‹ Physiologie végétaleChapitre 5 sur 121 · SUR LA VEGETATION · texte numérisé non relu

SUR LA VEGETATION

pect des plantes qui ont crû dans l'obscurité nous montre combien est importante l'inflaence de la lumière sur leur développement, si d'un autre côté la non-augmentation de poids et l'élimination constante d'acide carbonique dans Tobscnrité nous prouvent que ce n'est qu'à une lumière suffisante que la chloropliyUe a la propriété d'assimiler, un autre ordre de faits se rapportant à. un çombre restreint de plantes vient corroborer encore l'importance de cet agent. Les cellules d'algues mobiles se meuveut de préférence daos le plan du rayon incident et tournent snr elles-mêmes dans un plan perpendiculaire à celui-ci. Ce n'est que sous l'influence de la lumière que les feuilles soit sensitives soit douées d'uo mouvement périodique, sont mobiles. Dans l'obscurité elles sont rigides «t comme endormies.

Tout ce qui a été dit jnsqu'& présent se rapporte exclusivement aux plantes vertes. Mais il y en a un très-grand uombre qui ne possèdent pas de chlorophylle et qui par conséquent sont soustraites à l'influence de la lumière ou même vivent toujours dans l'obscurité. Gela implique pour ces plantes la nécessité de travailler à leur accroissement sans élimination d'oxygène : il faut qu'elles trouvent les substances organisées toutes prêtes. La nature y a poun'u en les rendant parasites des plantes à chlorophylle ou en les faisant vivre aux dépens des corps morts dont elles utilisent une fois de plus les éléments. Ces végétaux ne sont donc pas une exception, mais bien plutôt une confirmation de la règle générale sur les rai>ports de la lumière avec la végétation.

Le rapport entre la lumière et la végétatiou ouvre aux recherches un problème aussi intéressant que difficile : difficile parce que la lumière est composée de bien des lorces différentes. Chaque espèce de rayons lumineux doit être considérée, suivant l'intensité de ses vibrations, comme une force particulière ayant sur la plante des effets particuliers. Il ne suffît pas de dire que tel ou tel effet a été produit par la lumière : il faut savon* quels sont les rayons qui ont agi le plus activement. On peut arriver à une solution en s'adressant successivement aux divers éléments du spectre. Mais le plus grand obstacle dans ces observations, c'est le manque d'une bonne méthode photométrique. Indépendanunent de la difhculté d'apprécier l'intensité de la lumière pendant les expériences un peu longues, on manque d'une méthode pratique pow mesurer les rayons vraiment actifs dans im phénomène donné. Les sels de mercui'e ou le gaz de chlore détonnant qui nous donnent le moyen d'apprécier l'intensité cliiniïque d'une lumière, ne servent de rien lorsqu'il s'agit de Tassiniilation dans les phmtes. En effet, ce sont les rayons les plus éclairants et les moins réfrangibles qui paraissent y jouer le rftle " nuiKirtant, tandis qu'Us sont sans influence sur le photomètre. Une méthoile photométrique qui ne

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i INFLUENCE DE LA LUMIÈRE SUR LA VÉGÉTATION.

constate que les rayons visibles ne peut pas davantage s'employer dans les observations physiologiques, puisque les rayons obscurs jouent quel* quefois un rôle fort important. (Par exemple, les rayons ultra-violets semblent avoir une grande influence sur tous les phénomènes d'héliotropisme.) Enfin, une méthode vraiment pratique devrait aussi tenir compte des apparences de fluorescence '.

Il est donc impossible de comparer les résultats produits dans les plantes avec l'intensité de la lumière qui y a concouru, n faut se contenter dans les observations, d'approximations telles que de soumettre la plante aux extrêmes du jour et de la nuit. Il est impossible de mesurer exactement le minimum d'intensité lumineuse néce^iaire pour produire un certain effet, n &ut ici se prémunir contre une erreur communément répandue. Lorsqu'on parle de phénomènes végétatifs qui s'accomplissent bien dans l'obscurité, on entend souvent dire qu'il n'y a pas d'obscurité absolue. Cet argument ne signifie rien. De même que pour montrer qu'un phénomène dépend de la température, on se borne à prouver qu'il varie à difiîérents degrés du thennomètre, sans se croire obl^é de descendre au zéro absolu, de même aussi on aura prouvé la dépendance d'une fonction vitale de la lumière quand on aura montré qu'elle s'accomplit plus ou moins bien suivant l'iutensité des rayons. Si elle ne change pas dans ces conditionslà, on aura également démontré qu'elle est indépendante de la lumière, sans se croire obligé de recourir à l'obscurité absolue. Far exemple, les cotylédons de pin qui deviennent aussi verts dans une obscurité profonde qu'au jour le plus éclatant, sont bien évidemment indépendants de la lumière, et il ne viendra à l'esprit de personne de rechercher si cette obscurité est ou n'est pas absolue.

a. PéaétratioD de la Imiin dans l'intériear des flûtes.

