INFLUENCE SUR LB PROTOPLASMA
Ce sujet est encore trop neuf pour qu'on puisse le traita à la manière ordinaire , mais il peut être utile de donner un résumé de toutes les observations existantes; peut-être renferment-eUes, aialgré leur apparence hypothétique, des résultats valables à un pwDt de vue général. Dans le commencement de tonte branche de la science, les fiiits isolés occupent d'abord le premier plan. Ce n'est que plus tard qu'il est possible, eu les comparant, d'en tirer des principes généraux.
§ 27. Influence tks forces électromolrices mr le proloplasma. Les premières recherches dans cette direction ont été faites en 1837 par Becquerel ' sur le Chara.
Sous l'influence d'un courant électrique d'une ceitaine intensité, le mouvement s'arrête pour recommencer bientôt après et rejH^odre sa rapidité normale; une augmentation de la furce électrique amène ' un nouvel arrêt, après lequel le mouvement peut encore reparaître ; une diminution de la force dn courant paraît avoir une influence analogue. Ce n'est donc pas tant l'intensité du courant que ses variations qui agissent sur le protoplasma. En augmentant suffisamment ses batteries, Becquerel a interrompu le mouvement pen- ■ dant des heures entières. D'après Unger *, nn ébranlement mécanique quelconque produit des effets analogues. Si, par exemple, on détruit un certain nombre de cellules par des coupures on des piqûres, le mouvement, surtout dans les jeunes ]^ntes, s'arrêtera partout, ou du moins se ralentira considérablement; bientôt toutefois il repreâdrâ, dans les cellules intactes, sa rapidité normale. L'explication de ce phénomène est facile : par la destruction d'un certain nombre de cellules, la pression latérale (tension des tissas) est subitement diminuée ; de là, dans les cellules intactes, un ébranlement sufflsant pour arrêter le mouvement du protoplasma; bientôt un nouvel état d'équilibre s'établit dans la partie saine des tissus, et le mouvement recommence comme auparavant. Les cellules les plus rapprochées de la blessure sont toujours, suivant Unger, les phi3 fortement influencées ; une simple pression suffit pour produire
Un des meilleurs ouvrages publiés sur ce sujet est celui de Théodoee Jtti^ensen % qui a étudié t'influence de courants induits et constants sur le mouvement dans les cellules de Vallisneria ^iri^is.
' Comptea rendu», 1837, p. 784.
* Unger, Anat. n. Ptysiol. der PU. 1855, p. 277.
■ Scwlim <ks iibj-nolag. InUiiatt xa Brmloii, im\, Heft 1, »3 p
îdbyGoOgle
Si INFLUENCE DE L'ÉLECTRICITÉ SUR LEB PLANTES, ETC.
Comme porte-objet, il employait une plaque de verre circulaire fixée dans ane planchette de bois vemi; à deux points opposés de cette dernière sont fixés des fils de cuivre servant d'électrodes; leurs extrémités, recourbées l'une vers l'autre, dépassent d'un millimètre environ la surface du verre. Le petit bassin circulaire entouré par la planchette est rempli d'eau distillée en quantité suffisante pour baigner la face inférieure des électrodes. Le morceau de feuille à observer est placé dans l'eau, de telle façon que ses extrémités touchent la face inférieure des électrodes. Dans cette position, le courant rencontrait une résistance moindre que lorsque la feuille, tournée de 90" C, présentait son grand axe perpendiculaire à la direction de l'électricité. Jorgensen en conclut que la sève est un meilleur conducteur que l'eau distillée. La force du courant dans le premier et le second cas est comme 3:2. — Pour produire sur les cellules de l'épiderme les mêmes efifets que sur le parenchyme, il faut toujours des courants plus forts, ce que JUrgensen attribue au plus grand nombre de parois cellulaires à traverser. Laissant de côté le cas où le courant est assez fort pour tuer le protoplasma, changer sa forme et rassembler le contenu de la cellule contre la portion de la paroi la plus rapprochée du pôle positif, je vais énumérer les conclusions tirées par Jttrgensen de ses expériences ; ses observations reposent sur une cellule isolée par deux fils en crois; le courant était fourni par une pile de petits éléments de Grove, et sa force régularisée par un rhéochorde.
A. Influence d'un courant constant.
1) Le courant produit par un élément n'a pas d'infiuence visible ; celui de deux à quatre éléments ralentit le mouvement du protoplasma et, au bout d'un certain temps, l'arrête complètement. 2) Lorsqu'on ouvre le circuit, le mouvement, s'il n'était que ralenti, reprend peu à peu sa rapidité première. 3} Si le courant du protoplasma était complètement arrêté, aucun mouvement ne se manifeste. 4) Lorsque le mouvement s'arrête, la chlorophylle s'amasse en différents points contre lesquels viennent s'arrêter les granules isolés qui nageaient encore librement. 5) Lorsque le mouvement est arrêté par un courant constant, les places où s'amoncelle la chlorophylle sont beaucoup plus nombreuses que sous l'inâuence d'un ébranlement mécanique. 6) Des courants produits par vingt-quatre éléments agissent comme de plus faibles lorsque leur durée est suffisamment courte. 7) Si l'on va jusqu'à trente éléments, il suffit de fermer un instant le circuit pour arrêter le mouvement d'une manière
îdbyGoogle