physiologie végétaleChapitre 33 sur 121 · UE LA VÉGÉTATION DANS LES LIMITES NORMALES DE TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

UE LA VÉGÉTATION DANS LES LIMITES NORMALES DE TEMPÉRATURE

Les changements dans la structure moléculaire (organisation) du pi-otoplasma ne sont naturellement pas visibles, mais les modifications des propriétés diosmotiques se traduisent parles mêmes conséquences que dans les cellules gelées ' . La sève rouge ou violette des poils de Tradescantia traverse l'utricule primordial et occupe l'espace entre celui-ci et la membrane cellulosique ; puis finalement elle passe aussi à travers cette dernière et se répand dans l'eau, La substance même du protoplasma, incolore pendant la vie, absorbe très-fortement la matière colorant* de la sève. — Si l'on plonge de minces sections de betteraves rouges dans de l'eau à 52° C. la sève colorée s'échappe bnmédiatement ; dans de l'eau à 20° G. les cellules la retiennent encore au bout de dix-huit heures. Mais un morceau brûlé à 51° C, perd également sa sève dans de l'eau à 20° C. t- Si dans une solution rouge on place des morceaux de betterave blanche, les uns frais, les autres brûlés à 52° C, les premiers sont encore incolores au bout (le vingt-quatre heures, tandis que le rouge a pénétré profondément dans les seconiis. — Des morceaux de betterave et de courçe qui ont passé une heure dans de l'eau à SjV C, sont si mous que la moindre pression suffit pour faire écouler la sève ; à 70° C. l'effet est encore plus fort ; ils sont alors tout à fait semblables à des parties gelées. Ici, comme dans les feuilles, la transparence des tissus montre que les espaces intercellulaires sont remplis de sève.

d. De ta fégélalion dans les limiles normales de tempéralore.

§ 25. Ce serait sans contredit un des résaltats les'plus utiles delà pbTSiologie, que de détermiaer comment les différentes phases de la v^tation se comportent à des températures constantes de lO^, 15°, 20°, 25», 30°, etc. Nous n'avons aucune raison pour admettre qne les différentes fonctions d'une plante se conduisent identiquement de même sons ce rapport; pour avoir une vue générale du développement, il faudrait donc isoler chacune d'entre elles et l'étudier à part ; montrer, par exemple, l'influence d'une certaine température sur l'assimilation, la métamorphose des substances, leurs migrations, la transpiration, la formation des cellules, leur accroissement dans un temps donné. — Grâce à la difficulté de maintenir à une température constante le sol, l'air ou l'eau pendant un certain temps et de faire abstraction des autrfâ influences qui agissent sur la vie végétale, on comprend que ce problème ait été jusqu'ici fort Q^%é. Nons ne possédons des donnera que sur l'influence d'une température supposée constante sur la formation de la chlorophylle, la sensibilité des feuilles, les courants du protoplasma et surtout la rapidité de la croissance des cellules.

■ Sacb«, Flora, 1804, p. 71 et sniT.

DigizedtyGOOgle

76 INFLUENCE DE U CHALEUR SUR LA VEGETATiaN.

Tous les faits connus démontrent onifonnénient que l'éset^e de l'activité physiologique très-faible immédiatement au-dessus de la limite inférieure, augmente à mesure que la température s'élève, suivant une proportion inconnue : pour l'accroissement des cellules des germes, cette augmentation continue jusqu'à an certain maximum ân-dessus duquel il y a ralentissement ; on ne sait pas si les autres fonctions sont soumises à la même règle de ralentissement avant d'avoir atteint la limite supérieure. Si l'on considère les températures constantes comme abscisses et les effets physiologiques correspondants comme ordonnées, le développement de ces derniers sera représenté dans les cas connus (mouvement du protoplasma et croissance des cellules) par des lignes courbes : dans un de ces cas (développement des germes) la courbe atteint d'abord son maximum d'éloignement de l'axe des abscisses puis s'en rapproche par un rameau descendant On ne connaît exactement la forme d'aucune de ces courbes, mais vraisemblablement chaque fonction élémentaire en a une particulière; peut-être ces différentes courbes se coupent-elles mutuellement. On ne pourra comparer véritablement l'effet de la température sur deux plantes que lorsqu'on aura tracé les lignes particulières de leurs fonctions. Ce sont des études encore entièrement à faire ; les résultats doivent être positifs, car les plantes sont organisées de manière à être très-influencées par la température.

