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CHAPITRE PREMIER Influence de la lumière sur la végétation

9^1. Les rayons lumineux sont la source d'une force qui agit sur la plante de l'extérieur à l'intérieur ; suivant leur degré de réfrangibilité et l'intensité de leurs vibrations, les ondes pénètrent plus ou moins profondément dans les tissus, et là, par une transmission de mouvements, deviennent la cause de phénomènes chimiques, caloriques ou mécaniques.

La vie végétale prise à un point de vue général dépend de ces forces mises en action dans les cellules à chlorophylle par l'influence des vibrations lumineuses. Certains phénomènes peuvent cependant s'accomplir dans l'obscurité et il est même des plantes qui n'en sortent jamais. La végétation et la croissance des organes nécessitent un certain nombre de combinaisons chimiques qui sont effectuées par les cellules aux dépens de l'acide carbonique, de l'eau, de Paclde nitrique et d'autres substances très-osygénées. Dans ce but, nue certaine proportion d'oxygène doit être d'abord éliminée et cette proportion correspond à peu près à celle qu'absorberait la plante en brtlant, c'est-à-dire en se transformant en acide carbonique et en eau. Cette élimination d'oxygène est le seul indice externe du travail par lequel, dans l'intérieur des cellules, des combinaisons très-oxygénées sont transformées en d'autres qui le sont beaucoup moins. Or, ce phénomène dépend entièrement de l'énergie

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avec laquelle les ondes lumineaBes pénètrent dans l'intérieur des cellules à chlorophylle. Ces dernières sont donc l'oigane auquel la lumière donne la force de vaincre l'affinité chimique de l'oxygène, force qui correspond à peu près à l'équivalent mécanique de la chaleur produite par la combustion de la plante.

Mais ce n'est pas à cette fonction senlement que se borne le rôle de la lumière. Non contente de donner l'impulsion à la force assimilante, elle concourt encore à la formation de l'organe assimilant lui-même. C'est un fait bien connu que les grains de chlorophylle, soit chez les Dicotylédones, soit chez les Monocotylédones, ne se développent entièrement que sous l'influence de cet agent. Au bout d'un certain temps, la plante a accumulé dans ses tissus une quantité notable de principes élaborés susceptibles de s'organiser, elle a ainsi, en quelque sorte, fait provision de force. Elle peut alors passer sans l'intervention de la lumière par une longue série de modifications chimiques et plastiques (phénomènes de croissance), mettant ainsi à profit dans l'obscurité le capital de forces et de substances qu'elle a accumulé auparavant. Pour faire mieux comprendre cela, nous diviserons les diverses phases de la croissance en deux périodes distinctes. La première, qui comprend tout ce qui tient à l'origine des cellulqA et à leur développement dans les cellules mères, etc. , paraît (tanr d'après des expériences que par l'observation des faits) n'avoir aucun besoin de lumière pour s'effectuer et être même gênée par elle. Durant la seconde période les organes sortiront du boui^eon pour prendre leur forme définitive; les cellules à peine indiquées s'étendront dans différentes directions; tout cela, pour les organes verts du moins, ne peut se passer que sous l'influence de la lumière. Dans l'obscurité, les racines, les fleurs, les fruits, les semences, les éléments du corps Ugnenx pourront bien atteindre leur condition normale, pourvu toutefois que les matériaux nécessaires à leur croissance leur soient fournis. Mais les entre-nœuds, les pétioles des feuilles, etc. , y acquerront une longueur tout à fait inusitée tandis que les, limbes resteront trop petits. C'est donc la lumière eUe-même qui règle l'étendue des surfoces par lesquelles ses rayons pénètrent dans la plante. En outre son intensité est modifiée par le sinus de l'angle d'incidence des rayons : quand cet angle sera droit elle atteindra son maximum. La propriété des entre-nœuds de se tourner vers la lumière tend & obtenir ce résultat Far l'héliotropisme les organes d'assimilation seront donc placés dans la position la plus favorable pour recevoir les rayons. Si d'un côté l'as-

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