§ 2. La profoDdear à laquelle les rayons lumineux pénètrent dans rîDtériear des tissas dépend d'un côté de leur réfrangibilité et de leur intensité, de l'aatre de la structnre anatomique des cellules et de la constitution chimique de leur contenu.

Les lois de l'absorption ' prouvent que, tontes choses égales d'ailleurs, la lumière la plus intense pénétrera pins profondément Quant à la structnre des tissus, le rayon sera surtout modifié par la fréquence de ses passages du liquide cellulaire et des parois saturées d'eau dans l'air : la forme et ta grandeur des espaces intercellulaires joueront donc le grand rôle. Ce fait est facile b. démontrer : lorsque sous la pompe pneumatique on injecte d'eau des feuilles ou des fragments de tiges, ils deviennent beaucoup plus transparents, comme le papier humide. L'opacité atteindra son maximum quand

* WiTkungen &rbigea Lichts aof Pflanzen, vou Jnl. Sachs, in Botan. Zeitg, 1864, a" 47-49.

■ A. WoDiier, Lehrboch âer Experimentalphysik, I, 785.

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, PÉNÉTRATION DE LA LUMIÈRE DANS l'iNTÉRIEUR DEB PLANTES. 5

l'intérieur des cellules mêmes est plein d'air et que les parois sont pénétrées de matière colorante comme dms les formations subéreuses si souvent utilisées dans le règne végétal comme enveloppes protectrices. Les surfaces unies et brillantes déjeunes entre-nœuds, âes feuilles, des fruits dans lesquels uue partie du rayon incid^t est écarté par réflexion jouent un rôle exactement inverse. Il est évident aussi qu'un épais revêtement de poils ne sert pas seulement à l'absorption et à l'émission des rayons calorifiques, mais a aussi un rôle à jouer vis-à-vis de la lumière. Au reste, des observations directes manquent sur ce sv^et. — La profondeur à laquelle pénètrent les rayons diversement colorés dépend principalement de la couleur de la sève et du contenu granuleux des cellules. Mes recherches, les seules qui, jusqu'à présent, aient été faites dans cette direction, semblent prouver que plus les rayons sont réfrangibles, plus ils sont absorbés par les couches superficielles. Ainsi en général les rayons bleus, violets et ultra-violets, pénétreront moins profondément que les verts, les rouges et les jaunes. Une plante bien éclairée ne recevra donc pas seulement & des profondeurs inégales une lumière d'intensité diverse, mais chaque classe de rayons atteindra suivant sa couleur une région plus ou moins profonde et s'y manifestera comme agent de forces différentes. Une couche remplie de chlorophylle aura beaucoup d'influence et se conduira à cet égard à peu près comme une solution alcoolique de chlorophylle, ■c'est-à-dire qu'elle absorbera surtout les rayons bleus, violets et oltra-violets et certaines parties des rayons jaunes et verts : elle exercera eu outre une certaine fluorescence. Les parties situées derrière des couches à chlorophylle recevront donc une lumière avant tout verte et rouge foncé.

D'après le principe de ta corrélation des forces, les vibrations des rayons absorbés ne cessent pas mais se transforment en une aaire espèce de monvement; les propriétés chimiques et thermiques auront toute leur influence à la place même où les rayons ont été absorbés, pourvu que ceux-ci ne servent pas à la production de rayons fluorescents d'une réfrangibilité moindre. Il est donc naturel ■que les grains de chlorophylle dans lesquels les phénomènes photochimiqnes sont les pins accentués soient doués d'un pouvoir absorbant très-éuergiqne. Des rayons qui ont traversé un tissu riche en chlorophylle n'auraient plus beaucoup d'influence sur des couches aual(^eB. Gela explique pourquoi les feuilles dans lesquelles

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