On n'avance guère vers la solution de ce problème lorsqu'on se «ontente de déterminer le temps qui s'écoule entre l'ensemencement €t la maturité d'une plante, par une température moyenne donnée. L'idée de réunir dans une seule expression le nombre des jours de végétation et leur température moyenne a peut-être son importance pour la climatologie et la géographie botanique, mais sa valeur physiolo^que peut se comparer à celle des expressions : terrain à blé, terrain à avoine, comme indiquant la fertilité du sol ; de même que dans ce dernier cas la science ne commence que lorsqu'on -étabUt les relations entre la nourriture du végétal d'une part, les éléments contenus dans le sol, ses qualités physiques, etc., d'autre part; de même ici une réponse scientifique à la question qui nous occupe ne peut être obtenue que par la solution des problèmes que j'ai posés.

J'ai exposé dans mon mémoire u Physiologische Untersuchungen Uber die Abhângigkeit der Keîmung von der Temperatur. i (Jatarb. ^r Wiss. Bot. n, p. 370 et 3uiv.), quelques-uns des motifs qui, selon moi, militent

îdbyGoOgle

DE LA VEGETATION DANS LES LIMITES NORMALES DE TBMPERATtRE. 77

contre les expressions employées par Adansoii, Boussingault, Alph. de Candolle, Quetelet, pour désigner la durée de la végétation et la température moyenne: depuis lors je n'ai pas été contredit. Les travaux récents de Kabsch ' n'ont rien changé à la situation des choses, puisqu'il a employé l'ancienne méthode avec ses erreurs et ses illogicités, sans parler de mes objections. H ne s'agit pas dans ce cas de quelques observations nouvelles, de la correction de quelques chiffres (par exemple, l'éliminatioa des températures dites inactives), mais d'un chiûigement dans le principe loi-mâme. Je ne crois pas nécessaire de le développer davantage ici, je l'ai suffisamment expliqué et démontré dans tous les paragraphes précédents (19-25).

Les faits se rapportant à ce qui est dit dans le § 25 sont les suivants : Les feuilles étiolées verdissent d'autant plus vite, à la lumière ou dans l'obscurité (conifères) que la température est plus élevée. Je ne connais pas de mesures exactes'. La sensibilité des feuilles de mimosa est faible de 16-18° C. elle parait atteindre son maximum à 30' C, au-dessus '.

D'après Kabsch*, les folioles latérales d'Hedysarum gyrans, font à 35' C. une oscillation en quatre-vingt-cinq à quatre-vingt-dix secondes ; à 28-30" C. une en cent quatre-vingt à deux cent quarante secondes ; à des températures inférieures les oscillations sont faibles, et nulles vers 23-24" C.

Protoplasma. D'après Dutrochet ", dans de la neige fondue, la rotation dans la Nitella flexilis est très-lente ; à -f- 18" C. elle est plus rapide ; entre 27 et 40° C. elle subit un ralentissement, mais au bout d'un moment le mouvement reprend toute sa vivacité. Nàgeli ' a soumis une cellule de Nitella syncarpa à différentes températures en la mwntenant toujours sous le microscope. Le courant dans la cellule terminale d'une feuille offrait à -j- 10" C. une rapidité de 7io°° en huit secondes ; après un abaissement soudahi à4- 1<25'' C. '/i»°"° en cinquante-trois secondes ; à -f- 1° C. '/w"" en soixante-deux secondes ; à + V*° C. Vio"™ en quatre-vingt trois secondes ; vere 0° le mouvement s'arrête tout à fait. En élevant peu à peu la température il a obtenu les résultats suivants. (D faut faire entrer en ligne de compte l'influence de l'instabilité de la température.) Un espace de '/to'™ était parcouru par les parties les plus rapprochées de ]& surface supérieure :

à-f 1° C. en 60 sec. à+10" C. en 8 sec. à -f- 19° C. en 3,8 sec.

Flora, 1863, p. 620 et sfm.

Flora, 1864, a" 32.

Flora, 1868, p. 454.

Bot. Zeitg. 1861, p. 355.

ComptM rendM, 1857, 7, 777.

BeitTftge znr mu. Botanilt, B

Page 1