‹ Physiologie végétaleChapitre 43 sur 121 · INFLUENCE DE L ELECTHICITK SUR LES PUNTES, ETC · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L ELECTHICITK SUR LES PUNTES, ETC

d'nne goutte d'eaa. Un courant d'induction faible, dirigé directement sor les coussinets des feuilles et les folioles latérales, arrêtait le mouvement; tes folioles se repliaient vers le bas, sans cependant être paralysées , elles restaient ainsi des semaines sans se flétrir; la mort était toujours produite par un courant direct un peu plus fort: les folioles terminales se conduisent de même. Dans les deux cas, l'épiderme des folioles paralysées mais encore vivantes et une partie des couches corticales sont désorganisées et se colorent en brun ; le tissu à l'intérieur parait sain. — Pour produire des mouvements dans les pistils d'Helianthemum vnlgare et dans les lamelles dn stigmate de Mimulus Guttatus, il faut des conrants assez forts, et le courant d'induction doit être dirigé directement sur l'organe sensitif. — En employant des courants constants, Kabsch a observé que les organes sensitiis sont toujours beaucoup plus influencés k la fermeture qu'à l'ouverture du circuit. L'influence de courants constants qu'on n'interrompt jamais, est faible.

I 29. Ce que nous connaissons de Céleclrotyse des substances végétales ne tend nullement à expliquer les transformations chimiques qui s'effectuent dans les plantes. J'ai déjà mentionné les châtiments de couleur observés par Ktlhne dans les poils de Tradescaotia sous l'influence d'un courant constant D'après Kabsch (1. c., p. 363), les matières colorantes ronges sont dans tous les cas décolorées par les courants d'induction ; suivant l'intensité de la couleur, l'effet se manifeste plus ou moins promptement. Le résultat est absolument le même, que le rouge provienne de fleurs ou de bractées (coloré en bleu par les alcahs), de feuilles ou de cotylédons (coloré en vert par les alcalis). La belle nuance violette des pétales d'Âquil^a, Vinca, Viola, Delphinium, Campanula est trandbrmée par le choc d'une étincelle en un bleu verdâtre plus on moins foncé. Les teintes jaunes résistent très-longtemps à l'électricité, et le vert de la chlorophylle y est tout à lait insensible. Kabsch attribue ces phénomènes à la présence de l'ozone. Becquerel ' cite nne expérience de Davy qui établit la communication entre deux vases remplis d'eau distillée par le moyen d'une plante vivante de menthe. Dans le liquide rapproché du pôle négatif d'une batterie on trouve, an bout de quelques minutes, de la potasse et de la chaux, et vers le pôle positif, un acide précipité par le chlorure de Barium, le chlorure de Calcium et l'azotate d'argent La plante paraissait saine, mais, en prolongeant l'expérience, elle ne tarda pas à périr.

< Eléments d'électro- chimie (traductioD allenuDde). Erfiirt, 1S57, p. 363.

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DKS INFLUENCES DATÏS l'INIÉRIKOR DE LA PLAN1E. 9f

Les données de Becquerel sur Tinfluence de Télectricité sur l'aniidon et la gomme ne sont pas claires. Pour la séparation de la morphine et de Tacide méconique d'une solution d'opium, v. 1. c. p. 363. D'après (iay-Lussac, on active la fennentation du moût de raisin et des solutions de sucre en y plongeant deux électrodes de platine; peut-être, comme le remarque Becquerel, cela est-il dû au dégagement ainsi produit de l'oxyçiène de l'eau, nécessaire à la végétation des ferments. Tous ces faits isolés tendent à prouver combien ce sujet est imparfaitement connu,

§ 30. Des influences élecfromotrices dans l'intérieur de la plante. Il est facile de se représenter, en s'appuyant sur les données de la physique, que, soit dans les cellttles isolées, soit dans tes masses de tissDS, soit dans les plantes entières, l'éqnilibre électrique est incessamment détruit par des causes liées directement ou indirectement, avec les difTérents phénomènes de la végétation. Comme rin> térienr de la plante est plein de liquides conducteurs, ces influences, électromotrices ne tendront pas tant à accumuler âe l'électricité jusqu'à an degré de tension élevé, qu'à produire des courants qui rétabliront immédiatement toute perturbation locale de l'équilibre ; dans les cellules isolées, la cellulose, le protoplasma et la sève sont composés d'atomes et de molécules différents au point de vue chimique et physique- de pins, leurs parties constituantes changent constamment : ces deux causes doivent tendre à détruire l'éqnilibre. Si nous considérons des masses de tissns un peu plus considérables,, nous trouvons également différentes substances di^outes ou imolubles, distribuées snivant de certaines lois, séparées les unes des antres par les membranes des cellules, mais en même temps mises eu communication par le pouvoir imbibant de ces dernières, comme les différents liqaides d'une pile galvanique sont à la fois rétmis et séparés par un diaphragme de terre cuite. Il faut mentionner ici le fait, par moi constaté ', que des sèves alcalines et acides sont distriboées dans différentes parties des tissus, ce qui donne lien à des rapports électromoteurs analogues à ceux de la fameuse chaîne de Becquerel. La sève, riche en substances albnmineuses des cellules à parois minces des faisceaux fibro-vasculaires, est alcaline dansles oi^anes bien portants et vigoureox; le parenchyme environnant,

' J. SacbB, • Ueber Bauere, alkalische uad neatrale Réaction der S&fte lebender PflanzeDzellen, > Bot. Zeitg. 1862, n' 33. Un des meilleurs exemples de réaction alcalûe est fourni par la sève des f^sceanx fibro-vasculaires de Cucnrbia Pepo et det ncîne* de Beta vnl|caris ; dans les anirea cas il faut prendre différentes précautions indiquées dans mon mémoire; en toua cas du papier tournesol parfaitement neutre est toujours nécessaire. Dans le mèine travail, j'ai discuté les idées de Pajren et de Gandicbaad.

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qui renferme beaucoup de carbures d'hydrogèue, de substances grasses, de (aunin, etc., est acide. Ces différentes sèves commaniquent à travers les parois des cellules, et l'influence électromotrice peut ainsi se faire sentir. J'ai également montré que les parties les plus jeunes à l'extrémité des racines ou dans les bourgeons sont neutres ou alcalines, et qu'ainsi une action électromotrice peut se faire sentir entre elles et te parenchyme acide des parties plus âgées. Au point de vue théorique, nous en sommes sur ce sujet réduit aux hypothèses, mais il est permis de supposer que les courants électriques agissent sur la diosraose à travere les membranes, et que peut-être on pourrait ainsi les compter au nombre des causes qui favorisent le transport des substances d'un organe à l'autre.

Si maintenant l'on considère les plantes terrestres qui par leurs racines absorbent de l'eau et différents sels en une foule de points, on ne peut s'empêcher de penser que là aussi doivent se manifester des forces électromotrices qui, naturellement, tendront à s'égaliser par des courants. D'un autre côté, les feuilles épanouies dans l'air produisent incessamment de la vapeur d'eau qui se sépare des différentes solutions mélangées dans la sève; la physique nous apprend que, dans ces circonstances, la vapeur doit se charger d'électricité positive, tandis que les cellules d'où elle s'échappe, retiennent l'électricité négative; l'équilibre peut se rétablir instantanément. La combustion constante d'une partie de la substance végétale par la respiration, doit agir dans le même sens : l'acide carbonique qui s'échappe des parties non vertes, doit être positif, comme celui qu'on produit «n brûlant du charbon ; le contraire a lien lors de l'élimination de l'oxygène dans les oi^anes verts, sous l'influence de la lumière. Les différences de température des différentes parties du végétal, la pression latérale des cellules les unes sur les autres et bien d'autres phénomènes encore doivent être mis au nombre des causes tendant À détruire l'équilibre électrique de la plante.

Théoriquement, on ne peut pas décider si dans l'intérieur (d'une cellule, d'un tissu) d'une plante, ces différentes sources d'électricité s'ajoutent ou se balancent les unes les autres; les quelques observations que nous possédons tendent seulement à prouver que les racines et les parties aériennes d'une part, les tissus de l'intérienr «t l'épiderme d'autre part, sont toujours chargés d'électricité de nom contraire. Aucune de ces recherches ne rend compte de l'idée, souvent mise en avant, que les plantes doivent posséder une organisation électromotrice ^analogue à celle des nerfs et des muscles dans

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HES 1XFI.LEXCES IMNS I. INTERIEUR 1>F. L\ PLAXTK. 9&

les corps animaux. Ed tous cas, cette hypothèse n'a guère de foDdement, puisque les phénomènes éiectromoteurs, découverts par Du Bois-Reymond, sont spéciaux aux nerfs et aux muscles; on ne les a observés jusqu'à présent dans aucun autre tissu animal; ils n'ont donc guère chance de se présenter dans les tissus végétaux, qui en diâerent bien plus que ces derniers. C'est précisément ta présence des nerfe et des muscles qui est une des meilleures ligne» de démarcation entre les corps animaux et végétaux; pourquoi donc supposer dans ces derniers quelque chose d'analogue aux courants nerveux et musculaires ? Les recherches faites jusqu'à présent n'oat pas laissé voir dans les plantes la moindre trace d'un système analogue à celui des nerfs et des muscles ; elles ent simplement prouvé que dans les végétaux agissent des forces électromotrices qui peuvent être expliquées par des lois générales, sans qu'il soit besoin d'imaginer un système de molécules péripolaires comme dans les nerfs et les muscles. Cela n'empêche pas absolument d'attribuer aux plantes certains arrangements électromoteurs de molécules polarisées ; il faut seulement se les représenter tout autrement qu'on ne Va. fait jusqu'à présent; il faut commencer par mettre de c6té toutes les influences électromotrices dues à des difTérences de composition chimique dans une cellule ou dans un tissu. Soit le protoplasma, soit la cellulose sont composés de séries de molécules vraisemblablement d'une forme définie; il n'y a donc rien d'absurde dans l'hypothèse que l'arrangement et la forme de ces molécules peuvent donner naissance à des rapports électromoteurs se rapprochant en quelque manière de ceux des nerfs et des muscles ; en tous cas, cette comparaison est moins invraisemblable que celle qui porte sur une plante entière ou une masse de tissu composée de cellales de toutes sortes.

Les expériences de Pouillet ', d'après lesquelles l'électricité, produite l)endant La végétation, pourrait acquérir un certain degré <le tension, ont été répétées par Riess ', qui n'a pas obtenu les mêmes résultats. Wartinann * et Becquerel *, qui sont d'acconi sur presque tous les points, n'ont pas retranché de leurs résultats l'influence électromotrice de la sève de.s plantes sur les électrodes, Bulï', qui a pria cette précaution, mérite donc plus de confiance. En considération du fait que les racines sont en contact immédiat avec le sol humide, tandis que les feuilles sont toujours (V)

» Ann. de chimie et physique, XXXV, 401 ; Pogg. .\nEi. XI, 43».

•- Pogg. Ann. LXIX, 2.^8.

■> Bot. Zeitg. 1861, n" 10.

* .\iin. de chimie et physique, XXXI, 40.

> Wûhler, Ann. der Cheraie u. Phumacie, I8-'i4, LXXXIX, 80 et siiiv.

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